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nos colonies : projet que cette derniere com- cpagnie tâcha d'avancer par des récompenses ’propoíees ; mais le manque de bras en a <empêché jusqu ici l’exécution. 1
La femelle de la cochenille a été très-bien jdécrite par M. de Réaumur, par le docteur <Brown , & en dernier lieu par M. Linnxus, Idans son Syjléme du régné animal , sous le .nom de coccus cacli coccinellifiri. M. Rolan- :der lui en avoir envoyé de vivantes de Suri-nam , dans l'année 1756; mais ni Réaumur, -ni Brown , ni Linnxus n’ont vu le mâle.
. M. Linnxus place cet insecte parmi leshemipteres, c est-a-dire , ceux qui n’ont quedes moitiés d’âîles , Sc il ne comprend passeulement dans cet ordre tous les insectesdont les fourreaux ne recouvrent que la moi-tié des ailes, mais auiïì ceux dont un seulsexe est ailé, & c’est ce qui distingue particu-lièrement le genre des coccus ou cochenilles :roflrum peclorale , abdomen pone setofum , aloeduae , tantum mafeulis ; ou comme il s’ex-prime dans la dixieme & derniere édition deion Syjléme naturel , alce ducs ercBts mafeulis ,famines aptères.
J’examinai avec soin ce que m’avoit en-voyé le docteur Garden , & dans la grandequantité d’insectes que j’avois , je trouvaitrois à quatre petites mouches mortes quavoient chacune deux ailes blanches. Je leshumectai d’efprit-de-vin aftbibli, puis je lesexaminai au microscope : leur corps étoit*d’un rouge clair , ce qui acheva de me per-suader que j’avois trouvé le vrai mâle de lacochenille. Pour confirmer cette découverte ,je la communiquai au docteur Garden , enlui envoyant un destin de 1 insocte tel queje l’avois vu , & le priant de vouloir bienme faire part de ce qu'il savoir de l’écono-mie de ces animacules , & de m envoyerquelques mâles recueillis par lui-même. Il eutla bonté de m en envoyer de la derniereponte , avec les observations iuivantes.
« Au mois d’août 17*9, je pris un mâle& l’examinai dans votre microscope à eau.Les mâles four difficiles à trouver , parcequ’il n’y a peut-être qu’un au plus contredeux cens femelles ou davantage. Le mâleest actif Sc bien ftit, mince Sc grêle , encomparaison de la f nulle qui est beaucoupplus grosso , mal proportionnée , lente , en-gourdie & très-pareííeuse. En général, ellesTome FUI,
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deviennent si groísos & si épaisses, que leursyeux & leurs bouches paroiísont enfoncés ôCcomme caches dans les replis ou les rides deleur peau. Leurs antennes mêmes Sc leursjambes sont presque a moitié recouvertes parcette enflure qui les empêche d’en remuerfacilement les diverses articulations , Scleur permet encore moins de se mouvoir elles-mêmes.
La tête du mâle est très-distincte du couqui est beaucoup plus étroit que 1 a tête , Scbeaucoup plus encore que le reste du corps.Le thorax est de forme elliptique un peu plusque le cou & la tête ensemble , & applatipar en-bas. Du front sortent deux antennesbeaucoup plus grandes que celles des fe-melles , l’in secte peut les mouvoir de côté& d autre avec une extrême agilité. Ces an-tennes font articulées , & de chaque articu-lation sortent quatre soies disposées par pairesde chaque côté.
Il a trois pattes de chaque côté , 8 c cha-cune est formée de trois pieces : il les meutavec une extrême vitesse. De l’extrémitépostérieure de son corps s’allongent deuxgrandes soies ou poils quatre ou cinq foisaussi longs que 1 insocte entier. Il porte deuxailes plantées sor la partie supérieure duthorax qui s’abaiísont horizontalementcomme celles des mouches ordinaires,lorsqu’il marche ou se repose. Ces ailes sontde forme oblongue, & diminuent subitementde largeur au point de leur insertion au corpsde l’animal, de forte qu'elles íont là commeétranglées. Elles font plus longues que lecorps de l’animal, & en outre , fortifiées dedeux longs nerfs, dont l’un décourt toutautour de l’aîle dont il forme le bord exté-rieur , l’autre un peu moins gros est intérieurSc parallèle au premier : il semble interrompuvers la sommité des ailes. Le corps du mâleest d'un rouge plus clair que le corps dck - femelle & beaucoup moins épais ».
Cette description du docteur Garden tsttouc-a- fait conforme à ce que le microscopem’a fait voir de cet insecte, tant pour le mâleque pour la femelle. Je dois ajourer feule-' ment que k femelle a sous k poitrine vers1 le milieu une efpcce de trompe allongée,
' fourchue , que Linnxus appelle son bec , Sc- qu’il regarde comme sa bouche. Cette trompe; ne sort pas feulement à 1 animai pour si}