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dans les esprits: on croiroit même qu’il s’enest Fait une dans le cœur de Christophe. Cen’est plus ce prince terrible jusques dans soninfortune , songeant à se venger lors mêmequ’il ne pouvoic se défendre ; il paroît à latête d’une petite armée, portant l’épée dansune main, dans l’autre une amnistie généralepour ses ennemis. Cette clémence politiqueattire 5c le peuple toujours prompt à rentrerdans les bornes du devoir comme à en sor-tir , & le clergé jaloux de la puissance desadministrateurs du royaume. Eric est arra-ché de fa prison ; mais bientôt ceux mêmequi i’avoient délivré s'assurent de fa person-ne. Les Danois font battus par Gérard prèsde Gottorp. Cependant Christophe soumet laScanie fans effusion de sang, Sc voir sonparti le groiïìr de jour en jour. Le vertigequi suit le bonheur lui fait oublier des me-nagemens necestaires dans fa situation j ilfait arrêter un evêque , le pape , d’après laconstitution de Vedel,( Voye{ ci - devantChristophe I. ) lance un interdit fur lesoyaume ; mais le bruit des armes, le chocdes cabales, le flux& reflux des révolutionsqui se succédoïent íì rapidement, ne per-inettoicnt guere des’appercevoirdes foudresdu Vatican.
Cependant Christophe engageoit de nou-veaux domaines à (es alliées , pour payerleurs services & conserver leur amitié. Gé-rard se vit abandonné de tous ses partisans ;il ne lui restoit dans fa mauvaise fortune,que la ressource de persuader au peuple, quen’ayant combattu que pour le bien public ,le malheur ayant rendu Christophe plus di-gne du trône , & la nation parodiant l’yvoirremonteravccplaisir, il sc retiroit satis-fait lui-même d’avoir sacrifié son repos pen-dant tant d années à celui du Danemarck.La paix se conclut à Rypen le 15 février1 3 J° : Christophe reçu; de nouveau les ser-mensde les hommages.3^ nation. CommeValdemar n étoit qu u„ f antôme de roi onle depusa aussi facilement q, soil ^oitclame: on lui laiíla le duché de Sse v jnU . &Gérardemporta toutesles richesses qu'Uavoitamassées pendant son administration. Telfut le terme de tant de révolutions : le bie npublic en fut le prétexte , les grands enrecueillirent le fruit, Sc le peuple en fut laVictime,
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Christophe devoir demeurer enfin tran-quille fur ce trône, dont la conquête luiavoit coûté tant de travaux : mais l’amourde la vengeance Pégara , il épousa la que-relle de Jean, comte de Holstein, contre Gé-rard ; il marcha contre ce dernier, les deuxarmées se rencontrèrent, ses Danois furenttailles en pieces, & Christophe perdit dansce jour son fils Eric, une partie de son royau-me , Sc la fleur de la noblesse. Les Scaniensse révoltèrent aussi-tôt, Sc offrirent leurshommages à Magnus, roi dcSuede. Celui-ci écrivit au pape pour le prier de lui confir-mer la possession de la Scanie & de tout cequ’il pourroit conquérir. Benoit fut assezmodeste pour répondre qu’il ne pouvoic dis-pos des états de Christophe avant de l’avoiccite à son tribunal. Celui-ci, abandonné ,trahi, méprisé par tous ses sujets , se vittraîné par eux de cachots en cachots, livré àJean son frere , qui lui tendit la liberté. U11’en jouit pas long-temps, la mortPenlevale 1 p juillet 1333; moins injuste, moinscruel , moins faux fur la fin de fa vie , ilCembloit que son cœur sc fût épuré à l'écoledu malheur ; mais ses leçons qu’il avoit re-çues de la foi tune , avoient coûté plus cherà ses sujets qu’à lui-même. Sa mort suc sui-vie d’un interrègne de sept ans. ( M. z>sSacy. )
Christophe III, dit de Bavière , ( His-toire de Danemarck. ) duc de Bavière, comtePalatin du Rhin , puis roi de Danemarck ,enfin roi de Suede & de Norwege. Il étoitfils de Jean , duc de Bavière , & de Cathe-rine , sœurd’Eric X, roi de Danemarck. Cedernier étoit un prince fossile, imprudent,jouet de ses courtisans, de íes sujets , de sesennemis ; il voulut posséder trois royaumes,Sc n’en put conserver un. Aux premiers re-vers qu’il essuya en Suede, en Norwege, eitDanemarck , il ssenfuit de ses états avecautant de secret Sc de précipitation , qu’uncriminel s'échappe d'un cachot : il se retiradans l’ile de Gotland, où pendant dix ans ilobserva beaucoup&n’entreprit rien , pleuralâchement ses malheurs , Sc n’osa tenter lemoindre effort pour les réparer. Les Danoislui mandèrent, en M4° > que fa foibleffe1e rendoit indigne du rrcne, qu’il leur falloitun roi qui n’abandonnât point le timon de
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