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plus ménager le feu que dans les précéden-tes , & mouler la cire auíïì-tôt qu’elle estfondue ; car c’est une réglé générale que lacire brunit à chaque fonte : & fi on la laissoittrop long-temps exposée à faction du feu ,au lieu d’étre onctueuse , elle deviendroitíeche & casante, ce qui est réputé au moinsún grand défaut dans les bonnes manufac-tures ; quoique , dans quelques blanchisseriesòù on fait de la cire commune, on présurecette cire parce qu’elle souffre mieux le mé-lange de la graillé.
On reconnoît que la cire jaune en pain aété sophistiquée par le mélange de graisse,ou à la saveur, ou en la mettant sous ladent. Après avoir mordu la cire, si , enséparant les dents, on entend un pent bruit,c est signe que la cire n est point alliée degraillé , & le contraire fait juger qu’on y aintroduit de la graillé.
La cire jaune est employée par les menui-siers & les ébénistes pour donner du lustre àleurs ouvrages, aussi-bien que par les flot-teurs des planchers des appartemens. On enfait aussi des bougies pour la marine, parceque dans les pays chauds, le suif devient tropcoulant. C’est cette cire jaune qu’on emploiepour faire différons onguens, des cérats &des mastics ; les sculpteurs en font une com-position mêlée de graisse pour faire leursmodelés.
Plusieurs de nos provinces nous four-nissent de la cire jaune, savoir , la Cham-pagne , s Auvergne , f Anjou, le Bourde-lois , la Normandie , la Bretagne, la So-logne , mais on est encore obligé cfen ti-rer de l’étranger ; on en tire du Levant &du Nord.
Comme la plus grande partie de la cirene s’emploie qu’après avoir été blanchie ,nous allons présenter s idée de cette opé-ration.
Les pratiques employées poar blanchirla cire jaune font à-peu-près les mêmes danstoutes les blanchisseries du royaume. S’il ya des cires plus lèches les unes que les au-tres , c est parce que ceux qui les blanchis-sent les allient avec moins de suif, ou qu ilsny en mettent point du tout : s'il y en ade plus blanches & de plus tranlparentesles unes que les autres, c est que les blan-chisseurs entendent mieux leur art, & qu ils
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apportent plus d’attention à leur travail,& encore parce qu’il se trouve des ciresjaunes qui blanchissent mieux & plus faci-lement îes unes que les autres.
Les cires de pays de vignobles ne blan-chissent que très-difficilement , & mêmeelles ne blanchiraient pas si on ne les al-lioit avec du luis, qui, par fa blancheur,fait disparaître le jaune : on y mêle jus-qu’à vingt-cinq & trente livres de suif surun quintal de cire. Comme il y a aux en-virons de Rouen quelques manufactures debougies où son ne travaille que des ciresde cette espece , on connoît à Paris des ci-res communes & mélangées fous le nomde cires de Rouen ; on les reconnoît aisé-ment en ce que la cire est d’un blanc mat,& réels jamais si claire ni si transparenteque les belles bougies. On les achete àmeilleur marché que les bougies faites debonne cire , mais elles ne font pas le mê-me profit, parce qsselles lé consument pluspromptement, il n’y a que quelques célé-brés blanchisseries où l’on fabrique la cirefans aucun alliage. On ajoute d’ordinairedans les autres une petite quantité de grais-se à la fonte de la cire jaune : le mieuxest d’employer le suif de mouton le plusferme , celui qui est auprès des rognons ;pour le préparer à ce mélange , on le fond& on le bat avec du vinaigre.
La cire ne doit fa couleur jaune qu’àune substance grasse : la preuve en est quela cire jaune est plus onctueuse que la blan-che. Cette huile colorante est moins fixeque la vraie cire, car la rosée & princi-palement le soleil l’enlevent. On s’attachefeulement à diviser la cire , de maniéré àprésenter le plus de surface possible ; pourcer effet, on la fait fondre dans une gran-de chaudière ; lorfqu’elle est fondue , onla fait couler dans une cuve de bois, éle-vée de cinq à six piés de terre , que l’oncouvre avec un couvercle qu’on enveloppeavec des couvertures ; on la laisse pendantquelques heures dans cet état pour que lescrasses se déposent au fond ; on fait en-suite couler la cire fondue par un robinetde bois, on la reçoit dans une passoire cri-blée qui , en la íaistant échapper par sestrous, retient toutes les ordures. La ciretombe de la passoire dans la grélaire, qui est