Band 
Tome huitième.
Seite
34
JPEG-Download
 

soudain des couleurs de certaines liqueurs,les précipitations & les coagulations ines-pérées , 6’c. en négligeant même les pré-tentions apparemment chymériques fur ladivine pierre, les rajeuniflcmens , le petithomme de Paracellè , les miracles de lapalingénélie , &c. toutes ces merveilles,dis-je , peuvent dans ce íìecle éclairé mê-me , étonner bien des gens , au moins lesamuser. Foy Récréations chymiques.

Les arts chymiques étant liés à la Chy-mie genérale comme à un tronc commun,il se présente ici deux questions^ très-im-portantes , ce me semble, i °. lusquss quelpoint chacun de ces arts peut-il être cor-rigé & perfectionné par la science chymi-que ? z°. Combien la science physiquepeut-elle être avancée à ion tour par lesconnoiílances particulières , puisées dansPexercice de chacun de ces arts ?

Quant à la première question , il estévident que le chymiste le plus éclairé , leplus instruit, dirigera , réformera , per-fectionnera un art chymique quelconque,avec un avantage proportionnel à les con-noistances générales , à la (cience ; à con-dition néanmoins que fur Pobjet particu-lier de cet art il aura acquis cette facultéde juger par sentiment , qui s'appelle coup-é'xil chez Pouvrier, ct que celui-ci doità Phabitude de manier son sujet ; car au-cun moyen scientifique ne sautoir suppléerà cette habitude : csest un fait, une véri-té d'expérience.

Quant à la seconde , la nécessité de setendre familiers tous les procédés , toutesles opérations , toutes les manœuvres desans chymicues, selon le con le d ct 1 Q^m-Çlf du grand Sthal ; elle nous parme ab-solument indispensable pour le chymisteqtii aspire à embraser son art avec quel-que étendue ,• car non feulement c est rnspectacle tvès-curieux , très-philosophique,qu" d examiner combien les moyens chy-miques font variés & combinés dans leurapplication _a des usages particuliers , ctleus quelle forme le génie se présente chezles ouvriers , où il ne ^appelle que bonfe.is ; niais encore les leçons de ce bonítns, & lùndustrie , 1 aisance, 1 expériencece Pouvrier, íont ues biens qu il ne doityas négliger ; en un mot, il faut être

C H Y

artiste , artiste exercé, rompu, ne fut-ceque pour exécuter, ou pour diriger lesopérations avec cette facilité , cette abon-dance de ressources, cette promptitude ,qui en font un jeu , un délassement, unspectacle qui attache , & non pas un exer-cice long ct pénible , qui rebute & qui dé-courage néceíïairement par les nouveauxobstacles qui arrêtent à chaque pas, ct:fur-rout par ^incertitude des succès. Tousces phénomènes isolés, ces prétendues bi-zarreries des opérations, ces variétés desproduits, toutes ces singularités dans lesrésultats des expériences, que les demi-chymistes mettent fur le compte de Part,ou des propriétés inconnues des matièresqtPils emploient , peuvent être attribuéesallez généralement à Pinexpérience de Par-tiste , & elles le présentent peu aux yeuxdu chymiste exercé. 11 ìParrivera que très-rarement à celui-ci, peut-être même ne luiarrivera-t-ii jamais d'obtenir un certain,produit, ct de ne pouvoir jamais parvenirà le retirer une seconde fois des mêmesmatières. L’artiste dont nous parlons nes'avilera jamais d'estimer les degrés de cha-leur qssil emploie par le moyen des ther-momètres , ou la succession des gouttesdans une distillation , par la pendule à se-condes ; il aura, comme disent très-íen-sément les ouvriers , son thermomètre aubouc des doigts , & Ion horloge clans latête ; en un mot, il se dirigera dans tou-tes les manœuvres ordinaires , dans lesopérations journalières , fur les indicesgrossiers & sensibles, qui font toujourspréférables à cause de leur commodité,tant qssils font suffisans. Or on parvientpar Phabitude à estimer avec beaucoup deprécision , par leur íeul secours , la plupartdes phénomènes chymiques ; ct toutes lesmesures artificielles qu’on voudroit leursubstituer, sont cPun emploi rrès-difficile ,pour ne pas dire impossible , & notam-ment les thermomètres , aussi ridiculesdans le tablier cPun chymiste manœu-vrant , que dans la poche d’un médecinvisitant les malades. Mais ce n’est pas àcet avantage que se borne futilité de Pha-bitude du travail, c’est dans les phénomè-nes qui en naissent à chaque pas, que lechymiste qui fait voir, puise les comtois-