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Chrtstiïrn II, Oíifl. de Danemarck, )toi de Danemarck : il étoit fils du roiJean. La nation sc hâta de le proclamer hé-ritier de la couronne. L J état étant devenuson patrimoine , il songea dès-lors à Raffer-mir , Sc en reculer les bornes. La Norweges'étoic soulevée en 1504; Streen-Sture , ad-ministrateur de Suède , s’efforçoit d'établirla domination Suédoise dans cette contrée;Chrijìiern parut ; Suédois & Norwégiens,tout s’enfùir; la férocité de son caractère netarda pas à éclater ; les rebelles furent trai-tés avec la derniere rigueur, & k crainte demanquer en Norwege, de sujets Sc de sol-dats , fut peut-être un des motifs qui arrê-tèrent fa vengeance ; delà il paísa en Suede,où il remporta quelques avantages ; enfinJean étant mort en ij 1Z, Chrifliern lui suc-céda. La nation éblouie par les premierssuccès de ce prince , se promettoit un roiqui rétabli toit Runion de Calmar fur denouveaux fondemens, Sc rendroit les armesDanoises redoutables au reste de l’Europe.Chrijìiern occupé d’abord des détails dugouvernement fit venir de Hollande d’ha-biles jardiniers à qui il donna l’île d’Amagà cultiver. Résolu de soumettre la Suede,il fit entrer le légat Arcenboidi dans ses in-térêts, & négocia dans les mêmes vues avecla ville de Lubec. Ce prince ne veilloitpasavec moins d'attention fur fa cour Sc fur sesministres. Fobourg accusé de malversation,fut arrêté & pendu peu temps après. C'étoitle ministre Toberu qui fut le juge de cemalheureux ; mais bientôt soupçonné lui-meme d’avoir empoisonné Colombule, maî-trelìe du foi 3 il fut mis en pníon ôc traînedevant le tribunal des sénateurs. Ceux-cieurent l e courage de le trouver innocent,Sc de déplaire au roi qui avoir juré fa perte ;ce prince appclk un ramaS de paysans qu’ilpaya pouí etre aussi cruels que lui , Sc qui lecondamnèrent à mort; eil Vaist la reine &toutes les dames de la cour s e ; etrpr .„rpieds du roi pour obtenir fa grâce ; ce princefut inflexible , Rarrêt fut exécuté , & [ a na _tion témoin de ce spectacle , trembla p OLll .l'avenir , Sc sc repentit d’avoir couronnéChrifliern.
La haine du peuple parutpeul’inquiéter :d osa même braver le clergé , s’emparer deSkclques domaines de Régíise, faire arrêterTvme FII,
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í’évêque d'Odenfée , Sc attirer des docteursévangéliques dans ses états pour y prêcherla religion réformée. De nouveaux impôtsaigrirent les esprits ; Chrijìiern les irrita da-vantage encore en nommant son barbiera 1 archeveche de Landen. Ii n’eut pas plu-tôt placé fa vile créature sor ce siégé si res-pecte dans le iNord, que de concert avec leprélat, il s'empara de quel ques domainesdu chapitre. Esclave de Sigebrite , il com-mit toutes les violences que cette femmeaudacieuse lui dictoit, il lui en laista toutle fruit, Sc ne s’en réserva pour lui-mêmeque la honte. Les esprits étoient tellementindisposes, que Chrijìiern auroit dû sentirqu’il s’exposoic à perdre le Danemarck,s'il le quittoit pour conquérir la Suede. Sestroupes entrerent dans la Scanie ; elles yportèrent le ravage Sc la mort ; avant desaccager une ville , on faisoit afficher labulle du pape qui autorisoit ces horreurs ,comme si Chrijìiern n'eût été que le ministredes fureurs de la cour de Rome.
Bientôt il paffa lui - même en Suede ,assiégea la ville de Stockholm , Sc força laveuve de 1 administrateur à capituler. Cettefemme au-deslùs de son sexe par son coura-ge , avoir mieux défendu la place que lesplus vieux généraux ; & jamais Chrijìiern nes’cn fût rendu maître , si tous les nabitansRavoient secondée ; il entra donc dansStockholm, y fut couronné , & repassa euDanemarck. Ce fut là que dans un calmesombre Sc terrible il médita la vengeance.Les perfides conseils de ses lâches favoriséchauffèrent son reffentissement par degrés ;il partit enfin Ra n 152.0 , Sc reparut àStockholm, cachant sous un air ouvert Scaffable le projet odieux qu'il rouloit dans.son ame. D’abord on veut lui parler desfautes qu’avoit commises Rarchevêqued’Upsal : il répond avec une modestie affec-tée , qu’il ne veut point porter un regardaudacieux fur les affaires de l’éghfe , Sc quec’tst aux commissaires nommés par le papeà juger ce prélat. , .
Cependant il invite la veuve de 1 admi,nistrateur Se tous ses sénateurs à une fêtepompeuse : st S y courent en foule ; Chrifliern.les caresse, mais au milieu des transportsde joie où toute Rassemblée sc livre , le vi-sage du roi change de couleur , ses yeux;
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