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celle du claír-obscilr, est une des plus effèn-tielles de la peinture, & damant pics recom-mandajple , qu on ne peut que la perfection-ner par f étude, mais non f acquérir. Inuti-lement un tableau réuniroit-il toutes les autres.parties de la peinture 3I s’ii est médiocrementcolorié, il nç pçpduira jarnais. qu un médio-cre effet ; & quand bien les autres partiesíèroient foibles , la séduction sera toujoursinfaillible íì le coloris -:y est au souverain de-gré. Voyc^ de Piles & le dìâ. de Peint.
Quoique le terme de colorié s’c tende fartous les objets, on f emploie plus généra-lement fur les carnations , par la raiso'n qu’é.-tant plus sensibles, que toutes les -autres par-ties , on distingue plus, aifém.ent .les teintes,les demi-teintas, le travail de la,peau, ìafonte du pinceau, enfin, tout ce qu'exigecette grande partie de,;fart.. Le coloris étoitconnu &: pratiqué avant Homere ; voyc^ fadescription .du bouclier.'d’AchiUc t on yvoyoit, dit il, un laboureur- ; le. coutre dela charrue fendoit la terre, $e à mesure quai’avançoit,la terre de jaune quelle.étoitsem-bloit devenir noire ; de ailleurs il peint unevigne d or, dont les railîns annonçoient leurmaturité par une teinre.de noir , & des lionsqui s’abreuvent du sang noirâtre d’un tau-reau. ( R) •
C‘est par le co/omquela peinture se dis-tingue du simple destin & de f estampe. Sila nature n’avoir qu’une couleur pour tous lesobjets , comme la- gravure en taille douce ,elle seroit sans doute privée d’une partie con-sidérable de fa beauté. Il y a dans les couleursun attrait qui souvent ne le ceae guere à celuique résulte de la beauté des formes. Riendans la nature inanimée iségale la beautéd\m soleil couchant, ou le gracieux d’uneaurore riante. Même dans la nature animée,les cnarmes des couleurs qui brillent fur levisage d une belle jeuneste , ne le cede pointaux appas de la figure. Tous les effets quirelui te' i C des formes, font auílî produits parles couleurs , & peut - être avec la mêmeénergie. La pâleur mortelle réveille la com-passion ; & certaines couleurs qui révoltentnarieur désharmonie font très-capables d ex-citer rhorreur.
Ceux qui n’admirent que le destin, sontpeu de cas du coloris , méconnoiífent la beautéqui réside dansdes couleurs, & oublient que
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dans les ouvrages de fart, c est fíllufìon quiproduit le plus haut degré d’énergie ; or ìln y a point d’illulìon où la vérité n\ if pasparfaitement représentée, & par conséquenten fait d’objets visibles, la perfection du co-loris est un article très-essentiel pour attein-dre: -au grand but de fart. On est frappé àla vue du Laocoon dè marbre : cet aspectexcite en nous divers Tentimens. très - vifs.Mais que ne seroir-ce pas, if ce grouppe com-mençoit à s’animer ? Si nous appercevions lapâleur d’une angoisse mortelle fùr !e visage,& .fut'(t0utçs.les:chaits ,'les traces du sangfur la peau, f écume- venimeuse du serpent,collée-íus le bandeau du malheureux prêtre,çfest-alors-seulement que f impression seroità-íon.plus haut degré , & qu’st nous semble-roit; entendre les pénibles accens d’une res-piration suffoquée, . La Niobé de marbreexcite la plus forte compassion ; mais qu ony .ajoute le coloris, de f effroi , des yeux ha-gards , fixes & .mornes j personne ne pourra*,soutenir.f aspect st’un pareil tableau. L" Apol-lon . du Belveçlere ; e-st actuellement d’unebeauté,ravissinte-, qu’on cor.çoiye f effet qu’il,pourxjoit produire , si à tout ce qu il a d’at-trayant se joignoit encore le coloris d’une di-’vine jeunesse, & ,1’éciat éblouissant du perede la lumière. Conve nons donc que le colorisparfait a un prix indépendant de la beautédf s formes,& qu’il constitue une partie aussiessentielle de fart du peintre, que le dessin.
Mais en quoi consiste cette perfection ducoloris ? & par quelle voie, par quelle étudele peintre parvíent-ff à la posséder ; C’estpeut-être là le problème le plus difficile defart. Le Titien lui-même auroit fans douteété embarrassé à exprimer ce qu’il sentoit surla beauté & f énergie du coloris, Puifqu’ilest déja si mal-aisé de déterminer en quoiconsiste la beauté dans les formes , quoiquel’on ait diverses notions distinctes fur les figu-res , comment seroit-il possible de déen-re iabeauté qui résulte du mélange & de f har-monie des couleurs, fur lesquelles on n®peut avoir que des notions confuses ? Le®proportions du corps humain , pour me ser-vir des expressions d’un grand counoisteu r(M. deHagedorn) nous font beaucoupnaoin®inconnues que les phénomènes de la naturequi sont constamment fous nos yeux, ^que les effets de la lumière relativement a