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Tome huitième.
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raison , on pourroit dire aííèz brutal, pou.r ‘ne pas desirer d’avoir sous les yeux des mo-delés exacts & bien dessinés, qui lui indi-quent dune maniéré lumineuse ce qui luiconvient de faire & d'évi’óir en mille rencon-tres.dou dependent íatranquillité, son hon-neur , souvent tout le bonheur de sa vie ?Ce seroit vainement, qu’il vqudroit consulterles traites de morale, ces ouvrages, quelqueexcellens qu’ìls soient , s’énoncent d’unemaniéré trop générale; ^application de leurspréceptes, au c^s particulier qui se présente,n’est ni sure ní facile. U rriy a que le théâtrecomique qui, pour toutes les scenes de la viehumaine,, puisse fournir les vrais modelés dubon & du mauvais ; d’un procédé raison-nable & d un procédé fou ; d’ailleurs les casv font déterminés nardes circonstances si pré- !«sises, que le spectateur n’y apprend passimplement ce qu’il doit faire; mais encorecomment il doit le faire; la comédie ne se bornepas à un jugement spéculât;f, elle-joint lejugement pratique, qui est le seul utile dansla vie, :

Personne ne doutera que ces importunsobjets dont nous venons de parler, ne soientles véritables sujets dont la comédie devroits occuper. C’est à Inintelligence & au géniedu poète comique à les traiter de maniéréqu’ils deviennent très instructifs, &par con-séquent très-intéresians pour touc hommequi aime à réfléchir ; mais comme d’aprèscette notion la comédie ne seroit que la philo-sophie pratique mise en action , il est clairque pour y travailler avec succès, les talensdu poète doivent être accompagnés des con-noiflances du vrai philosophe moral; c’estici qu on peut dire avec Horace :

.... Ncquç enim concludere verfum,

Dixeris ejse satis....

Le génie poétique dénué d’autres secours ,íeroit d une foibie ressource, st fauteur nefait- pas embrasser d’un coup d œil l’enfem-bîe de la-vie civile, s il n a pas assez- appro-fondi lá nature humaine,. s’il ne connoìtpastous íes-replis du-cccnr de -l’homme, s’ith’a’pas-le don d’apprécier lá sagesse, la vertu,

1 honnêteté, fous quelqne-fotme qu elles pa-roiílent ; & s’il lia pas -encore démêlé lessources morales & psychologiques d ou dé-coulent les travers, les folies _& les sottises

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des hommes , il ne fera jamais un excellentpoète comique.

Faut-il s’étonner après cela que ce talentsoit si rare ? Il n’y a que les meilleures têtesde la nation qui puissent exceller dans cegenre. Nous ne parlons pas ici du génie ,car le génie, seul, sans une grande expé-rience du monde, ne íáuroit donner tout csque lc théâtre comique exige ; il demandedes connoiflances qu’on n’acquierc pointdans la retraite d’un cabinet. Pour les acqué-rir , il fout avoir vu les hommes fous leursdiverses relations mutuelles, avoir observéleurs actions & leurs mouvemens en millerencontres , & avoir été foi- même acteuravec eux. Sans cette connoissance pratique ,on auroit étudié toute la vie les réglés du théâ-tre , qu’on ne pourroit pas composer unefoene vraiment bonne. Les réglés ne sontutiles qu’à celui qui a fa provision de maté-riaux , & qui n’est plus occupé qu’à leur; donner une forme régulière.

: Après ce que nous avons dit jusqu’ici surla nature de la comédie , il seroit très-superflu, de traiter au long de son utilité. Il est évidentquelle ne le cede en importance à aucun. autre genre de'poésie. Si la comédie n’est en-. core nulle part tout ce quelle devroit être,on ne peut l’attribuer qu’à la négligence dé.ceux qui ont en leur main le sort des beaux arts,& qui ne sentent pas aífoz l’importance de. cette heureuse invention pour égayer Sc ins-truire les hommes. On envisage le théâtrecomme un amusement : c’en est un, la choseest hors de doute ; mais puiíque fans riendiminuer de l’amusement qu’il procure, ilpourroit avoir une puiílante influence sur lesmœurs , qu’il serviròit à étendre l’empire dela raison, & les sentimens de l’honnêteté ,à réprimer les folies , Sc à corriger les vicesdes hommes ; ne pas en tirer un parti si utile,c’est imiter cet empereur romain, qui me-noit à grands frais une belle armée dans lesGaules ; pour ne l’occuper qu’à ramasser des. coquillages. ,

Quant à l’origine de la comédie , on « %pas de relations bien sûres du lieu & du temp sde cette invention. Les Athéniens se 1buoient ; mais Aristote a déja observé stu onn’avoit pas des mémoires aussi certains tutl’origine de la comédie , qu’on -e-n avo^ .

1 égard de la tragédie. Il nous apprend qu Ep 1 '