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Tome huitième.
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C ° M

charme & Phormys , tous deux Siciliens ,avoient été les premiers à introduire dansla comédie une action suivie 6c déterminée.C’est à leur imitation que Cratès, athénien,qui n‘a précédé Aristophane que de quel-ques années, compoía des pieces comiquesdune forme régulière. Jusqu alors ce n’avoitété apparemment qu’un íìmple divertifle-mentde fêtes bacchanales, comme presquetous les peuples libres en ont eu dans tous lestemps. Il est vraisemblable que ces divertis-semens dans lesquels on se permettoit ,comme on le fait encore aujourd’hui endivers lieux , d’attaquer par des brocards &des injures tous les paílans , ont donné lapremiereidée de la comédie. C est au moinsla plus ancienne forme fous laquelle elle parutà Athènes ; Aristophane reproche aux poètescomiques qui l’avoient précédé , & même àses contemporains de faire consister leurscomédies en pures bouffonneries > & en farcespropres à faire rire les enfans. Il se peut en-ivre que la comédie tire sa premiere originedes fêtes que le peuple faifoit après la récoltede l a moisson ; & des satyres personnellesC[udn y toléroit, pour laisser un cours librea la gaieté grossière des moissonneurs quilouvent n épargnoient pas leurs propresMaîtres.

La comédie proprement dite eut siicceílì-yement trois formes différentes à Athènes.L ancienne comédie s’y introduisit vers lastUatre-vingt-deuxième olympiade. Horacenous nomme que trois poètes qui se soientdistingués dans ce genre: Eupolis, Cratinus,Aristophane. Il ne nous reste que desP le çes de ce dernier, Sc en petit nombre ;^ais elles suffisent pour donner une idée de*ì e Premier genre. L’action y roule sur des '^eiiemens réels, arrivés dans le temps mê-

F? les personnages y font désignés par leur,^ntable n om , & les masques imitoientch ^ ì^urs traits , aulîi exactement que lason ^ Pouvoir se faire. On y jouoit des per-Vent e , S actuellement vivantes, Sc qui ibu-e , i e ^°ìent présentes au spectacle. La píeceQui ^ ^étoit qu’une satyre continuelle,à j Qllc lue avoir, fait une sottise mémorable,s 0 j t t T ns ss manîment de la chose publique,avoW , ans les affaires particulières , ou quibaf n . ^ ma , ^ ur de déplaire au poète , étoit^enplem théâtre, 8c exposé à la. risée

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de la populace. Le gouvernement, les ins-titutions politiques', la religion même Aé-raient point épargnés. Horace nous a tracéle caractère de l’ancienne comédie dans lésvers íuivans :

Eupolis aïque CratìnUs , Arijlopkanéfque poëtaeAtque alir quorum comcedia prifea virorumefi ,Si quis crut dignus defetibi, quod malus autfur ,Quod maechus foret , aut ficarìus aut alioquìFamofiis, multa cum lìb'crtate notabant.

Serm. 1. vi.

Ainsi le fond de cette comédie roulait furdes railleries mordantes du caractère Sc de laconduite des Athéniens, on ne s’y attachaita aucune forme régulière dans l’ordonnancédu sujet. Souvent celui-ci étoit allégorique :on y introduisoiten forme de personnages dei‘ nuées, des grenouilles, des oiseaux , desguêpes, Scc.

On a de la peine à concevoir aujourd’huiqu’une licence si effrénée ait jamais pu êtretolérée ; mal en prendrait dans notre siecléau poète dramatique qui aurait l’insolencede traduire sur la scene le moindre des ci-toyens. Il est sur-tout difficile de compren-dre qu Aristophane ait osé impunément in-sulter sa.nation entiers parles railleries leâplus ameres, & offenser par conséquent touàses spectateurs. On a cru que cette impunitéétoit due au penchant décidé des Athénienspour les railleries ingénieuses, penchant quiles portait à tous pardonner pourvu qu’on sesfit rire. Le pere Brumoi a pense que c’étoitpar politique qu’on accordait cette licencet aux poètes, & q,ue les principaux chèsedelarépublique aimaient bien que le peuple plai-santât sur leur administration, pour l’empê-cher de l’examiner trop sérieusement. Maisces explications ne semblent pas assez satis-faisantes , & elles font eu partie fausses ; car sile peuple d’Athenes avoit approuvé les satyrespersonnelles, il ne les aurait pas répriméespar un édit public ; Sc l’on voit à quel pointil étoit sensible à la licence des poètes qui atta -quaient le gouvernement, puisqu’iî fit con-damner à mort Anaximandride pour un

seul verts satyrique , moins-offensant que'cequ Aristophane avoit dit cit mille endroit?; de ses comédies impunément. Anaximan-| dride n’avoit fait que parodier ce vers d’Eu-1 ripíde :