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mente-t-elle pas encore par la promptitude& le prodige de la multiplication des enfansde Noé ! 11 ne s’agit pas ici de la fable deDeucalion Sc de Pirrha , qui changeoienten hommes les pierres qu’ils jettoient der-rière eux , mais d’un fait, & d’un fait in-contestable , qu’on ne pourroit nier fans serendre coupable d’impiété.
Ce n’est pas tout que les objections tiréesdes faits prccédens ; voici d’autres circons-tances qui ne feront guere moins sentir lebesoin d’étendre la durée du second âge.C'est une monnoie d'argent publique , quia son coin , son titre , son poids, Lc soncours long-temps avant Abraham. La Ge-nefe en fait mention comme d'une chosecommune & d’une origine ancienne , àl’occaíìon du tombeau qu’Abraham achetades fils de Hetli. Voilà donc les mines dé-couvertes , & la maniéré de fondre, depurifier , & de travailler les métaux , par-tiquée. Mais il n’y a que ceux qui connoif-fent le détail de ces travaux qui sachentcombien ['invention en suppose de temps,&combien ici l’industrie des hommes marchelentement.
Convenons donc que , quand on ne re-nonce pas au hoir sens, à la raison , Sc àl’expérience , on a dc la peine à concevoirtous ces événemens à la maniéré de quel-ques auteurs. Rien ne les embarrasse, lesmiracles ne leur coûtent lien ; & ils ne s’ap-percoivent pas que cette ressource est pour6c contre , Sc qu’elle ne sert pas moins àlever les difficultés qu’ils proposent à leursadversaires , qu'à lever celles qui leur sontproposées.
Mais que disent le bon sens, l’expérien-cc >.8e la raison ; qu’en supposant , com-me il est juste , l’autorité de ['Ecriture sain-te , les hommes ont vécu ensemble long-temps âpres le délu ge qu ^j ls n ' ont f orm équ une societe ,ufqu'à ' úls aient étéallez nombreux pour sc ,
Dieu dit aux enfans de Ncé^q'.terre Sc de se la partager, il * lana pas de fe disperser çà & là en solins 011 '& de laiílèr le patriarche Noé tout scuscqpe quand il les bénit pour croître fvolonté étoit qu’ils ne setendissent qu'àmesure qu’ils croîtroient ; que l’ordre(roijsei, multiplie ç, & retnplijfa toute £Tome VII,
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terre, suppose une grande multiplicationactuelle ; & que par conséquent ceux qui ,avant la confusion des langues, envoyencSem dans la Syrie ou dans la C b aidée,Camen Egypte, & J a phet je ne fais où,fondent là-dessus des chrono'ogies de royau-mes » font régner Cam en Egypte fous lenom de Menc{ , Sc lui donnent , aprèssoixante-neuf ans au plus ccou és, troissuccesseurs dans trois royaumes différens ;que ces auteurs, dis - je , fulscnc-ils centfois plus habiles que Marsham , nous font['histoire de leurs imaginations, & nulle-ment celle des temps.
Que disent le bon sens, la raison , ['ex-périence , & la lainte Ecriture ; que leshommes choisirent après le déluge une ha-bitation commune dans le lieu le plus com-mode dont ils fe trouvèrent voisins. Que liplaine de Sennaar leur ayant plù, ils s’yétablirent ; que ce fut-là qu’ils s’occupcrentà réparer le dégât Sc le ravage des eaux ;que ce ne fut d’abord qu'une famille peunombreuse ; puis une parenté composée deplusieurs familles ; dans là fuite un peuple :Sc qu’alors trop nombreux pour l’étenduede la plaine , & assez nombreux pour leséparer en grandes colonies , ils dirent :
" Puisque nous sommes obligés de nous-- diviser , travaillons auparavant à un ou-» vrage commun , qui transmette à nos» desoendans la mémoire de leur origine,
» & qui soit un monument éternel de notre» union , élevons une tour donc le sommet" atteigne le ciel. >* Dessein extravagant ,mais dont le succès leur parut si certain,que Moyfe fait dire à Dieu dans la Gent le :Confondons leur langage ; car ils ne cesserontde travailler qu ils n aient achevé leur ouvrage .Ils avoient fans doute proportionné leurprojet à leur nombre ; mais à peine out-ils commencé ce monument d’orgueil, quela confusion des langues les contraignit de['abandonner. Ils formerent des colonies;ils fe transportèrent en différentes contrées,entre lesquelles la nécessité esc ubsistermit plus ou moins de distance. D un grandpeuple il s'cn forma plusieurs pec.ts. Ces..petits détendirent > les distances qui les sé-paraient diminuèrent peu - a - peu , s’éva-nouirent - 6c les membres epars d’une mémosc.mil le sc rejoignirent mais après des.