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laire a vingt ou trente façons de produire lessons, par des cordes ; des tuyaux , des voix,des violons , des basses , des lyres , des gui-tares, des clavecins , des épinettes, des haut-bois , des flûtes ; des fifres , des flageolets ,des bassons, des ferpens , des trompettes ,des orgues, ùc. la musique oculaire auraautant de façons correspondantes de pro-duire les couleurs, des boîtes , des éven-tails , des soleils, des étoiles, des tableaux,des lumières naturelles , artificielles , & c.Voilà la pratique.
Les objections qu on a faites contre la mu-sique 6 c l'instrument oculaires se présententsi naturellement, qu il est mutile de les rap-porter : nous osons seulement assurer qu’ellesfont si parfaitement , sinon détruites , aumoins balancées par les réponses tirées dela comparaison des deux musiques, qu'il n'ya plus que ^expérience qui puisse décider laquestion.
La feule différence importante entre lesdeux clavecins qui nous ait frappée , c est quequoiqu'il y ait fur le clavecin, ordinaire ungrand intervalle entre fa premiere & fa der-niere touche , f oreille n'apperçoit point dedifeontinuité entre les sons ; ils font liés pourelle comme si les touches étoient toutes voi-sines , 'au lieu que les couleurs feront distantes8c disjointes à la vue. Pour remédier a cetinconvénient dans la mélodie ÔC 1 harmonieo culaires , il faudroit trouver quelque expé-dient qui liât les couleurs , Ôc les rendit con-tinues pour l’œil ; sinon , dans les airs d'unmouvement extrêmement vif, Pœil ne sa-chant quel intervalle de couleurs on va faire,ignorera, après avoir vu un ton, où il doit fe ;porter pour appercevoir le ton suivant, & nesaisira dans une batterie de couleurs quequelques notes éparfes de tout un air coloré,ou fe tourmentera si fort pour les saisir toutes,qu il en aura bientôt la brelue ; & adieu lamélodie 8c Pharmonie. On pourroit encoreajouter que quand on les saisirait, il ne feraitpas possible qu'on les retînt jamais, & qu'oneût la mémoire d'u n air de couleurs, commeon a celle d'un air de sons.
• Il semble que les couleurs d un clavecinoculaire devroient etre placees fur une feulebande étroite , verticale & parallèle , à lahauteur du corps du musicien ; au lieu quetes cordes d’un clavecin, auriculaire font pla-
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cées dans un plan horizontal & parallèle à lalargeur du corps du musicien auriculaire.
Au reste , je ne prétends point donner àcette objection plus de valeur quelle n'en a :pour la résoudre , il ne faut que la plus petitepartie de la sagacité que l’invention du cla-vecin oculaire suppose.
On ne peut imaginer une pareille machinesans être très-versé en musique ôc en optique ;on ne peut f exécuter avec succès fans êtreun rare machiniste.
Le célébré P. Castel jésuite en est Pinven-teur; il Pannonça en 172.5. La facture decet instrument est si extraordinaire , qu iin'y a que le public peu éclairé qui puiflè seplaindre qu'il se faste toujours & qu'il nes'acheve point.
* CLAVETTE , f. f. (Arts mkh.) cestcommunément un morceau de fer plat, pluslarge par un bout que par l’autre , en formede coin, que Pon iníere dans Pouverture d'unboulon en cheville de fer pour le fixer. Ilarrive quelquefois à la clavette d'être fendueen deux par son bout étroit ; alors on écarteces deux parties dont la divergence empêchela clavette de sortir de Pouverture du boulon :quelquefois ce coin plat étant fait d'un mor-ceau de fer mince, replié en double fur lui-même , le bout étroit n'a pas besoin d errefendu pour arrêter la clavette ; il suffit d'écar-ter par le petit bout les deux lames de fer ,qui appliquées l'une fur l'autre forment lecorps même de la clavette. Les clavettes fontemployées dans une infinité d'occasions. Lestourneurs en fer donnent ce nom , ôc auxcoins de fer qui fervent à serrer les poupées& les supports fur les jumelles du tour , 6 caux chevilles de fer qui fixent les canonsfur la verge quartée de l’arbre du tour enovale , Ôc aux chevilles en bois ou aux fichesde fer qu’ils placent de distance cn distancefur la barre d'appui. Voyez Tour.
CLAVICULE , f. f. terme d’anatomie , estle nom de deux os situés à la base du cou &au haut de la poitrine. Voyez les planchesd’Anat, (OJlêol.) voye £ aujsiles articles Cou ,Thorax , &c.
Elles font un peu courbées à chaque bout,mais en sens opposés, ensorte quelles res-semblent à peu près à une S qui ferait cou-chée. On les a appellées clavicules , parcs, qu'eUes font comme les dés du thorax,