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Les Indiens sont périr les cochenilles dèsqu ils les ont recueillies, parce que ces in-sectes qui peuvent vivre pendant quelquesjours, quoique séparées des plantes, feroientleurs petits, & que les petits se disperser oient,s’échapperoient du tas ; & feroient perduspour le propriétaire. On les plonge dans seauchaude pour les faire mourir ; ensuite on lesseche au soleil ; d'autres les mettent dans desfours, ou fur des plaques qui ont servi afaire cuire des gâteaux de maïs. Ces difte-rentes façons de faire mourir ces infectes,influent fur leur couleur : ceux que 1 on amis dans seau chaude, ont perdu une partied’une eípece de poudre blanche que l'on voltfur leur corps lorfqu'ils font vivans, ilsprennent une teinte de brun roux :on appellecette cochenille renegrída. Celle qui a été aufour est d’un gris cendré ou jaspé , elle a dublanc fur un fond rougeâtre ; on l’appellejafpeada. Enfin celle que l’on a mis fur lesplaques, est le plus souvent trop échauffée,&c devient noirâtre ; auílì lui donne-t-on lenom de negra.
Il y a deux sortes de cochenille ; l’une estpour ainíì dire cultivée , & l'autre sauvage.La premiere est appellée mejleque , parcequ’on en trouve à Meteque dans la provincede Honduras ; c’est celle que l’on feme pourainsi dire, Sc que l’on recueille dans les plan-tations de nopal : cette cochenille est la meil-leure. L’autre forte, que l’on appelle sylvestre ,croît, à ce que l’on dit, fur une eípece defiguier d’inde que l’on ne cultive point, &qui a plus de piquans fur íes feuilles que lenopal : elle fournit moins de teinture quel’autre. Les provinces du Mexique où on re-cueille plus de cochenille , font celles de Tla-sealla, de Guaxaca, de Guatimala, de Hon-duras , L-c. Il faut qu’il y ait bien des gensoccupés à ce travail : car on a calculé en1736 , qu il entroit en Europe chaque annéehuit cens quatre - vingt mille livres pesant decochenille dont il y avoir près du tiers de co-chenille sylvestre , & le reste de mesteque ; cequi valoit en tout plus de 13 millions en ar-gent par annee commune. Cet objet decommerce est f° r J important, & mériteroitbien que l’on fît des tentatives pour l’établirdans les ifles d’Amérique, ou en d’autres cli-mats dont la température feroit convenableà la cochenille Sc à Ja plante dont elle sc nour-
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rit. Mim. pour servir a l’hift. des ins tont.IV , papr. 87 & suiv. Vovei Gallinsectes& Insectes. (I)
Cochenille , inseâe, (Mat. méd.) Lacochenille pasie pour fudorifique, alexiphar-maque Sc fébrifuge ; on l’ordonne dans lapeste Sc dans les fievres éruptives.
Lémery assure qu’elle est bonne contre tapierre, la gravelle Sc la diarrhée, & qu elleempêche l’avortsmsnt, étant prise en pou-dre depuis il grains jusqu à demi-gros. Cequ il y a de certain, c’est que les femmesitaliennes en font beaucoup usage dans cecas.
La cochenille entre dans la confectionalkerme , dans l’eíprit de lavande composé,la teinture stomachique amere ; mais plutôtpour colorer ccs médicamens , que pourcontribuer à leur efficacité, (b)
On sera charmé de lire la description de lacochenille , tant maie que semelle , que M.Ellis a envoyée d la société royale de Londres.
* Malgré les curieuses recherches des natu-ralistes fur la nature & l’économie désinfectede la cochenille , dic M. Ellif , shistoire decet animal estimable m’ayanr paru fort im-parfaite , sur - tout pour ce qui regarde lemâle dont la description nous manquoit,j’ai cherché tous les moyens de perfectionnercette partie de l’infectologie.
Je favois que cette infecte fe trouvoit enabondance fur le figuier des Indes ( appellécaclus oppuntia par Linnseus) , dans la Caro-line méridionale Sc dans la Géorgie , demême que fur le caclus coccillonifer du mêmeauteur qui croît au Mexique , d’où il a étéapporté à la Jamaïque. J’écrivis au docteurAlexandre Garden, de Charles-Town dansla Caroline, de m’envoyer quelques branchesdu figuier des Indes chargées de ces infectes,ce qu’il fit en 1757. Ce qu’il m’envoya étoitplein de nids de ces petits animaux , Sc j’eusle plaisir de les observer dans leurs différensétats, depuis l’instant où ils éclosent Sc scpromènent sur les branches de cet arbre ,jufqu’à celui où ils fe fixent & s’enveloppentdans un cocon qu’ils filent autour d’eux ,comme le ver-à-foie.
Je le sis voir à la société royale, & ensuiteà la société pour l’encouragement des arts,des manufactures & du commerce , dans lavue d’en introduire Sc cultiver l’efpece dans
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