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ça l’institution de la congrégation des Co-lorites.
COLORNO , ( Géog. mod.) petite villed’Italie, dans le duché de Parme près du Pô.Long. 2.7, so; lat. 44, 54.
COLOSSE, terme d 1 Architecture , du grecxoAoo-s-oí , compose dexsWí , grand , & «ro-or,ail , c'est-à-dire grand à la vue. On entendsous ce nom un bâtiment d’une grandeurconsidérable , tels qu étoient les pyramidesen Egypte, les amphithéâtres en Grecc & enItalie. Colosse , se dit aussi dune figure dontla proportion est fort au-dessus de la natu-relle , telle qu’étoic celle du soleil a Rhodes& les statues des empereurs Néron 8 c Com-mode, dont il reste encore quelques frag-mens dans la cour du capitole à Rome. Ondit aussi qu’une colonne est colossale , lors-qu'elle surpasse deux ou trois pies de diamè-tre. Voycg Colonne. (P)
Colosse df. Rhodes, (Hift. anc.) statued’airaiii d’une grandeur prodigieuse, située àl’entrée du port de Rhodes, & qui passoit,.pour une des sept merveilles du monde.
En voici l’histoire tirée principalement deM. Prideaux, part. II, liv. II.
Cette statue étoit dédiée au soleil ; elleavoit 70 coudées, ou 105 piés de haut, 8 c lereste à proportion ; peu de gens pouvoientembrasser son pouce ; les navires passoient àpleines voiles entre ses jambes.
Démétrius, après avoir assiégé vivementla ville de Rhodes pendant un an fans pou-voir la prendre , las d’un si long siège, fit lapaix avec les Rhodiens , 8 c en s’en retour-nant il leur donna en présent toutes les ma-chines de guerre qu’il avoit envoyées à cesiège. Ils les vendirent dans la fuite pourtrois cens talens (un million zoo mille livresou environ), dont ils so servirent, avec l’ar-gent qu on y ajouta, pour faire ce colosse. Cefut l’ouvrage de Charès de Lindo , discipledu fameux Lysippe, qui y employa douzeans. Mais soixante-six ans après l’exécutionde son entreprise , le colosse for abattu par ungrand tremblement de terre qui se fit sentiren Orient, & qui causa des désolations pro-digieuses, sor-tout dans la Carie & dans listede Rhodes. On commença à travailler à cefameux colosse l’an 300 avant Jelus-Christ; ilfut achevé l’an 188, 8c renverse 1 an ixi.
Les íUxQdiens, pour réparer lç dommage
COL
que cet accident leur avoit causé, quêtèrentchez tous les princes & les états grecs de nomou d’origine, 8 c exagérèrent tellement leurspertes , que la collecte qui so fit pour eux,sur-tout chez les rois d’Egypte, de Macédoi-ne , de Syrie , duPont, 8 c de Bithynie, allapour le moins à cinq fois autant que la véri-table somme à laquelle ces pertes so mon-toient.
En effet, l’émulation qui régna entre lesprinces pour soulager cette ville désolée, estsans exemple dans l’histoire : Ptolomée roid’Egypte soumit soûl trois cens talens, quenous dévaluerons ici que trois cens cin-quante mille écus,un million de mesures defroment, des matériaux pour bâtir vingt ga-lères tant à cinq rames qu’à trois rames, unequantité infinie de bois pour d’autres bâti-mens, & en particulier pour rétablir le colossetrois mille talens, c’est-à-dire neuf millionssuivant M. Rollin, 8 c plus de dix millionssuivant le docteur Bernard. Outre les rois,toutes les villes signalèrent leurs libéralités :les particuliers voulurent aussi entrer en partde cette gloire ; & l’on cite une dame appel-lée Chryfiïs , véritablement digne de sonnom , qui fournit feule cent mille messiresde froment. Que les princes d’à-présent, ditPolybe, 8 c nous pouvons dire deux milleans après lui, que les princes de nos jourscomprennent combien ils sont éloignés deceux dont on vient de parler. En assez peud’années Rhodes fut rétablie dans un étatplus magnifique qu’elle n’avoit jamais été, àl’exception du colosse ; car les Rhodiens aulieu d’employer une partie de cet argent,comme c’étoitla principale intention de ceuxqui l’avoient donné , à relever le colosse ,prétendirent fort sagement que l’oracle deDelphes le leur avoit défendu , 8 c gardèrenttoutes ces sommes, dont ils s’enrichirent.
Le colosse demeura abattu comme il étoit,fans qu on y touchât pendant 894 ans, aubout deíquels , l’an de Jésus - Christ 677 ,Moawias, le sixième calife ou empereur de*Sarrasins, ayant pris Rhodes, le vendit à unmarchand juif qui en eut la charge de neufcens chameaux ; c’est-à-dire qu’en comptanthuit quintaux pour une charge , l’airain decette statue, après le déchet de tant d’anneespar la rouille, &c. & ce qui vraisemblable-ment en avoit été. volé, se montoit encose a