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Tome huitième.
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égayer : le troisième chef esc aux belles con-sidérations dont il faut abreuver & nourrirnotre esprit de longue main , des actionssemelles Sc mouvemens qui résultent de lacolere ; des avantages de la modération ; def estime que nous devons porter à la sagesse,laquelle se montre principalement à se retenirSc se commander.

Il ne faut pas cependant considérer lacolere comme une passion toujours mauvaisede fa nature ; elle ne l'est pas, ni ne dés-honore personne , pourvu que ses émotionssoient proportionnées au suj et qu on a desémouvoir. Par conséquent elle peut êtrelégitimé , quand elle n est portée qu'à uncertain point ; mais d’un autre coté ellen est jamais nécessaire : on peut toujours,Sc c est même le plus fur , soutenir dans lesoccasions fa dignité & ses droits fans secourroucer. Si le désir de la vengeance ,effet naturel de cette passion , s'y trouvejoint ; alors comme cet effet est vicieux parlui-même , il lâche la colere , l’empêche dedemeurer dans de justes bornes. Donner àla vengeance émanée de la colere la correc-tion de 1 offense , seroit corriger le vice parlui-même : “ La raison qui doit comman-der en nous, dit encore Charron , auteuradmirable fur ce sujet , ne veut point deces officiers-là qui font de leur tête fansattendre ion ordonnance : elle veut toutfaire par compas ; Sc pour ce , la violencene lui est pas propre ».

Ceux donc qui prétendent qu'un meurtrecommis dans la colere ne doit pas propre-ment être mis au nombre des injustices pu-nissables , n’ont pas une idée juste du droitnaturel ; car il est certain que ^injustice neconsiste eslèntiellement qu à violer les droitsd'autrui. Il réimporte qu’on le faste par unmouvement de colere , par avarice , par sen-sualité , par ambition , &c. qui sont lessources d ou proviennent ordinairement lesplus grandes injustices : c’cst le propre aucontraire de la justice de résister à toutes lestentations , par le seul mons de ne faireaucune brèche aux loix de la société hu-maine. Il est pourtant vrai que les actionsauxquelles on est porté par la colere , fontmoins odieuses que celles qui naissent dudésir des plaisirs, lequel ssest pas si brusque,8c qui peut trouver plus facilement de quoi

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T se satisfaire ailleurs fans injustice ; fur quoiAristote remarque très-bien que la colere estplus naturelle que le désir des choses quivont dans l’excès, Sc qui ne font pas né-cessaires.

Mais lorsque ce philosophe prétend quecette passion sert par fois d'armes à la vertu& à la vaillance , il se trompe beaucoup :quant à la vertu, cela n’est pas vrai ; & quantà la vaillance , on a répondu assez plaisam-ment qifentout cas c'cst une arme de nouvelusage ; car, dit Montaigne , “nousremuonsles autres armes , Sc celle-ci nous remue ;notre mam ne la guide pas , c'cst elle quiguide notre main , nous ne la tenons pas ».(M. le chevalier de JaucoVH.T.)

Colere, (Médecine.) cette passion irri-tante nous jette dans des mouvemens vio-lens, en causant un grand désordre dans no-tre machine.

Nous venons de parler de cette passion enmoraliste , nous allons la considérer en mé-decin.

j . Telle est sa nature, quelle met subitement,

! quelle qu’en soit la cause , tout le systèmeI nerveux dans une agitation extraordinaire! par la constriction violente qu elle produitdans les parties musculaires, Sc qu'elle aug-mente prodigieusement non - seulement lasystole du coeur Sc de fes vaisseaux contigus,mais encore le ton des parties fibreuses detout le corps.

Ce mouvement impétueux du sang Sc del’altérationdu fluide nerveux dans les person-nes en qui la colere est pouílée à ion dernierpériode, se manifeste évidemment par l'aug-mentation du pouls , la promptitude de larespiration, la sois, la chaleur, le gonfle''ment & la rougeur du visage , la pulsationdes artères de la tête plus forte, plus élevée ,sur-tout aux environs des tempes, Téclat de*yeux , le bégayement, la voix enrouée, | eparler précipité, la suppression de surine,tremblement des parties extérieures ; enfinune certaine précipitation remarquable d ;lI i . 5les fonctions de sesprit. Ces symptômes^ ^trouvent plus ou moins rassemblés suivan- *tempérament & la force de la pulsion ; eCphysiologie les explique fans peine P a f rconstriction spasmodique de tout le systefflnerveux.

En conséquence les observations de P r ^ s