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k peinture. Qu'o n ne demande po:nt com- 'ment les douleurs impriment dans l'amel'amour , la volupté , une douce langueurvue délicieuse extase : on peut le sentir, maison ne sauroit l'exprimer.
■ C est ce qui rend l'étude du coloris si diffi-cile. Je ne parle point encore de sart d'ap- ■pliquer les couleurs, mais de celui d'exercerl'œil à bien sentir leur beauté : car quicon-que iia pas ce sentiment du beau à 1 égarddes couleurs, maniât-il toute fa vie le pin-ceau , ne fera jamais ni un Titien ni unCorrege ; aussi peu, qu à force de sTxercerau destin , son peut devenir un Raphaël, sison ne sent pas la beauté qui réside dans iesformes. Pour s'élever au dessus du simpledessinateur , pour devenir peintre , il fautdonc commencer par accoutumer 1 oeil a,sentir la beauté du coloris.
(Test à sécoîe de la nature que l’artiste doitrecourir ; il y verra , fous toutes les formes
{ Possibles, les plus parfaits modelés dans touses genres du beau. C'est dans cette écolequ'il pourra íè former un coup d'œil fur &pénétrant, comme le dessinateur grec se sor-moit le sien dans les gymnases, dans les jeuxpublics òc dans les fêtes solemnelles, à force«savoir fous ses yeux la belle nature diversi-fiée en mille maniérés. Dans ces heureusescontrées où la nature semble rajeunie, où elleest inépuisable en beautés de divers genresUn amateur de belles vues, qui aux différen-ds heures du jour , & dans toutes les lassonsde l’année, les cherchera d'un œil emprefle& contemplatif, tantôt dans un vallon íoli-dire , tantôt fur le haut d’une colline , d’oùÙ pourra découvrir au loin une infinie variétéu objets distingués par l'éclat des couleurs ,e hvrera d’abord aux douces impressions deS e ravjstant spectacle ; il commencera pare,î str ; mais en examinant de plus près la^ ai jfe du sentiment qu'il éprouve , il recon-j e 1Cr a enfin que du simple mélange des cou-r s réssilte une eípece particulière de beautési.-ov e I e cede point aux beautés d’une naturediff geut e .
fer CS observations íouvent répétées lui«lui en ^ n démêler une partie des raisonsïerti ren d e nt ces íensations fi délicieuses. Ild'u arí l^ era les mêmes objets, apperçusspf, ( 1 n m . en j e point de vue, forment tantôt leaçle l e plu S r a vidant, & à'autres fois
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n’ont rîen qui l’émeuve, quoique les mêmescouleurs semblent fixées aux mêmes places :il découvrira deux cauíes de cette disparité,l’une dans l'espece de lumière que les objetslui renvoient, &c sautre dans la maniéré queces objets la reçoivent.
La plus grande beauté de la lumière résidedans la source même d'où la lumière émane ;mais les organes de notre œil íbnt trop foi-bles pour soutenir f éclat de cette beauté ;semblable aux divinités , elle éblouirait lesmortels, si elle le présentoir lans voile. Quandl’air est trop pur, les rayons du soleil répan-dent une lumière trop forte sur les objets. Scles ombres en deviennent trop tranchantes.D'un autre côté , quand toute l'atmoíphereest enveloppée d'un épais nuage, l'éclat dela lumière en est totalement éteint, & lescouleurs naturelles perdent toute leur force.Une contrée n'est jamais plus riante à la vue,que lorsqu elle est immédiatement éclairéepar les rayons du soleil modérément amortisdans les vapeurs de l'air , Lc que l’obfcuritédes ombres est adoucie par les rayons quel'azur du ciel y réfléchit. Cette observationenseigne au peintre , qu'une des principalescauíes de la beauté du coloris , est le ton gra-cieux d'une lumière adoucie.Elle lui enseigneencore que le tableau entier de la lcene quis'ossre à ses regards , & chaque grande par-tie de cette scene tire sa beauté de son colorisde deux jours principaux , l'un qui est lalumière immédiate du soleil, mais bien tem-pérée ; & l’autre le réflet d'un ciel serein quirépand sur les ombres une douceur agréable6 c variée.
Notre observateur découvrira une secondecauíè principale de la beauté du coloris dans; la direction des rayons qui éclairent les objets! de la scene ; telle contrée qui, à certainej heure du jour , se représente à l'œil commele tableau le plus riant , paroit fans beautéquelques heures après, bien que le ciel con-serve la même sérénité. Un petit nombred'observations fur ce phénomène , feront-çonnoître au peintre différentes sources dubeau dans le coloris. Il apprendra qu'un objetparoit dans fa plus grande beaute ,doriquela lumière incidente le divise en deux grandesmalles bien proportionnées, 1 une claire, &l’autre obscure.11 sentira que 1 œil nef.* repoíeavec plaisir fur une contrée , que lorsque les