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tacitement qu’elle paroill'oic témoigner auxItaliens. Elle demanda justice , l’obtint, Scse repentie de Lavoir obtenue. Le dépit 1e-cvetd'avoir préféré la satisfaction de fe ven-ger à la gloire d'un pardon généreux quipouvoir l'honorer à lès yeux , la fit rougir,& dès lors este prit la résolution d’abandon-ner un pays témoin de fa foibleíle pour serendre en France , où la singularité de tou-tes ses démarches devoir lui mériter de nou-veaux éloges Sc de nouvelles censures. Ellereçut dans ce royaume tous les honneursqu'on rendit autrefois à Charles-Quint. Lacour s’empreíla de voir par curiosité unefemme dont le caractère avoir du moinsl’attrait piquant de la nouveauté ; mais laplupart des courtisans ne remarquerent enelle que la singularité de ses habillemens, àpeu-près comme le marquis de Polainville,qui à Londres donnoit pour le résultat de sesobservations , que les Anglois avoient l’airun peu étranger. Christine de son côté, en-nuyée du cérémonial de la cour, demandoitpourquoi les dames montraient tant d’ar-deur à la baiser: est-ce, disoit-elle ,parce queje ressemble à un homme ?
L'époque la plus remarquable de son sé-jour en France, & que nous aurions suppri-mée si nous n'étions que les panégyristes decette princesse, est la mort du marquis deMonaldefchi , son grand écuyer. Ce sei-gneur qu'on soupçonne avoir été l'amant fa-vorisé de Christine , eut l'imprudence ou lemalheur d'humilier la fierté en écrivant àune femme qu'il lui préférait, des lettresoù la reine étoit indignement outragée.Christine surprit ces lettres fatales, & parutfans soupçon jusqu’au moment fixé pour entirer vengeance. Elle mande Monaldefchidans la galerie des cerfs à Fontainebleau ,où elle logeoit ; il vient , & la porte fe fer-me avec précipitation. Un religieux & troishommes l épée à la main occupoient le fondde galerie. La reine assise étoit feule aumilieu. Après avoir fixe le marquis en silen-ce elle rire de fa poche les originaux écritsde la main même de Monaldefchi, & luidemande d'un ton froid , connoijse^ - vousces papiers ? Monaldefchi pâhslant, tombeà genoux , embratîe la robe de la reine, &fond en larmes. Christine fe levé , se tournevers le religieux, Sc lui dit d’un ton tran~
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quille : Monpere , je vous laijse cet homme >prépare^-ie a la mort, & ay joui de son ame.Elle sortit, Sc quelques momens après, lestrois personnes commiíes pour l'exécution ,le firent périr en lui enfonçant leurs épéesdans la gorge. Cette feene sanglante dansune cour où les plaisirs de la galanterie con-tribuoient à la douceur des mœurs, renditChristine odieuse. Il se trouva cependant deslurilconsultes qui ne craignirent pas de fedéshonorer en entassant des citations pourprouver qu’une Suédoise en pays étrangeravoir le droit de se venger par un assassinat.Aujourd'hui nous croyons que ces juriCconsultes méritoient d'être renfermés avecles fers. Christine à qui la France qu'elle ve-noit de révolter par un meurtre , ne pou-voir qu’être désagréable, résolut de se choi-sir une retraite en Angleterre. Cette île n'é-toit pas alors le séjour de la philosophie ;Cromwel y régnoit, & ce sombre tyranqui n'étoit monté sur le trône que par unrigicide , ne pouvoir pas estimer une reinequi étoit descendue du sien par des motifsqu’un ambitieux doit mépriser. La fille deGustave, forcée de retourner en Italie , oùfes revenus n’étoient pas payés, devenuesimple citoyenne de Rome , obligée de vi-vre des bienfaits du pape qu'elle n'estimoicplus, oubliée de la Suede où elle avoir ré-gné avec tant d'édat, négligée du princequ’elle avoir elle-même couronné , la fillede Gustave fe voyoit réduite à l’humiliadonde la demande , & souvent à la honte durefus. Alors s’accomplit la célébré prédic-tion du chancelier d’Oxinstiern : alors, ditl'historien Nani, Christine s’apperçut qu'unereine fans états étoit une divinité fans tem-ple , dont le culte est promptement aban-donné. N'ayant plus que la ressource d’en-gager ses meubles Sc d emprunter fur sesbillets , elle envoya son secrétaire d'Avisonau roi de Suede, qui, avant de lui déli-vrer les revenus de la reine, exigea qu'ilabjurât le catholicisme qu'il avoir embrasséà l’exemple de ía souveraine. Revene £, luiécrivit Christine , mais revene^fans avoirrien fait de bas. Quand il ne me resterait qu unmorceau de pain à manger , je le partageraiavec vous ; mais fi la crainte vous ébranle aupoint de vous faire manquer a votre devoir ,s°y e i persuadé que je vous punirai de cette
lâcheté »