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essentielle de leur théâtre, 8c la comé-die s’y vit par-là condamnée à la groffiereUniformité qu’elie avoir eue dans son ori-8we. Audi dans le recueil immense de leurspieces j n'en trouve-t-on pas une feule dont,l n homme de goût soutienne la lecture. LesItaliens ont eux-mêmes reconnu la supério-rité du comique françois : & tandis queleurs histrions íé soutiennent dans le centredes beaux arts, Florence les a proscrits dansson théâtre , & a substitué à leurs farces lesmeilleures comédies de Molière traduitesen italien. A l’exemple de Florence, Romect Naples admirent fur leur théâtre les chefs-d'œuvre du nôtre. Venise se défend encorede la révolution ; mais elle cédera bientôtau torrent de l’exemple & àl’attrait du plaisir.Paris seul ne verra-t-il plus jouer Molière ?
Un état où chaque citoyen se fait gloirede penser avec indépendance , a dû four-nir un grand nombre d’originaux à pein-dre. L'affectation de ne rcííèmbler à per-Ipnne sait souvent qu on ne ressemble pas àloi-même, & qu’on outre son propre carac-ter Ç, de peur de se plier au caractère d’au-tru >. Là ce ne sont point des ridicules cou-rus ; ce font des singularités personnelles ,lui donnent prise à la plaisanterie ; leVj ce dominant de la société est de n’êtreP« sociable. Telle est la source du comi-
fiue angloìs , d’aiìleurs plus simple , ct plusNaturel, plus philosophique que les deux au-ttes > & dans lequel la vraisemblance est ri-goureusement observée, aux dépens mêmela pudeur.
Mais une nation douce ct polie , où cha-c . Un se fiit un devoir de conformer les sen-Pmens & sts idées aux mœurs de la so-Cl f c é , où des préjugés font des principes ,° u 'es usiges font des loix, où l’on est^°ndamné à vivre seul dès qu’on veut vî-p^-pour foi-même ; cette nation ne doitéjf j iter °* ue ^ es caractères adoucis par less , ct que des vices palliés par les bien-î e "‘| c j“ s - Te! est le comique françois, dont1 on lea - Crc anglois s’tst enrichi autant quePP°ntion des mœurs à pu le permettre,jjj e comique françois se divise , suivant lesi>ou. nrS .^ U ^ , en comique bas , comique
{f : ? ls > & h stut comique. Voy. Comique.
pins eíîèntielle se tireiitcrence des objets que la comédie se
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propose : ou elle peint le vice quelle rendméprisable, comme la tragédie rend le cri-me odieux ; de-là le comique de caractère :ou elle fait les hommes le jouet des événe-mens ; de-là le comique de situation : ouelle présente les vertus communes avec destraits qui les font aimer, ct dans des pé-rils ou des malheurs qui les rendent inté-ressantes ; de-là le comique attendrissant.
De ces trois genres , le premier est le plusutile aux mœurs , le plus fort, le plus dif-ficile, & par conséquent le plus rare :1e plusutile aux mœurs, en ce qu’il remonte à lasource des vices , & les attaque dans leurprincipe; le plus fort, en ce qu’il présentele miroir aux hommes, ct les fait rougir deleur propre image; le plus difficile & le plusrare, en ce qu’il suppose dans son auteurune étude consommée des mœurs de sonsiecle, un discernement juste & prompt, &une force d’îmagination qui réunisse sous unseul point de vue les traits que fa pénétra-tion n’a pu saisir qu’en détail. Ce qui man-que à la plupart des peintres de caractère,ct ce que Molière , ce grand modelé , entout genre , possédoit éminemment ; c’tstce coup d’œil philosophique, qui saisit non-seulement les extrêmes , mais le milieu deschoses : entre l’hypocrite scélérat, ct le dé-vot crédule , on voie l’homme de bien quidémasque la scélératesse de l’un, & qui plaintla crédulité de l’autre. Molière met en op-position les mœurs corrompues de la société,& la probité farouche du Misantrope : en-tre ces deux excès paroît la modération dusage , qui hait le vice & qui ne hait pas leshommes. Quel sondsde philosophie ne faut-ilpoint pour saisir le point ainsi fixe de la vertu!C’est à cette précision qu’on reconnoît Mo-lière, bien mieux qu’un peintre de l’antiquiténe reconnut son rival au trait de pinceauqu’il avoit tracé sur une toile.
Si l’on nous demande pourquoi le comi-que de situation nous excite à rire, memefans le concours du comique de caractère,nous demanderons à notre tour d ou vientqu’on rit de la chute imprévue d un passant.C’est de ce genre de plaisanterie que H?n-sius a eu raison de dire : pkbis aucup'mm est& abusas. Voye^ RiRE; ^ n en est pas ainsidu comique attendrissant ; peut-être mêmeest-il plus utile aux mœurs que la tragédie,