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Les monocordes , appelles aussi clavicordes, 'minent plu- de conlidération. ils font fortagréables quand on ies joue tout buis ; leurfou est extrêmement doux , vu que ce n’estpas le pincement d’une plume, comme unclavecin , qui tait frémir la corde , mais unepet.te lame de laiàa fichée dans la partiepostérieure du clavier , qui, en élevant lacolite, le fait sonner. On peut exécuter íurcet instrument toutes les pieces de clavecin ;il si. r t auiìi très-bien pour 1 accompagnementd'une voix, flûte ou violon. C’est dommageque ces sortes d’instrumens ne soient pasconnus en France. On en fait d’exceliensclans la haute Allemagne , ainsi que des cla-vecins à deux claviers, fur-tout dans les vil-les de Dresde, Berlin , Dantzick & Ham-bourg. Dans ces mêmes villes on fait auíïïdes clavecins en obélisque ou pyramide : leurscordes étant placées perpendiculairement audessus du clavier, ils tiennent moins déplacéidans les appartemens, & font un meubleassez agréable ; mais pour les concerts, ilsdeviennent inutiles , à cause de la difficultédc les placer avantageusement avec tout 1 or-chestre.
Depuis un certain temps on fait venir àParis des clavecins à marteau , appellés forte-piano , travaillés très-artiftement à Strasbourg
f ar le fameux Silbermann. Ces clavecins, dontextérieur est tout en bois de noyer le pluspropre 8c le plus luisant, sont faits en sorteque chaque clavier fait lever une espece demarteau de carton enduit de peau, qui frappecontre deux cordes uuissonnes , ou contreune feule si l’on veut. Ils ont cet avantage ,que 1 appui du doigt, plus fort ou plus foi-bie, détermine la force ou la foiblesse duson. Ils font fort agréables à entendre, sur-tout dans des morceaux d’une harmoniepathétique , & ménagés avec goût par celuiqui l’exécute ; mais ils sont plus pénibles àjouer , à cause de la pesanteur du mar-teau, qui fatigue les doigts, & qui mêmerend la main lourde avec le temps.
Clavecin a roue, {Luth. ) j’appelleainsi un clavecin , dont probablement l’in-yenteut a tiré ndee de la vielle.
Comme je clavecin ordinaire n a ni tenue,m piano , ni forte , oudu moins, point dedifférens degrés de piano & de forte ^plu-sieurs personnes ont cherché à remédier à
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ces défauts. Ces rt cherches ont mené unbourgeois de Nuremberg , nommé JeanHayden, qui vivou au commencement dudix-septieme siécle, à i’mvent ondel’instru-ment suivant : cependant Galilée & d’autresauteurs prétendent que cette invention estplus ancienne.
Le clavecin à roue est , quant au corps,exactement semblable au clavecin ordinaire ;mais au lieu de fautereaux il a cinq ou sixroues d’acier , fur chacune de!quelles estcollée une bande de parchemin bien unie ;on frotte ce parchemin de colophane commeies archets , ou , ce qui vaut mieux, avecde l’huile d’afpic, où l’on a fait dissoudre dela colophane : ces roues d’acier font mises enmouvement par une grande roue qui estdans le corps de l’instrument & par quel-ques cylindres. Le musicien fait aller lui—même la grande roue avec le pié , commecelle du rouet, ou bien un homme la faitaller avec la main.
Les cordes font toutes d’acier , celles quidonnent les sons les plus graves font envi-ronnées de parchemin , en sorte que les plusgrosses sont à peu près comme les cordesd’une contre-basse. Les cordes qui donnentles sons aigus, ne sont point garnies de par-chemin.
| Toutes ces cordes font tendues commedans un clavecin ordinaire, mais chacunepasse de plus dans un petit anneau qui tientà la touche correspondante , enforte quequand on baisse cette touche, la corde vientfrotter la roue, & produit un son sembla-ble à celui du violon ou plutôt de la vielle ;il est clair que tant qu’on tient la touchebaissée, la corde frotte & le ton a de la te-nue ; il est encore également clair qu’en ap-puyant plus ou moins fort, on peut produirele piano , le forte Sc le crescendo.
J’ai vu un instrument de ce genre à Ber-lin ; celui qui l’avoit construit, avoir substi-tué des cordes de boyaux, aux cordes di-cter , 8c une espece d’archet aux roues cou-vertes de parchemin : cet archet étoit unelarge bande formée par un assemblage denombre de crins de cheval, noués à unbout ; cette bande de crins qui sormoit unanneau, passoit sor deux cylindres, enforteque quand ces derniers tournoient, la bandede crins marchoit continuellement comme
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