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Tome huitième.
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-8r CI T

9 .voient subi ce jugement ,- n’étoient qu e-loignés.. _ . _

Pour constituer un véritable citoyen ro-main , il falloit trois choses : avoir son domi-cile dans Rome.être membre d'une destrente-cinq tnbus, & pbuvoir parvenir aux dignitésde la république. Ceux qui n avoientque parconcession & non par naissance quelques-uns des droits du citoyen , iTétoient , à pro-prement parler , que des honoraires. Vjye^Cite , Jurisprudence.

Lorsqu on dit qusil se trouva plus de qua-tre millions de citoyens romains dans le dé-nombrement qh Auguste en fit faire, il y aapparence qffon y comprend & ceux qui ré-lidoient actuellement dans Rome , & ceuxqui répandus dans Tempire , iTétoient quedes honoraires.

Il y avoit une grande différence entre uncitoyen 6c un domicilié. Selon la loi de inco-lìs , la feule naissance faisoit des citoyens , &donnoit tous les privilèges de la bourgeoisie.Ces privilèges ne s acquéraient point par letemps du séjour. Il if y avoit sous les consulsque la faveur de Tétât, & fous les empereursque leur volonté qui pût suppléer en ce casau défaut d’origine.

C'étoit le premier privilège dsim citoyenromain , de ne pouvoir être jugé que par lepeuple. La loi Portìa défendoit de mettre amort un citoyen. Dans les provinces memes Ail n étoit point soumis au pouvoir arbitraired’un proconsul ou dsim propréteur. Le civisfum arrêtoit sur le champ ces tyrans subal-ternes. A Rome , dit M. de Montesquieu,dans son livre de {‘esprit des loix , liv. XI,chap. xix, ainsi qu a Lacédémone , la libertépour les citoyens & la servitude pour les escla-ves, étoient extrêmes. Cependant malgré lesprivilèges, la puissance & la grandeur deces citoyens , qui faisoient dire à Cicéron( or. pro M. Fonteio ) an qui amplijfimusGallice cum infimo cive romano comparandusefi ? il me semble que le gouvernement decette république étoit si composé, qffonprendroit à Rome une idée moins précise ducitoyen , que dans le canton de Zurich. Pours en convaincre , il ne s'agit que de peseravec attention ce que nous allons dire dans

le reste de cet article.

Hobbes ne met aucune différence entre lesujet 6c le citoyen q ce qui est vrai, en prenant

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le terme de sujet dans son acception stricte,6c celui de citoyen dans son acception la plusétendue; & en considérant que celui-ci estpar rapport aux loix seules, ce que Taurreest par rapport à un souverain, fis iont éga-lement commandés, máis Tun par un êtremoral, êcTautre par une personne physique.Le nom de citoyen ne convient ni à ceux quivivent subjugués, ni à ceux qui vivent isolés;cf où il s’ensuit que ceux qui vivent absolu-ment dans Tétât de nature , comme les sou-verains ; 6c ceux qui ont parfaitement re-noncé à cet état, comme les esclaves , nepeuventpoint être regardés comme citoyens ;à moins qu’on ne prétende quilìTy a pointde société raisonnable où il n’y ait un êtremoral, immuable , 6c au-dessus de la per-sonne physique souveraine. Puffendorff, tanségard à cette exception, a divisé son ouvra-ge des devoirs en deux parties, Tune desdevoirs de Thomme , Tautre des devoirs ducitoyen.

Comme les loix des sociétés libres de fa-milles ne font pas les mêmes par-tout, 6ccomme il y a dans la plupart de ces sociétésun ordre hiérarchique constitué par les digni-tés , le citoyen peut encore être considéré 6crelativement aux loix de la société , 6c rela-tivement au rang qusil occupe dans Tordrehiérarchique. Dans le second cas, il y auraquelque différence entre le citoyen magis-trat 6c le citoyen bourgeois ; 6c dans le pre-mier , entre 1 1 citoyen d’Amsterdam 6c celuide Bile.

Aristote , en admettant les distinctions desociétés civiles 6c d’ordre de citoyens danschaque société , ne reconnoît cependant devrais citoyens que ceux qui ont part à la ju-dicature , 6c qui peuvent se promettre depalíer de Tétat de simples bourgeois aux pre-miers grades de la magistrature ; ce qui neconvient qu aux démocraties pures. Il fautconvenir qusil ify a guere que celui qui jouitde ces prérogatives , qui soit vraiment hom-me public ; 6c qu on n a aucun caractère dis-tinctifdu sujet 6c du citoyen , sinon que cedernier doit être homme public , 6c que lerôle du premier ne peut jamais être que ce-lui de particulier , de quidam.

Puffendorff, en restreignant le nom d?citoyen à ceux qui par une réunion premiere

de familles ont fondé Tétat, 6c à leurs suc-