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Tome septième.
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Christine , ( Histoire de Suçât. ) avoitépousé l’administrateur Stréen-Sture , quisouleva la Suede contre le roi Jean en14S7. Après la mort de son époux , elles’empara de la scène qu’il avoit occupée pen-dant trente-crois ans ; elle avoit hérité de sestalens, de son courage & non pas de fa per-fidie. Elle trouva tous les esprits disposés àrecevoir la domination Danoise : on parloirmême de convoquer une assemblée ou Jeandevoir être reconnu. La veuve de l’admi-niílrateur s’y opposa , forma un parti dansStockholm, gagna le peuple par ses dis-cours & quelques sénateurs parlés largesles.Cependant Christiern II , successeur deJean , fut couronné dans une assemblée d e-tats ; maître du sénat, vainqueur de la no-blesse , soutenu par le clergé, il se flatta detriompher aisément d’une femme, & som-ma Chrijìine de remettre entre ses mains lacapitale où elle s’étoit renfermée. “ Je ne„ recomioîtrai jamais, dit-elle, pour mon„ souverain , l’ennemi de ma patrie & de„ ma famille : cette assemblée dont les suf-„ fi-ages l’ont couronné n’étoit qu’un ramas„ de rebelles & de traîtres : je défendrai„ Stockholm , & s’il n’y a plus que moi &,> mes amis de Suédois , nous le serons du» moins jusqu’au dernier soupir. » Le siègefut formé & poussé avec vigueur. Chrijìinese défendit de même , se montra dans tou-tes les attaques, & fit tout ce qu’on auroitpu attendre d'un général consommé dansfart de la guerre. Mais l'épuifcment des vi-vres ne lui permit pas de soutenir ce carac-tère de fierté qu’clle avoit fait éclater d'a-bord. Le peuple murmurait, le sénat étoitdécouragé ; Christiern II ofFroit une capi-tulation honorable. Enfin , vaincue par lescris d’un peuple mutiné, & par les instancesdes sénateurs , elle signa avec horreur en■ yro, une capitulation qui lui conservoitle rang & les biens dont elle avoit joui duvivant de son époux.

Christiern n’avoit osé violer fur le champtin traité dont il avoit lui-même dicté lesarticles. Mais peu de temps après il cita laveuve de ^administrateur devant des com-missaires nommés par le sonar pour y rendrecompte de la conduite de ion époux. Il etoitaisé de le justifier comme patriote, & mêmefçmme rebelle : mais cyiruuent pallier tant

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de perfidies, un serment de fidélité pronon-cé & violé presqu’au même instant, unetreve de trente ans refusée quand toute laSuede la demandoit, ses révoltes accumu-lées malgré tous les traites où il reconnois-soit Jean pour son souverain ì Christine ma-nia cette cause avec tant d’art qu’elle auroitséduit ses juges, si la haine ne les avoit pasrendus clairvoyans. Elle cirait sur-tout uneordonnance des états , dont son époux, di-soit-elle,avoitsaitleplande sa conduite.Maisune loi quelle qu’elle puisse être , ne peutjustifier des parjures. Elle eut le fort que sonépoux seul avoit mérité, & fut arrêtée. Tousles amis périrent sor 1 échafaud ; mais Chris-tiern qui craignoit que le peuple ne se sou-levât en faveur de cette infortunée, ordonnaà l’amiral Norbi de la noyer secrètement ;ce seigneur fit par ambition ce qu’un autreeût fait par humanité; il espérait qu’en sau-vant les jours de Chrijìine-, la reconnoiflancel’cngageroi: à lui donner la main , & que leseul titre de son époux suffirait pour lui for-mer un parti dans la Suede ; il représenta àChristiern , qu’en la perdant il perdoit tousles trésors que Stréen-Sture avoit amassés,qu’elle seul pouvoir lui découvrir le lieu oùils éroient cachés. Christiern suivit ce con-seil, laissa la vie à Chrijìine , s’empara de sesrichesses, & lui ôta la liberté qu’elle ne re-couvra jamais. ( M. db Sacy. )

Christine , ( Hijìoire de Danemarck &de Suede. ) reine de Danemarck, de Sue-de & de Norwege, étoit fille d’Ernest, élec-teur de Saxe; elle naquit en 1461 , & en1477 elle épousa Jean, fils de Christiern 1 ,roi de Danemarck. Ce mariage égalementdésiré par la nation & par les deux époux ,fut célébré avec une pomme jusqu’alorsinouic dans le Nord. Apres la mort de Chris-tiern , Jean réunit sur sa tete les trois cou-ronnes, de Danemarck , de Suede & deNorwege ; mais ^administrateur Stréen-Sture , ayant formé contre ce prince un partidans la Suede, perdit & gagna des batailles:dans le cours de ses prospérités il vint met-tre le siégé devant Stockholm. La reine ycommandoit : elle donna des ordres si sages,veilla avec tant de soin à leur exécution ,que ^administrateur étoit prêt d’abandon-ner son entreprise , lorsque des traîtres l'in*«©duisirent à» U ville i les magistrats