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Tome huitième.
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prophétie de sa naissance. Ce sentimentde M. Sike n est pas nouveau ; Grotius sa-voir imaginé , & M. Richard Simon fasoutenu ; mais M. Bossuet en a pleinementdémontré la fausseté , aussì-bien que le P.Balthus jésuite , dans le savant ouvrageintitulé défense des prophéties , qui parut en1738, 6 c auquel nous renvoyons le lec-teur. On peut encore consulter à ce sujetMaldonat, dans son commentaire sur lefécond chapitre de S. Matthieu , où il don-ne quatre réglés pour juger des citations^ &discerner les prophéties accomplies littéra-lement dans sesus-Christ , d’avec celles quin’y ont été accomplies que dans un sens«^accommodation : réglés simples, beau-coup plus sûres & moins équivoques quecelles des trois derniers auteurs protestansdont nous venons de parler. (G)

Il ne fera pas inutile de rapporter iciquelques usages en matière de citations ,soit théologiques , soit de jurisprudence.

Parmi les livres sapientiaux de l’écrituresainte , il y en a un qni a pour titre l’ec-cléjìafte , nnxrûç , concionator, Sc un au-tre appellé \‘ecclésiastique , s**a* 07 «í-(*»V, ec-clejiafticus , concionalis : quand on cite lepremier, on met en abrégé eccle, au lieuque quand on rapporte un passage du se-cond , on met eccli. ensuite on ajoute le cha-pitre & le verset.

Comme la somme de S. Thomas est sou-vent citée par les théologiens, il faut ob-server que cette somme contient trois par-ties , & que la deuxieme partie est diviséeen deux parties, dont la premiere est ap-pellée la premiere de la deuxieme , & ladeuxieme Rappelle la deuxieme de la deuxie-me. Chaque partie est divisée en questions,chaque question en articles ; chaque articlecommence par les objections , ensuite vientle corps de l’article , qui contient les preu-ves de l’assertion ou conclusion , après quoiviennent les réponses aux objections, &cela par ordre, une réponse à la premiereobjection, £’c. il e st facile maintenant decomprendre la maniéré de citer S. Tho-mas : s’il s’agit d un passage de la premierepartie , après avoir rapporté le passage, onmet par ex. I. p. a ‘h c'est-à-dire pri-ma parte , qucefiione prima , articulo primo.Si le passage çst tiré du corps de l’article

C I T

où font contenues les preuves , on ajoutein c. ce qui signifie in corpore articulì.

Si le passage est pris de la réponse auxobjections, on cite ad r. c’est-à-dire à laréponse à la premiere objection ; ainsi de la.deuxieme objection, de la troisième, &c.

A 1 égard de la deuxieme partie de las°^ me de S. Thomas , comme elle est di-visée en deux parties , si le passage est tiréde la premiere partie, on met un J & un2 . c est-à-dire in primâ parte fecundce partis.

Si le passage est tiré de la seconde partiede cette seconde partie , on met II. %. c’est-à-dire fecundd ficundx , dans la sous divisionou deuxieme partie de la deuxieme partie dela somme de S. Thomas. (F)

Citations de Droit , ( Jurifprud. )sont les textes de droit que l’on indique pourappuyer ce qui est avancé.

Les citations fréquentes en plaidant fu-rent introduites fous le président de Thou.Pasquier , en parlant des avocats de cetemps, dit que erubescebant fine lege loqui :ils choient non-selement des textes de droit,mais aussi les historiens , les orateurs, lespoètes , & la plupart de ces citations étoientsouvent inutiles & déplacées.

Les jurisconsultes du xvj c siecle sont tom-bés dans le même excès par rapport auxcitations ; leurs écrits en sont tellement char-gés , que l’on y perd de vue le fil du discours,& l’on y trouve beaucoup plus de citationsque de raisonnement.

Quelques-uns tombent présentement dansun autre excès, soit en plaidant, soit enécrivant ; ils ont honte de citer , & fur-toutdes textes latins , qui semblent être aujour-d’hui moins familiers qu’autresois. Ce genred’érudition est regardé par certaines genscomme un bagage d’antiquité dont on ncdoit plus se charger : c’tst une opinion quel’ignorance a enfantée , & que la paresse■ nourrit. On ne doit pas recourir à des cita-tions peu convenables au sujet, ni s’arrêter àprouver ce qui n’est pas contesté ; mais il esttoujours du devoir .de l’avocat & du juris-consulte de citer les loix 8c autres textes quiétablissent une proposition controversée ; ildoit seulement user modérément des cita-tions , ne pas en surcharger son discours, 8cfaire choix de celles qui sont les plus précises8c les plus frappantes.