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àllument, son ame féroce se montre fansvoile , il fait arrêter les sénateurs * on lestraîne à l'échafaud, plus de soixante & dixmagistrats périrent ; bientôt les consuls eu-rent le fort des sénateurs, les iòldats deve-nus bourreaux, íè répandirent dans les rues,pillant, brillant, massacrant, & firent dela ville un champ de bataille. La veuve de-voir être noyée , mais l’avare Chrijìiern es-péra qu’elle rachèterait sa vie en lui décou-vrant les trésors que son époux avoir laistés,il la condamna à une prison perpétuelle,tous les Suédois frémislòient, & les Danoisétoient frappés d’horreur , l’Europc étoitindignée ; on prétend que la cour de Romeapprouva tout ce que Chrijìiern avoir fait.
U retourna en Danemarck , amenantavec lui Gustave Eric-Son , que fa fureuravoit épargné. Sur son chemin , il fit noyerdes religieux qui avoient caché leurs provi-sions pour les dérober à l'aviditédes soldats.La mere & la sœur de Gustave furent trai-tées avec barbarie; tout trembloit autour duroi, il porta en Zélande la terreur quil'accompagnoit. La crise étoit trop violentepour durer long-temps ; & l’instant où laservitude d’un peuple devient plus dure,estquclquefois celui où il toucheau momentde recouvrer ía liberté ; Chrijìiern aílemblales états pour leur communiquer les projetsde guerre qu J il médirait ; mais l’aífemblée,au lieu de s’occuper de Inexécution de sesordres , lui déclara qu’clle renonçoit à l’o-béillance qu’elle lui avoit jurée, que par íescruautés accumulées il avoit perdu tous sesdroits fur le trône , & que le Danemarckalloit se choisir un nouveau maître. Le plusfurieux des hommes devint alors le plus foi-ble. En horreur à son peuple , abandonnépar ses favoris , menacé par ses gardesmêmes , il sc hâta de piller le trésor royal,& s'enfuit avec fa famille : il essuya unetempete , & après avoir long-temps luttéContre les vents , aborda dans les Pays- BasLan if23 au mois d’avril ; il traversa l'Al-lemagne & alla chercher un asyle à la courde Lempereur Ion beau frere.
Si Chrijìiern n’eùt été que malheureux,toute l’Europe se serait intereílêe en sa fa-veur ; mais il étoit coupable, & il ne trouvaque des protecteurs politiques qui cher-choient à lui rendre ses états pour les parta-
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ger avec lui. L’électeur de Brandebourgfutde ce nombre ; il fit de grands préparatifsqui n’eurent que de foibles effets. Chrijìiernoffrit à Gustave de lui céder le trône deSuede , s’il vouloir lui aider à remonter furcelui de Danemarck ; mais Gustave s’étoitdéja ligué avec Frédéric , fucceífeur deChrijìiern, contre cet ennemi commun.L’empereur son beau-frere , qui (sabordavoit paru épouser sa querelle avec beau-coup de chaleur, s’étoic refroidi tout-à-coup , parcc qu’il craignoit d’attirer dansLEmpire toutes les forces du Nord. La gou-vernante des Pays-Bas paroifsoit feule sen-sible aux malheurs de ce prince ; elle luiprêta trente vaisseaux ; il mit à la voile ;mais il fcmbloit destiné à être le jouet desvents. Un orage engloutit dix de fes vais-seaux & dispersa le reste , il fut trop heu-reux d’abordcr dans le port de Bahus : ce-pendant il trouva un parti enNorwcge,& fit quelques conquêtes. Les Dalécarliensl’appelloient dans leur province ; mais lanature toujours obstinée à le persécuter, luiopposa des neiges fur son passage ; il neput y pénétrer , & crut s’en dédommagerpar la prise d’Aggherus , mais il fut con-traint de lever le siégé de cette place.
Turéjohanson s’étoit attaché à la mau-vaise fortune de ce prince , parce qu’il n’enpouvois trouver une meilleure. Odieux àGustave , qui l’accusoit d'avoir trahi ses in-térêts , fa conduite donna les mêmes soup-çons à Chrijìiern . Les malheureux sont tou-jours défians. Bientôt on accusa Chrijìiern.Ìui-même de savoir fait assassiner. Si cecrime est réel , ce fut du moins le dernierqu’il commit ; abandonné par fes soldats yil fe livra dc lui-même aux généraux Da-nois ; conduit à Copenhague par l’évêqued’Odenféc , il y fut arrêté 5 c renfermé dansle château Sunderbourg l’an 15 j 1.
Sa prison fut long-temps étroite ôc rigou-reuse. La nation ne l’y oublia point ; quel-ques provinces fe soulevèrent en fa faveur ;qn vit même se former une ligue de plu-sieurs princes voisins ; mais la prudence de.Christiern III , qui avoit succédé à Frédé-ric , sut dissiper tous ces orages, il força.Ckìfìtern à renoncer à tous fes droits fur leDanemarck , la Suede «Sc tous ses anciensdomaines 3 alors il ic fit transférer à Cal-