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Tome huitième.
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COL

On les déplante pour lors par un beaujour , on rebute les véreuses & les languissan-tes , & on les transporte fur l’autre terre pré-parée comme il a été dit : on y fait des trousavec un plantoir, à la distance de demi - piéco ligne perpendiculaire, & d’un pié en ligneHorizontale : chaque trou reçoit fa plante ,qu un homme resserre avec le pié à mesurequ un enfant la place.

Tous les huit pies, on fait une rigole entalud d’un pié d'ouverture, & autant de pro-fondeur ; on en jette la terre à droite & àgauche , fur la distance d" u n pié qu’on alaisse pour cela entre chaque plante : c’est cequon appelle recouvrir. Cela se fait pour l’é-coulement des eaux , & pour garantir de lagelée.

Il n’y a plus d’autre façon à donner, àmoins que d’arracher les mauvaises herbes,s’il en poussoir assez pour étouffer.

H n’y a que des événemens extraordinai-res qui puissent nuire au colsat dans toutes lesfaisons; tous les temps lui font propres, fien excepte les gelées trop fortes & tar-dives , les grands orages, la grêle, & lesgrands brouillards, dans le temps de fa ma-turité.

On fait la récolte à la fin de juin, quand*a graine est prête à épiler ; & pour éviter cetaccident, on fe garde de la laisser trop mûrirpour recueillir.

On scie avec la faucille, & Ion couche{« tiges fur terre comme le blé, on les ylaisse pendant deux beaux jours ; fi la pluieîl e permet pas de les relever après ce temps,

faut attendre.

On les releve dans un drap , & on lesPorte au lieu préparé pour faire la meulelur la même píece de terre, afin de ne pasJ^tdre la graine ; on y fait autant de meu-, es .que la dépouille en demande : celle dej e Ult cens de terre doit suffire pour une meu-pourla faire, on forme une terrassesèche & bien battue, de vingt piésjarrés ; on y met un lit dc paille, fur lequelro j rra nge les tiges la tête en dedans; on ar-teu j Cette meu ^ e ffès le pié jusqu’à la hau-q de trois toises plus ou moins, en termi-

f u en pain de sucre, & l’on couvre le des-

US P°ur être à l’abri de la pluie.£strf an 1, !e * ^ands vents la mettent en dan-e cu st>uter, on a foin de f étayer,

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Le colsat repose ainfi jusqu’après la moisson, à moins que l’on n’ait lieu de crain-dre Réchauffement de la graine ; ce qui po,ur-roit arriver par des temps fort pluvieux, oupour l’avoir recueillie trop verte.

Il est essentiel de choisir un beau jour pourdéfaire la meule ; mais avant tout on prépareau pié une plate-forme battue, aussi dureque les battines de grange ; Sc c’est là-desiusque l’on bat à mesure que la meule se défait,avec la précaution de n’en lever les tigesque dans un drap.

Dès qu’on en a battu une certaine quan-tité , il faut retirer avec un rateau la pailleécrasée ; cela aide à bien battre le reste, &fait perdre moins de graine.

Quand tout est battu, on la nettoie parle moyen d’un puroir.

Il y en a de deux fortes. L’un est un grandtambour troué en rond, pour y faire passerla graine : c’est le premier dont on se sert,& on jette au rebut ce qui reste dans letambour.

Le second est aussi un tambour dont lestrous font en long, pour y faire passer lapoussière, en y mettant ce qui a passé parle premier.

En tamisant, on a sein de retirer vers lesbords ce qui peut rester de gros marc, Sc l’onfait toujours la même chose jusqu’à la fin.

La graine ainsi purifiée, on la porte dansdes sacs au grenier, & on l’y garde commele blc, jusqu’à ce qu’on la vende. Si l’on ytrouvoit un peu d’humidité, il faudroit laremuer.

Le plancher du grenier doit être d’autantmoins ouvert, que la graine est petite. Biendes gens y étendent une grande toile pourl’y renverser.

Il est bon d’observer qu’elle ne profite pasdans le grenier ; c’est pourquoi l’on s’ea dé-fait le plutôt que l’on en trouve un prix.

Tout ce qui reste de paille courte ou ha-chée , on le donne aux pauvres, ou bienon le brûle fur les lieux : c’est un engrais.

tes tiges battues servent à échauffer le four,ou pour le feu des pauvres. Les fermiers quin’en font pas cet usage, les vendent assezordinairement.

Il ne faut à la graine aucune façon, aprèsqu’elle est recueillie : pour la porter au mou-lin, tous les temps font propres quand il y