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Tome septième.
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rétablissement des empires, 8c la succes-sion des princes , conduite jusqu a nousfans autre interruption que celle qui naîtdu changement dçs familles, de la chutedes états, & des révolutions dans les gou-vernement

Nous observerons , avant que d’entrerdans cette matière , que l'autorité de Jo-fephe est ici très-considérable , & qu’il nefaut point négliger cet auteur , soit pourle suivre , soit pour le corriger quand fesfentimens & ía chronologie diffèrent destextes de l’Ecriture.

Puisque ni ce s textes , ni cet historien,ne font d'accord entr’eux fur la chronologie,il saur nécessairement qu’il y ait faute : &puisqu’ils font de même nature , sujets auxmêmes accidens, & par conséquent égale-ment fautifs, il peut y avoir faute danstous, & il peut se fairé aussi qu’il y en aitun exact. Voyons donc quel est celui qui ale préjugé en ía faveur dans la questiondont il s’agit.

Premièrement , il me semble que letexte samaritain & les Septante ont eu raisond’accorder aux patriarches cent ans de plusque le texte hébreu , 6c d’étendre de cetintervalle la fuite de leur ordre chronolo-gique , soit parcc que des trois textes il yen a deux qui conviennent en ce point,soit parce qu’il est plus facile à un copisted’omettre un mot ou un chiffre de son ori-ginal , que d’en ajouter un qui n'en est pas.Nous savons par expérience que les addi-tions rares qui font de la négligence des co-pistes , consistent en répétitions , 6c les au-tres fautes, cn omissions , corruptions ,transpositions, Oc. mais ce n'est pas de cesinexactitudes qu’il s’agit ici. D’ailleurs Jo-ssphe est conforme aux Septante 6c au sama-ritain, cn comptant la durée des vies dechaque patriarche en particulier. Mais ,dira-t-on , on retrouve dans la somme tota-le celle de l’hébreu. II faut en convenir ,fc’cest dans cct historien une faute rrès-bi-fapre. Mais il me semble qu’il est plus simplede supposer que Joíephe s est trompe dansune réglé d’arithmétique qu" dans un faithistorique , 6c que par conséquent l'erreurest plutôt dans le total que dans les sommesparticulières. M. Arnaud , qui avertit enmarge de fa traduction qu’il a corrigé cet

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endroit de Joíêphc fur les manuscrits , s’estbien gardé de toucher à la durée des vies,6c d’en retrancher les cent ans. Il les a feu,lement suppléés dans le rélultat de l’addi-tion.

Nous inviterons en pastant quelques - unsdes membres favansde l’académie des ins.criptions 6c belles-lettres, de nous donnerun mémoire d’après l’expérience 6c la rai-son , sur les fautes qui doivent naturelle-ment échapper aux copistes. Et poursuivantnotre objet, nous remarquerons encore quedes les premiers temps qui ont suivi le délu-ge , on voit dans le texte hébreu même desguerres 5c des tributs imposés fur des peu-ples subjugués, & que le temps marqué parce texte pavoît bien court, quand on le com-pare avec les événemens qu’il renferme. Lestrois enfans de Noé se sont fait une postéritéimmense ; les peuples ont celle de connoîtreleur commune origine ; ils se sont regardéscomme des étrangers, 6c traités comme desennemis ; 6c cela dans l’intervalle de troiscents soixante sept ans. Car l’hébreu n’enaccorde pas davantage au second âge. Cesecond âge n’est que de trois cents foixante-sept ans. L’hébreu ne compte que troiscents soixante-fept ans depuis le déluge juf-qu’à la sortie d’Abraham hors de la ville deHaran ou Charan en Mésopotamie ; 6cSem en a vécu , selon le même texte , cinqcents deux depuis le déluge. La vie deshommes qui lui ont succédé immédiate-ment dans ce second âge , étoit de quatrecents ans. Noé lui - même en a survécuaprès le déluge rrois cents cinquante. Ainsiles royaumes le seront fondés, les guerres fcferont faites de leur temps ; ou ils aurontméconnu leurs enfans ; qu c’est en vainqu’ils auront crié à ces furieux : malheureuxque faites-vous, vous érej frères , & vous vouségorge^ ? Abraham aura été contemporainde Noc ; Sem aura vu Isaac pendant plusde trente ans, 6c les enfans d’un mêmepere se seront ignorés du vivant même deleur pere ; cela paroît difficile à croire. Ecsi Ia rapidité de ces événemens ne nouspermet pas de penser qu’on s’est trompé surla naissance d’Adam & les temps qui ontprécédé le déluge , elle forme une grandedisticulté fur la certitude de ceux qui l’onfsuivie. Combien cette difficulté ne s’aug-

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