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Ic Christianisme , qui adore eu esprit & envérité un seul Dieu, juste rémunérateur dela vertu. Il récablit dans fa splendeur pri-mitive la loi naturelle, que les passionsavoient lì fort obscurcie; il révéla aux hom-mes une morale jusqu'alors inconnue dansles autres religions ; il leur apprit à íe haïrfoi-même, & h renoncer à ses plus cheresinclinations: il grava dans les esprits cesentiment profond o humilité qui détruit &anéantit toutes les ressources de l’amourpropre, en le poursuivant jusque dans lesreplis les plus cachés de l’ame, il ne ren-ferma pas le pardon des injures dans uneindifférence Itoïque , qui n’est qu’un mé-pris orgueilleux de la personne .qui a ou-tragé , mais il le porta jusqssà l’amourmême' pour ses plus cruels ennemis; il mitla continence fous les gardes de la plus aus-tère pudeur, en l’obligeant à faire un pacte,'ûvec ses yeux , de crainte qu’un regard in-discret n’allumdt dans le cœur une flammecriminelle : il commanda d’allier la mo-destie avec les plus rares talens ; il réprimapar une sévérité prudente le crime jusquedans la volonté même, pour l’empêcher dese produire au dehors, & d’y causer defunestes ravages ; il rappela le mariage àfa première institution , cn défendant lapolygamie, qui, selon l’illustre auteur del ‘EJprit des ioix, n’est point utile aux genrehumain , ni à aucun des deux sexes, soit àcelui qui abuse , soit à celui dont on abuse,êc encore moins aux en fans pour lesquels lepere & la mere ne peuvent avoir la mêmeaffection, un pere ne pouvant pas aimervingt enfans comme une mere en aimedeux. {1 eut en vue l'éternité de ce lien fa-c rá, formé par Dieu même, en proscri-vant la répudiation , qui, quoique favo-rable aux mari z, ne »eut être que tristepour des femmes, & pour cn f ans qui
paient tou|ours pour U haine que leur pereont pour leur mere. V„y u J ^ ^ce & de la répudiation d u meme auteurIci l’impiété fe confond, & nc ^aucune ressource^ à attaquer la morale "duChristianisme du côté de fa perfection , e p efe retranche à dire que c’est certe perfectionmême qui le rend nuisible aux états; elle d if.tille son fiel contre le célibat, qu'il conseille9- un certain ordre de personnes pour uneTome VII.
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plus grande perfection ; elle ne peut pat"donner au juste courroux qu’il témoignecontre le luxe ; elle ose même condamneren lui cet esprit de douceur & de modéra-tion qui le porte à pardonner , à aimermeme íe$ ennemis; elle ne rougit pas d’a-vancer que de véritable chrétiens ne for-merment pas un état qui pi ' lt subsister ; ellene craint pas de le flétrir, en opposant àa cet cípric d'intolérence qui l e caractérise& qui n’est propre, selon elle , q U 'à for-mer des monstres, cet esprit de tolérancequi dominoic dans l’ancien paganisme &qui faiíoit des frétés de tous ceux q u ’tlportoit dans son sein. Etrange excès de l’ a -veuglement de Pesprit humain, qui tournecontre la religion même ce qui devroit àjamais la lui rendre respectable ! Qui l’eûtcru que le Christianisme , en proposant auxhommes fa sublime morale , auroit un jourà fe défendre du reproche de rendre leshommes malheureux dans cette vie , pourvouloir les rendre heureux dans l’autre ?
Le célibat, dites-vous, ne peut être quepernicieux auxétats, qu’il prive d’un grandnombre de sujets , qu’on peut appeler leurvéritable richesse. Qui ne connoît les loix queles Romains ont faites en différentes occa-sions pour remettre en honneur le mariage,pour soumettre à lés loix ceux qui fuyoientlès nœuds, pour les obliger par des récom-penses & par des peines à donner à l état descitoyens ? Ce foin, digne lans doute d’unroi qui veut rendre son état florissant, occu-pa l’esprit de Louis XIV. dans les plus bel-les années de son régné. Mais par tour oùdomine une religion qui fait aux hommesun point de perfection de renoncer à toutengagement, que peuvent, pour faire fleu-rir le mariage Sc par lui la société civile, tonsles foins ; toutes les loix , toutes les récom-penses du souverain ì Ne íètrouvera-c-il pastoujoiqours de ces hommes, qui aimant enmatière de morale tout ce qui porte uncaractère de sévérité , Rattacheront au cé-libat par la raison même qui les en éloi-gnerait , s’ils ne trouvoient pas dans ladifficulté dhm tel précepte dequoi flatterleur amour propre ?
Le célibat qui mérite de tels reproche»& contre lequel d n’est pas permis de letaire, c'çst celui, dit fauteur de \‘Esprit dea
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