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Tome huitième.
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choses dans la bouche d'un de ces personna-ges , qui par ion caractère, ou par fa situationactuelle , ne devroit point les dire; Qu’ya-t-il , par exemple, de plus insipide quecette fro;de plaisanterie que Piauce met dansla bouche d'un amant affligé de la perte defa maîtresse}

Ita mihi in peclore & in corde facit amor in-ccndium

Esi lacrumœ os défendant , jam ardeat credocaput.

Chaque discours, chaque mot qui n’a pasun rapport sensible St naturel au caractère &à la situation de la personne qui parle, blesseun auditeur intelligent.

Il ne suffit pas même que les peníees, lesfentimens, les actions soient naturelles, lamaniéré de les exprimer doit l’être encore ; ilfaut que facteur , fur la scene, s exprimeprécisément comme celui qu’il représente adû s’énoncer. Un fi ul terme trop haut, troprecherché, ou qui allortit mal au caractèredu personnage, gâte toute une scene; si leton du dialogue n’est pas naturel , la pieceentitre fera froide. C’est l’un des points lesplus difficiles de fart dramatique. Peu depersonnes même , dans les conversations or-dinaires, savent rendre le dialogue intéres-sant. La plupart manquent dans leur maniéréde s’énoncer, ou de brièveté ou deprécision,ou d’énergie ; leur discours est languissant,ou vague , ou fans force. Le poète qui sentces défauts , & qui voudroit mieux faire,tombe souvent dans f excès opposé ; il donnedans le sublime, le précieux, le méthodique,Sc s’écarte du vrai. Horace a rasiemblé dansles vers que nous allons citer , tout ce qu’onpeut prescrire d’eílèntiel fur le style & le tonde la comédie.

EJì brevitate opus , ut currat sentent t a ncu se

Impediat verbis lassas onerantibus aures.

Et fermonc opus esi modi trisii , f xpe j OC ofo.Dtfendente vicem modo rhetoris , atquePoëtce ,

Intcrdurn urbani , parccntis virìbus , atqueExtenuantis ecs confulto.

Sermon. L XX.

Si la comédie exige que tout y soit naturel,elle ne demande pas moins que tout y soitintéressant. Malheur au poëte comique qui

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fera bâiller une feule fois les spectateurs. Iln’est cependant pas possible que faction soitdans tous les momens de fa durée égalementvive & également digne d’attention. Il y anécessairement des feenes peu importantes,des personnages subalternes, de petits inci-dens qui n’infìuentquc foiblement fur factionprincipale. Tous ces accessoires néanmoinsdoivent intéresser chacun d’eux à fa ma-niéré.

On fait comment s’y prennent les poètesmédiocres, les bons même, lorsque quelque-fois ils s’oublient, pour répandre de l’intérêtfur ces petits détails. Ils imaginent quelquesfeenes épisodiques qui ne tiennent point ausujet ; ils donnent aux personnages subalternesdes caractères burlesques, pour amuser lespectateur par leurs faillies pendant que fac-tion languit. De-là la plupart de ces feenestoujours au fond très-insipides, entre ltSvalets ôc les suivantes qui s épuisent en plai-santeries. De-là les caractères d’arlequin ,de scaramouche, &c. qu’on retrouve danstant de comédies , quoique leurs habits n’yparoissent pas. Il ne suffit pas pour excuserle poëte de dire que ces feenes détachées sontdans la nature , que les domestiques en ontsouvent de telles , tandis que leurs maîtress’occupent des plus grands intérêts , &c queceux-ci au milieu de faction principale sontquelquefois interrompus par des affairesétrangères. L’autenr n’est pas plus auto-risé à faire entrer ces épisodes dans son plan ;on ne lui demande pas de nous montrer leschoses de la maniéré commune dont ellesarrivent tous les jours , avec tout f accom-pagnement qui peut s’y trouver , mais onexige de lui qu’il les représente de la maniéréqu’eiles ont pu fepaíler, & quelles ont dûle faire pour produire fur un spectateur intel-ligent & de bon goût le plaisir le plus vif &la satisfaction la plus compiete.

Ces défauts de recourir aux feenes épiso-diques, ou à des remplissages languiíïàns »pour cacher le vuide de faction, sont pouff ordinaire la fuite d’un manque de juge-ment ou de talent comique dans fauteur dela piece. Pour réussir dans ce genre, dplus qu’en tout autre un grand fond d’so eeS& d’imagination. Sien développant f; dans f ordre naturel, il ne s’offre rien à febprit du poëte que ce qui se présentcroit »