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Tome septième.
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fûbient pas aux besoins de l'état ou àleurs plaisirs , engageoienc pour quel-ques années une portion de leur domai-ne à des hommes puisiàns qui leur prê-toient des sommes considérables , Sc jouií-soient des revenus des seigneuries aliénéesjufqu’au terme fixé par la convention. Maislorsque le prince étoit foible Sc le sujet puis-sant , la restitution eprouvoit de grandesdifficultés. L’églife toujours zélée pour lebien de Pétât, montroit un empreílementgénéreux à prêter de l’argent aux rois fur depareils gages, & c’est par cette voie iur-tout qu’elle s’étoit tellement enrichiedans le Danematck , qu’elle a possédé très-long temps la plus belle & la plus grandepartie de ce royaume.

Tant de bienfaits répandus fans choix &avec profusion, tant de revenus dont Chris-tophe s’étoit privé , le forcerent à violer íapromesse íolemnellc & à établir des impôts.Tant que le peuple seul en fut chargé, ilgémit en silence : le roi les étendit fur lanoblesse, & elle en murmura ; enfin ilvoulut y soumettre l’églife , Sc la révoltesut décidée. L’archevêque de Lunden me-naça Christophe de le déposer. Celui-ci ren-tra à main armée dans les biens qu’il avoirengagés; c'étoit réparer une imprudence parune autre. Bientôt tout le royaume fut enarmes, la Zélande en peu de temps devintun désert , la Scanie un théâtre d’horreurs,le reste du royaume un champ de bataille,Sc les Danois segorgeoient les uns lesautres, pour punir leur roi de leur avoirmanqué de parole.

Sur ces entrefaites, Eric, duc de Slewigh,paya tribut à la nature ; il Iailsoir son duchéb Valdemar son fils, enfant trop foihlepoursc défendre lui même , Sc qui dans des cir-constances si critiques ne pouvoit pas choisirlin défenseur oui ne frit son ennemi. Christo-phe le déclara son tuteur. Gérard de Rends-bpurg pnî k même titre. Tous deux soutin-rent à main armée les prétentions qu’ilsa voient à la tutelle, cVrgvagerent le patri-moine de Valdemar, sous prétexte de le luiconserver. On sent assez que, h leur delleineût cté d’administrer avec sage île les biensde leur pupille , pour Its lui tendre au ter-me de ía majorité , le titre dç tuteur n’au-joit pas allume entr’eux unc jaiçuíìe auílì vi-

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ve. Christophe investit Gottorp ; Gérard pa-rut, Sc lui présenta la bataille. Le roi futvaincu , Sc voulut chercher un asyle au cen-tre de ses étars ; mais il n'y rencontra que desamis chancellans, la noblefiè aimée contrelui , le clergé accumulant outrages fur ou-trages , Sc le peuple , instrument de fes pro-pres malheurs, servant avec fureur les inté-rêts des grands. On le déclara déchu detout droit au gouvernement : A cette ré-volution succéda une anarchie plus funestecent sois que le despotisme même ; Sc lepeuple sc donna mille tyrans , en déposantun roi.

La haine des rebelles s’étendit jusques furle jeune & innocent Eric qui, en combat-tant pour son pere , ne failoit que remplirfes devoirs de sujet Sc de fils. Trahi par fessoldats, il fut jetté dans un cachot. Chris-tophe en le perdant, perdit tout espoir ; ilavoir cru que les grâces de ce prince , fesvertus, son courage calmeroient la révolte,& qu’il feroit médiateur entre Ion peuple.Il s’enfuit, va mendier des secours chez fesalliées, revient, & apprend que son ennemiGérard de Rendsbourg vient d'être procla-mé généralissime Sc régent du royaume.Bientôt il est enfermé dans Vordinbourgpar Gérard lui même , obtient la liberté desc retirer en Allemagne, descend dans Pilede Falster, y est assiégé encore, promet de leconfiner à Rostoch , & if observe pas mieuxcette seconde capitulation que la premiere.Les états fe crurent autorisés alors à niettrele sceptre dans les mains du jeune Valdemar;il fut proclamé , Sc les grands qui dans cetteassemblée dictoient tous les fumages, ne lesréunirent en fa faveur que parce que fa foi-bleíle, favorable à leur ambition , leur laif-soit l'espoir de régner sous son nom. Tousles seigneurs dépolíédés rentrerent aussi-tôtdans leurs domaines ; mais cette révolutionmême fit naître entr’eux des différends dontChristophe fut profiter. Il fit semer en Dane-marrk des lettres pathétiques , où il pei-gnoir ion repentir avec des traits h touchans,qu ils íuisoient naître les mêmes remordsdans les cœurs les plus endurcis. Le peupleouvrait les yeux & commençait à s’apperce-voir que la protection simulée que ies grandslui accordaient, étoit une oppression véri-table, Il sc fait tout-à-eoup une révolution-