84 CIG
d’après les observations de Bowle, que lapoudre des racines de ciguë , donnée à ladose de vingt grains darfsda fìevre quarte,avant le paroxysme, est au dessus de tousles diaphoniques. M. Reneaume, médecinde Blois (obficrv. A & 4 ,J , dit en avoir faitprendre , avec beaucoup de succès, unedemi-dragme en poudre dans du vin , &jusqu’à deux dragmes en infusion pour lesskirrhes du foie Lc du pancréas ; mais ce mé-decin n’a jamais guéri des skirrnes, & 11 Ionobservation étoit vraie , elle prouveroit feu-lement que la racine de ciguë n est pastoujours nuisible.
Nous croyons cependant avec les plussages médecins, que le plus prudent est des abstenir dans nos climats de 1 usage internede cette plante. Elle y est aster venimeusepour se garder de la donner intérieurement ;car elle cause des stupeurs 8c autres accidensfâcheux. Son meilleur antidote est le vinai-gre en guise de vomitif, avec de loximeltiede en quantité suffisante, pour procurer& faciliter le vomissement.
Elle ne pajsoit point pour venimeuse à Rome.Ce qui est néanmoins singulier , Sc dont ilfaut convenir, c’est que la ciguë ne pastoitpoint à Rome pour un poison , tandis qu àAthènes on n en pouvoir douter ; à Romeau contraire on la regardoit comme unremede propre à modérer & à tempérer labile. Perle , satyre V, vers 145 , dit là-deflus :
bilis
Intumuìt , quarn non extinxerit urnacicutœ.
Horace en parle austì comme d J un remede, <dans fa seconde épître , liv. II, vers gg :
Sed quod non défit habcntcm
2 uœ potcrunt unquàm satis expurgare cicutce ?Ni T71pfri/<c flnvmìrp mitPin aUCITTI ÇcVîbtTC Verfas
" Présentement que j'ai plus de bien qu il» ne m en faut, ma folie ne seroit-elle pas» a 1 epreuve de toute la ciguë , li je n etoisw persuadé qu il vaut mieux dormir que de» faire des vers».
Pline , 7 /V. XIE , chap. xxij , vante la ciguëpour prévenir l’ivreste , & prétend qu’on enpeut tirer plusieurs remedes. Lescale rapportequelque part, que voyageant en Lombar-die , cn lui servit de la salade où il y avoitde la ciguë ; ce qui f étonna fort : mais qu il
C I G
revint de fa surprise quand il sut que les gensdu pays en mangeoient, & qu’ils n en étoientpoint incommodés. Les chevres en broutentla racine, & les oiseaux en mangent la grainesans inconvénient; mais les effets des plantesfur les animaux ne concluent rien pourl’homme, & toutes les autorités qu’on vientde citer ne sauroient contre-balancer le poidsde celles qu’on leur oppose. Il reste toujourscertain, par le grand nombre d’exemplesfunestes rapportés dans les Transacl. philos.dans les M.ém. de i’acad. des Sc. dansWepfer ,& ailleurs, que toutes les especes de ciguëfont venimeuses.
Nous Vemployons extérieurement. On doitdonc se contenter de s’en servir pour Inappli-cation extérieure, dc de cette maniéré on enfait usage avec succès. Ses feuilles font adou-cissantes & résolutives ; bouillies avec dulait, on les applique fur les hémorrhoïdes 8çfur les endroits où la goutte se fait sentir. Lecataplasme de feuilles de ciguë pilées avec deslimaçons , & malaxées avec les quatre fari-nes résolutives , est vanté pour l’inflamma-tion des testicules , les douleurs de goutte 8cde sidatique. Henri d’Heer , obscr. 7 , lesrecommande bouillies dans seau de fleursde sureau avec un peu de camphre, pourl’in-flammation 8c la tumeur de la verge quivient déchaussement. En général, les feuilles& les racines font estimées pour amollir lestumeurs skirrheuses des parties externes 8cdes viscères du bas-ventre , fur-tout du foie& de la rate. Cest dans le même but quenos apothicaires préparent une emplâtre deciguë , qui passe pour un bon fondant. Onemploie àuslî la ciguë dans l’emplâtre diabota-num de Blondel.
Description de là petite ciguë. Il y a uneautre elpece de ciguë , cicuta minor offre.qu’on substitue à la précédente dans les bou-tiques pour l’usage externe ; & elle ne diffèrede la premiere qu en ce qu’elle est plus petite ,que là tige n’est point maibrée de taches rou-geâtres , & que son odeur n’est point austìforte ; du reste elle a les mêmes propriétés ,mais moindres. On a nommé cette derniereefpece de ciguë , le persil des fous , par lagrande ressemblance de ses feuilles à cellesdu persil ; ressemblance qui a trompé quel-ques personnes, 8c les a presqu’empoison-nées.