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Tome huitième.
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CINNABRE , OU CINABRE 3 f. m.C Hijl. nat. minéralogie & chymie. ) On endistingue jde deux eípeces ; i’un est naturel ,& Te nomme cìnnabarìs nativa ; l’autre estartificiel , cìnnabarìs faclitia.

Le cinnabre naturel est un minéral rouge,très - pesant, plus ou moins compact ; iln’aíFecte point de figure déterminée à l’exté-rieur ; cependant on le trouve quelquefoisfous une forme sphérique ; intérieurement ilest ou solide , ou grainelé , ou strié. Sa cou-leur est plus ou moins vive , à proportion dela quantité des parties terrestres ou hétéro-gènes avec lesquelles le cinnabre est mêlé ;c’est ce qui fait qu'st y en a d’un rouge très-Vif, de pâle , d'un rouge mat comme la bri-que , & d’un brun pourpre ou rougeâtrecomme la pierre hématite.

Le cinnabre naturel est une combinaisonfaite par la nature, du mercure avec uneportion de soufre ; ou c’est une sublimationde ces deux substances opérée par la chaleurdu feu souterrein , qui produit une union llétroite , qu il faut avoir recours à faction dwfeu pour les séparer ; c’est ce qu'on fait enmettant le cinnabre dans une cornue , pourséparer le mercure d’avec son soufre : maiscomme ces deux matières font volatiles, onest obligé d’y joindre un intermède, fansquoi le soufre se sublimerait avec le mercure& formerait un nouveau cinnabre. L'inter-mède dont on se sert est ou de la limaille defer , ou de cuivre , du régule d'antimoine,de la chaux , ou enfin du sel alkali fixe ; l'ona la précaution de bien mêler & de triturerl’une de ces matières avsc le cinnabre avantque de les mettre en distillation. Le cinnabre,quand il est bien pur , contient 5 à l de mer-cure , contre í ou | de soufre. Il n'est pointbesoin de récipient dans cette distillation ; ilsuffit pour recueillir le mercure, que le bec dela cornue trempe dans un vaiíleau pleind’eau. Cette opération s’appelle revivijîcation.

M. Henckel dit que les matrices dans les-quelles le cinnabre se forme, sont aussi variéesque celles des autres métaux. On en trouvedans le quartz , le spath , le mica , la pierrecalcaire, le grais , la mine de fer , la minede plomb en cubes ou galene , la blende, lamine de cuivre, & dans les mines d'or &d’argent, comme on le peur voir dans cellesde Chmnitz & de Krcmnitz en Hongrie. Ce

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savant minéralogiste dit qu’il n’a point ob-servé s’il s’en trouve dans les mines d'étain ,de cobalt, & d’antimoine.

Le cinnabre a auísi des filons qui lui fontparticuliers ; on en trouve dans plusieurs en-droits. Les principales mines qui en four-nissent , sont celles de Kremnitz en Hon-grie , Hydria en Esclavonie , Horowitz enBohème : la Carinthie & le Frioul en don-nent beaucoup de la meilleure espece ; ailPérou il y a la mine de Guancavelica ; enNormandie il s'en trouve près de Saint-Lo,mais la plus riche mine de cinnabre est celled’Almaden en Espagne , dans la Manche ,fur la frontière de l’Estramadure ; elle étoitdéja célébré du temps des Romains, & Plineen parle, liv. XXXIII, ch. vij.

M. de Juísieu après avoir été fur les lieux,a donné en 1719 à l’académie des sciences ,un mémoire très-circonstancié fur cette fa-meuse mine, & sur la maniéré dont on ytire l e mercure du cinnabre. Comme cetteméthode est très-ingénieuse , nous allons endonner un précis d'après le mémoire de cesavant naturaliste.

Les veines de la mine de cinnabre d’Al-maden font de trais especes. La premiersqui est la plus commune , est une roche gri-sâtre , entremêlée de nuances ou de veinesrouges, blanches & cristallines; on briseces pierres pour en tirer la partie la plusrouge , qui fait la seconde espece ; la troi-sième est dure , compacte , grainelée , d’unrouge mat comme celui de la brique. Quandon a fait le triage de ces morceaux de mi-ne , 011 les arrange dans des fourneaux quisont joints deux à deux , & forment unquarté à l’extérieur ; intérieurement ils res-semblent à des fours à chaux , & sont ter-minés par une voûte ou dôme. On y placeles morceaux de mine, en observant de lais-ser un vuide d’un pré & demi ; on allumele bois qui est fur la grille du foyer , & l’onen bouche exactement l’entrée. Le fourneauest adoíïé contre une terrasse qu’il exceded’un pié & demi ; & dans cette partie dufourneau qui déborde , il y a seize ouver-tures ou soupiraux placés horizontalementles uns à côté des autres , ils ont sept pou-ces de diamètre. La terrastè a cinq toisesde longueur ; elle aboutit à un petit bâti-ment , dans lequel il y a auísi 16 ouvertures

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