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Tome huitième.
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pur , plus élégant : l’un a l’avantige que 'donne l’imaginarion qui n’est captivée ni parles règles de Tare ni par celles des mœurs,furie talent aflujetti à toutes ces réglés; l’au-tre a le mérite «savoir concilié i’agrémentôc la décence , la politesse & la plaisante-rie , Inexactitude ôc la facilité : plante tou-jours varié , n’a pas toujours 1 art déplaire;Térence trop semblable à lui-même , a ledon de paroître toujours nouveau : on fou-haiteroit à plante famé de Térence, a Té-rence l’esprìt de plante.

Les révolutions que la comédie a éprou-vées dans ses premiers âges, & les différen-ces qu’on y observe encore aujourd’hui,prennent leur source dans le génie des peu-ples & dans la forme des gouvernemens :ì’administration des affaires publiques , ôcpar conséquent la conduite des chefs, étantl’objet principal de f envie ôc de la censuredans un état démocratique , le peuple d’A-rhenes, toujours inquiet & mécontent, de-voit se plaire à voir exposer sur la scene, nonseulement les vices des particuliers , maisl’intérieur du gouvernement, les prévarica-tions des magistrats, les fautes des généraux,ôc fa propre facilité à fe lasser corrompreou séduire. C’est ainsi qu’il a couronné lessatyres politiques d’Aristophane.

Cette licence devoít être réprimée à me-sure que ie gouvernement devenoit moinspopulaire ; & l’on s’apperçoit de cette mo-dération danslesdernieres comédies du mêmeauteur , mais plus encore dans fidée quinous reste de celles de Ménandre , où fê-tât fut toujours respecté ; & cù les intriguesprivées prirent la place des affaires publiques.

Les Romains sous les consuls, auísi ja-loux de leur liberté que les Athéniens, maisplus jaloux de la dignité de leur gouverne-ment, n’auroient jamais permis que la ré-publique fût exposée aux traits iníultans deleurs poètes. Ainsi les premiers comiques la-tins hasardèrent la satyre personnelle , maisjamais la satyre politique.

Dès que ^abondance & le luxe eurentadouci les mœurs de Rome,la comédie elle-même changea son aprete en douceur ; &

comme les vices des Grecs avoient pallé chez

les Romains, Térence, pour les imiter , nesit que copier Ménandre. ^ ■

Le même rapport de convenance a ueter-

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miné le caractère de la comédie fur tous lesthéâtres de l’Europe, depuis la renaistancedes lettres.

Un peuple qui affectoit autrefois dans fesmœurs une gravité fupeibe ; ôc dans fes sen-timens une enflure romanesque, a dû ser-vir de modele à des intrigues pleines d’in-cidens & de caractères hyperboliques. Telest le théâtre espagnol ; c’est-là feulementque seroit vraisemblable le caractère de cetamant (Villa Mediana).

Qui brûla fa maison pour embrasser sa dame ,l’emportant à travers la fiame.

Mais ni ces exagérations forcées, ni une li-cence d’imagination qui viole toutes les ré-gies , ni un raffinement de plaisanterie sou-vent puérile , n’ont pu faire refuser à Lo-pès de Vega une des premieres places parmiles poètes comiques modernes.- Il joint eneffet à k plus heureuse sagacité dans le choixdes caractères , une force d’imagination quele grand Corneille admiroit lui-même. C’estde Lopès de Vega qu’il a emprunté le ca-ractère du menteur , dont il difoit avec tantde modestie ôc si peu de raison , qu’il don-nercit deux de fes meilleures pieces pour l’a-voir imaginé.

Un peuple qui a mis long-temps son hon-neur dans la fidélité des femmes, & dansune vengeance cruelle de baflrontd’êrre trahien amour, a dû fournir des intrigues péril-leuses pour les amans , ôc capables d’exercerla fourberie des valets : ce peuple d’ailleurspantomime, a donné lieu à ce jeu muet,qui quelquefois par une expression vive ôcplaisante, ôc souvent par des grimaces quirapprochent l’homme du singe , soutientseul une intrigue dépourvue d’art, de sens,,d’eíprit & de goût. Tel est le comique ita-lien : auffi chargé d’incidens , mais moinsbien intrigué que le comique espagnol. Cequi caractérise encore plus le comique ita-lien, est ce mélange de mœurs nationales»que la communication & la jalousie mu-tuelle des petits états d’Italie a fait imagin erà leurs poètes. On volt dans une même i st *trigue un boloiinois, un vénitien , un na-politain , un bergamasque, chacun avec I eridicule dominant de sa patrie. Ce mêlang ebizarre ne pouvoit manquer de réussir dansa nouveauté. Les Italiens en sirent U11C ie "