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Sc les peuples du Nord. Cette efpeCe de co-lonie étoit une fuite de la conquête , Sc elleen fit la sûreté.
IV. Les excursions des Gaulois en Italie,des Goths & des Vandales dans toute f Eu-rope Sc en Afrique , des Tartares dans laChine, forment une quatrième efpece decolonies. Ces peuples chassés de leur pays pard'autres peuples plus puissans, ou par la mi-sère , ou attirés par la connoissance d'un cli-mat plus doux & d une campagne plus fer-tile , conquirent pour partager les terres avecles vaincus, Sc n’y faire qu'une nation aveceux : bien dissérens en cela des autres con-quérans qui fembloicnt ne chercher que d'au-tres ennemis , comme les Scythes en Asie ;ou à étendre leurs frontières, comme les fon-dateurs des quatre grands empires.
L'esset de ces colonies de barbares fut d'ef-faroucher les arts, Sc, de répandre l'igno-rance dans les contrées où eiies s’établirent:en même temps elles y augmenteront la popu-lation, & sondèrent de puissantes monarchies.
V. La cinquième eipece de colonies est decelles qu’a fondées l’efprit de commerce, Scqui enrichissent îa métropole.
Tyr, Carthage , & Marseille, les seulesvilles de l'antiquité qui aient fondé leur puis-sance sur le commerce , sont aussi les seulesqui aient suivi ce plan dans quelques- unesde leurs colonies. Utique bâtie par lesTyriensprès de 200 ans avant la faite d'Elissa, plusconnue fous le nom de Didon , ne prétenditjamais à aucun empire fur les terres de l’A-frique : elle fervoit de retraite aux vaisseauxdes Tyriens, ainsi que les colonies établies àMalthe & le long des côtes fréquentées parles Phéniciens. Cadix, lune de leurs plusanciennes Sc de leurs plus fameuses colonies ,ne prétendit jamais qu'au commerce de REf-pagne, sans entreprendre de lui donner desloix. La fondation de Lilybée en Sicile nedonna aux Tyriens aucune idée de conquêtefur cette isie.
Le commerce ne fut point Robjet de Réta-blissement de Carthage, mais elle chercha às'agrandir par le commerce. Ce si pour dé-tendre ou le conserver exclusivement, quellefrit guerriere, &qu'on la vit disputer à Romela Sicile, 1 a Sardaigne , l'Espagne, Rltalie,&c même ses remparts. Ses colonies le long des
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jusqu'à Cerné, augmentojent plus ses riches-ses que la force de son empire.
Marseille, colonie des Phocéens chassés deleur pays Sc ensuite de Rifle de Corse par lesTyriens, ne s'occupa dans un territoire sté-rile que de fa pêche, de son commerce, Scde son indépendance. Sesco/o/ziejenEspagne& sur les côtes méridionales des Gaules,n'avoient point d’autrcs motifs.
Ces sortes d'étabhssemens éroient double-ment nécessaires aux peuples qui s'adon-noient au commerce. Leur navigation dér-pouvue du secours de la boussole,etoittimide ;ils n'ofoient íe hasarder trop loin des côtes,& la longûeur nécessaire des voyages exigeoitdes retraites siìres Sc abondantes pour les na-vigateurs. La plupart des peuples avec les-quels ils trasiquoient, ou ne se raisèmbloientpoint dans des villes, ou uniquement occu-pés de leurs besoins, ne mettoient aucunevaleur au superflu. Il étoit indispensable «Ré-tablir des entrepôts qui sisiène le commerceintérieur, & où les vaisseaux pussent en arri-vant faire leurs échanges.
La forme de ces colonies répondoit asseLà celles des nations commerçantes deREuropeen Afrique Sc dans Rlnde : elles y ont descomptoirs Sc des forteresses , pour la com-modité Sc la sûreté dc leur commerce. Cescolonies dérogeroient à leur institution , helles devenoient conquérantes, à moins quel'état ne se chargeât de leur dépense ; il fautqu'elles soient sous la dépendance d'un®compagnie riche Sc exclusive , en état deformer & de suivre des projets politiques» •Dans Rlnde on ne regarde comme mar-chands que les Anglois, parmi les grandi -nations de REurope qui y commercent ; s slIlSdoute parce qu ils y font les moins puifls aílSen possessions. ,
VI. La découverte de l’Amérique vers 13sin du quinzième tìecle , a multiplié les col 0 'nies européennes, Sc nous en présente u nsixième eipece. ^
Toutes celles de ce continent ont cXX ^commerce Sc k culture tout à la fois P° ,objet de leur établissement, ou s'y font 10nées : dès-lors il étoit nécessaire de f 00 ^.»rir les terres, Sc d’en chasser les ancien* ^bitans , pour y en transporter de nouvea ^ •Ces colonies n étant établies que po ur
cqtç* 4? hAfri^ue , fus l'yae Ikutre ruer J lité de k métropole ,il «'ensuit : o