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Observation sur la coupe de ciguë que butSocratc. Lorsque le bourreau d’Athenes vintprésenter à Socrate la coupe de suc de ciguë,il l’avertit de ne point parler , pour que lepoison qu’il lui donnoit opérât plus promp-tement. On ne voit pas comment les effetsdu poison pouvoient être accélérés par lesilence de la personne qui le prenoit : maisque ce fût un fait ou un préjugé , le bour-reau n agifloit ainli que par avarice , & dansla crainte d'être obligé, suivant la coutume,de fournir à ses dépens une nouvelle dosede ce breuvage ; car Plutarque remarquedans la vie de Phocion , tome VI de Dacier,page 40g , que comme tous ses amis eurentbu de la ciguë . 8c qu VI n’ eu rt stoit plus pource grand Homme , 1 exécuteur dit qu st n enbroieroit pas davantage , si on ne lui don-noit douze drachmes (aujourd'hui, 1777,environ neuf livres dix fous de notre mon.noie ) , qui étoit le prix que chaque dosecoutoit : alors Phocion voulant eviter tôutretard , fit remettre cette somme à l’exé-cuteur ; “ puisque , dit-il , dans Athènes il« faut tour acheter, jusqu’à sa mort ». Articlede M. le chevalier DE JAUCOURT.
Emplâtre de ciguë de la pharmacopée deTaris , édition de ijgx : poix-résinc 2.8
onces ; cire jaune 20 onces ; poix blanche 14onces ; huile de câpres 4 onces ; de la ciguëécrasée 4 livres : faites cuire le tout selonPart, jusqu'à la consommation de l'humi-dité ; passez par un linge, en exprimantfortement Pex,pression ; étant un peu refroi-die , délayez - y une livre de gomme ammo-niac , auparavant dissoute dans du vinaigrescillitique & du suc de ciguë , & à laquelleon aura donné par la déification une consis-tance emplastrique ; ce qui étant exactementmêlé , Pemplâtre sera faite.
Ciguë aquatique, (Bot.) cicuta aqìia-tìca velpaluflris , phellandrium ojf.
Cette espece de ciguë pousse une tigeépaisse, creuse , cannelée , & pleine denœuds, moins haute que celle de la ciguëordinaire , divisée en plusieurs branches ,d'où sortent des feuilles ailées, plus mincesLc plus tendres que celles de la ciguë. Sesfleurs naissent en parasols, & font fort petitesa proportion de la plante ; elles font blan-ches, avec un œil rougeâtre. Sa racine estcomposée d’ún grand nombre de fibres , qui
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partent des nœuds qui se trouvent au bas dela tige. Lá ciguë aquatique croît dans lesfossés 8c les étangs, & fleurit au mois dejuin. Elle passe pour être de la même nature& avoir les mêmes qualités que la ciguë ordi-.naire ; mais 011 Pestime beaucoup plus veni-meuse , ce qui fait même qu'on P emploierarement dans les boutiques.
Les observations fournies par le hasard ontjustifié que ses effets font mortels , &c quel-quefois promptement ; du moins M. Jaugeona rapporté à Pacadémie des sciences, quetrois soldats allemands, partis d’Utrecht aucommencement du printemps de 1714 ,moururent subitement tous trois en moinsde demi-heure pour avoir mangé de la cìcu~.tari a paluflris , qu’ils prenoient pour le cala-mus aromaticus, propre à fortifier Pestomac.Il y a en effet une espece de phellandrium ouciguë aquatique , à feuille d'ache sauvage »qui est odorantearomatique , & qui trom-peroit des gens plus habiles que ne le fontcommunément des soldats. On trouva à Pun.de ceux-ci les membranes de Pestomac per-cees d outre en outre ; & aux deux autresseulement corrodées. Dans tous Pestomacétoit plein d’une écume blanchâtre ; le restedes viscères du bas-ventre peu altérés ; lespoumons & les muscles du cœur flasques 8cflétris ; & les vaisseaux pleins d’un sanA toutfluide. Wepfer ( Jean-Jacques ) rapporteaussi plusieurs exemples , moins prompts àla vérité, mais également funestes, des effetsde cette plante.
Comme nous avons de cet auteur un traitécomplet fur cette matière, imprimé d’abordà Schaffouze en 1679 , in-4 0 . à Leyde en1733 , in-8°. 8c qui est entre les mains detouc le monde , nous nous dispenseronsd’entrer dans de plus grands détails. Voye[Poison. Article de M. le chevalier DEJaucou rt.
Nous ne croyons pourtant pas pouvoirnous dispenser d’indiquer les secours les plusefficaces contre ce poison , d’après le traite-ment du même Wepfer , dont le succès aété confirmé par plusieurs expériences posté-rieures.
Cet auteur recommande d’abord d’éva-cuer le poison qui se trouve dans l’estomacpar la voie la plus abrégée 8c la plus sure,c’est-à-ffire par Ix vomissement, qu il ne