C H R
prince poífédoit avant la guerre. Il fit mêmealliance avec ce prince , mais bientôt iltourna íês armes contre la ville de Ham-bourg. On négocia long temps fans fruit,& ce différend fut encore terminé par f en-tremise de Louis XIV Sc des princes deBrunswik. Le mariage de la princesse Ul-rique-Eléonor avec le roi de Suede , dissipales alarmes que donnoient aux deux nationsles refléntimens de leurs princes , qtslilscroyoient mal étouffés ; mais bientôt lesprétentions de Christiern fur le Holstein,menacèrent le Nord d’un nouvel embrase-ment. Dans un voyage qu'il fit par merpour assurer le succès de son entreprise , ilfut sur le point de faire naufrage ; on levit calme dans le péril, encourager les ma-telots effrayés, remplacer le pilote, Sc mon-trer moins d’inquiétude pour lui-meme quepour (es compagnons.
Ce prince n’avoit point perdu ses vues furHambourg ; les querelles toujours renais-santes avec le duc de Holstein-Gotcorp ; sesnégociations avec la cour de France, unpeu lente à le seconder , ne l'empêcherentpas de former une tentative sur Hambourg:il assiégea cette ville avec des troupes quiauroient à peine suffi pour la défendre. For-cé à la retraite , moins par la puissance deles ennemis, que par la foiblefle de ses trou-pes , il termina le siégé par une capitulation,également gênante , Sc pour lui-même, Scpour les habitans. Mais il avoir en vue uneproie plus belle ; c'étoient les états du ducde Holstein, dont il s'empara. Cette elpece^usurpation souleva toute l’Europe: le trai-té d'Altena appaìsa ces différends si longs Scsi funestes ; &C Christiern restitua , avec re-gret , des biens qu'il avoir conquis fanseffort. Ce prince ne put jamais étouffer dansson cœur les reíTentimens qu'il avoir conçuscontre le duc ; il lui suscita des affaires épi-neuses ; Sc si la jalousie que l a puissance Da-noise eXfcicoit parmi ses voisins n j avo j t don-né des protecteurs au duc , Ckrìst, trn l’ a u-toit accablé. Enfin, fa mort arrivée en 1Ó69,Calma les alarmes dont les projets avoientrempli tout le Nord de PEurope. 11 étoitbrave Sc n'affectoit point de montrer soncourage : il jouoit avec le péril lorfquil yétoit engagé, & ne le cherchoit pas : fa dou-ceur étoit naturelle, Ôc n'avoic rien d ap-To/ne k 7 II,
C H R 849
prêté : il respecta la religion , fans être Peí-clave des prêtres : dirigea toutes les démar-ches de les ambastideurs ; mais on lui re-proche d avoir quelquefois sacrifié à la splen-deur exterieure de son royaume , les soins dugouvernement intérieur. ( M. de S act. )
CHRISTINCHAM., {tyéog.) petite villede Suede, dans laprovir.ee de Wermeland.
CHRISTINE , {Histoire de Pologne.)reine de Pologne, fille de l’empcreur HenriIV, Sc sœur de Henri V. Elle épousa Ula-diilas , fils de Boleslas III , roi de Pologne.L’ambitionde cette princesse fit les malheursde son époux : elle alluma dans son cœurcetre passion de dominer dont elle étoitdévorée ; lui peignit ses frétés Boleslas,Miceslas, Henri, comme des rivaux dan-gereux , qui lui refuscroient bientôt l’hom-mage qu J ils lui avoient promis, s’érigeroienten fouverainsdans leurs appanages; & sc li-gueroient pour l'accabler & partager fa dé-pouille : elle ajouta que le seul moyen dcprévenir les maux qui menaçoient la Polo-gne, étoit de s'emparer des domaines de cesprinces. Uladislas, prince foible, esclave dupremier courtisan qui s’emparoit de fa con-fiance, suivit ce conseil funeste, leva destroupes, assiégea ses frétés dans Pofnen, futvaincu Sc ssenfuit en Allemagne. La reineengagea l'empereur Conrad à secourir sonépoux; mais bientôt abandonnée par ceprince, elle trouva dans Frédéric Barberous-sc, son successeur,un allié moins inconstant.Ce monarque entra dans la Pologne à mainarmée, Sc força Boleslas, qui avoir été cou-ronné , à recevoir son frété. Uladislas se pré-paroit à rentrer dans fa patrie , mais la mortParrêra en chemin. Il mourut méprisé de sessujets, abandonné de ses amis, victime defa complaisance pour fa femme. Elle futreléguée en Allemagne , & pasla le reste defa vie dans une obscurité plus cruelle, pourcette ame orgueilleuse, que la mort même.Peu de vertus rachetoient ses défauts, & sestalens n’égaloient pas son ambition : son ca-ractère étoit féroce ; elle ne sentit jamais nireconnoistance pour ses partisans , ni pitiépour ses ennemis : elle avoir fait crever lesyeux Sc couper la langue à un seigneur Po-lonois qui osa défendre , devant UladislasSc U nation , la cause des princes oppri-més. ( M, de Sacï> )
Ppppp