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Tome huitième.
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plus grandes que si la cause que nous imagi-nons, existoit réellement en nous.

Ce qui est digne de remarque , c’est quenous avons coutume de reprocher aux per-sonnes qui nous tiennent long-temps en sus-

Î iens, & en même temps fort attentifs pares circonlocutions d’un discours qui nousannonce quelque cas grave : nous avons ,dis-je , coutume de leur reprocher qu ilsnous donnent un cockemar ; parce que 1 at-tention trop forte que prête notre ame, arretetellement en nous pour quelque temps, larespiration , que nous respirons ensuite avecbeaucoup de peine Sc de difhculte , quandnous relâchons notre poitrine & que l’atten-tion diminue.

Le cochemar pléthorique, c’est celui quise fait sentir à ceux qui dorment à la renver-se ; il peut être ausïì cause par la chaleur dulit, par le poids des couvertures , fur-tout sile vent du midi fouille, & par la pléthore ,quand on fait trop bonne chere , ou quel'on a souffert la suppression d’un écoulementsanguin ; car il n’y a rien de plus ordinaire

Î iue de voir dans ces circonstances, le sange porter au cerveau, & exciter des songesqui, dans les uns , produiront la panopho-bie , dans ceux-ci une gonorrhée lascive ;dans ceux-làle cochemar , sur-tout si le sangdemeure stagnant dans les poumons,.à causede leur relâchement précédent.

On prévient cette espece de cochemar Vaxla saignée , en mangeant peu , en se pafiantde souper, en se couchant sur le côté , & entenant sa tête plus élevée.

Le cochemar stomachique est celui qui estdéterminé par le poids du ventricule gonflépar les alimens qui ne font pas encore digé-rés , & qui est appuyé contre le diaphrà-me ; le cerveau étant engorgé par un chyle,grossier & abondant, qui épaissit lc sangsCeux qui en sont attaqués, ont la bouchemauvaise, des hoquets , des nausées, la têtepesante. Cette maladie attaque les gour-mands qui vont de la table au lit, & parti-culièrement s’ils se couchent à la renverse,Sc ia tête placée horizontalement. Les enfansy font plus sujets que les adultes ; elle estfuneste particulièrement aux gourmands :quant à i’objet du songe , il varie en raisondes mœurs du malade.

■ Car si les domestiques ont fait devant un

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enfant ou devant une personne d*un eíp tfoible » ces contes ineptes que les v iei Ilefemmes rapportent des esprits malins , desloups garous, & des faunes , cet enfant oucette personne rêvent qu’ils font opprimés Lesoûlés aux piés par ces monstres , ou qu’ilsastbuviílent leurs passions. Ceux qui, quandils veilloient, craignoient quelqu e chose desemblable des chats, des singes, ou d’autresanimaux médians, doivent rêver que cesanimaux les attaquent.

Le traitement exige l’émétiquc , les ca-thartiques , une nourriture médiocre. Lemalade doit s’abstemr de souper, de boiredu vin , de manger de la viande de lievre,de boire des liqueurs spiritueuses ; & si lesforces digestives de l’eítomac s’affoiblissent,les stomachiques amers, le quinquina , larhubarbe , l’aloës font propres à les ranimer..

Cette 'espece provenant de l’ivreffe & dela gourmandise, & sur-tout après avoir beau-coup mangé le soir, est la plus ordinaire detoutes ; & selon le différent caractère damalade , les insomnies & le siège des symp-tômes varient. L’homme lubrique rêve àl’acte vénérien, limée rapporte qu’un soldatcroyoit dans son sommeil, que sb n ennemil’étrangloit. Un de mes amis s’imaginoit êtreferré & comprimé entre les murs d’un esca-lier trop étroit ; d’autres font des rêves d’uneautre espece, mais ces affections font passa-gères , & ne demandent que le secours de la,prophylactique.

Le cochemar est souvent l’effetd’un hydro-céphale. Après des terreurs nocturnes & desattaques d’incube, mourut un jeune hommemélancolique, sujet aux vertiges, foible dela tête & de la vue. A l ouverture de son ca-davre , on trouva les veines du cerveau decouleur noire ; le cerveau étoit inondé depus ; le sinus gauche de ce viscère étoit gon-flé de pourriture & de mucus, le maladepenchoit toujours la tête du côté gauche.Bonet rapporte encore deux autres observa-tions au sujet des personnes attaquées decochemar , dans le cerveau desquelles les si-nus étpient distendus par de l’eau. C’eft-làce qui a fait naître l’opinion que le siège dacochemar étoit dans le quatrième sinus dacerveau, dans lequel la sérosité coulant lors-que la tête étoit renversée, occasionnoit cette

maladie ; mais je pense que ce principe da