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Tome huitième.
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r Comique , pris pour le genre de la co-médie est un ternie relatif. Ce qui est comiquepour tel peuple , pour telle société , pour telhomme , peut ne pas Pêtre pour tel autre.L'effet du comique résulte de la comparaisonu’on fait, même sans s’en appercevoir , dees mœurs avec les mœurs qu on voit tour-ner en ridicule , Sc supposé entre le specta-teur & le personnage représenté une diffé-rence avantageuse pour le premier. Ce n'estpas que le même homme ne puisse rire de fapropre image, lors même qu'il s'y reconnoît :cela vient d’une duplicité de caractère quis’obscrve encore plus sensiblement dans lecombat des passons , où l'homme est fanscesse en opposition avec lui-même. On sejuge, on se condamne , on se plaisante,comme un tiers, & l’amour-propre y trouveson compte. Voye^ Raison, Sentiment,Identité.

Le comique n'étant qu’une relation, il doitperdre.à être transplanté ; mais il perd plus oumoins en raison de sa bonté essentielle. S'ilest peint avec force &c vérité , il aura tou-jours , comme les portraits de Van dey h &de Latour, le mérite de la peinture, lorsmême qu'on ne fera plus en état de juger dela ressemblance ; 8c les connoisseurs y aper-cevront cette ame & cette vie , qu'on ne* en d jamais qu’en imitant la nature. D’ail-letirs si le comique porte fur des caractèresgénéraux 8c fur quelque vice radical de l'hu-î^anité, il ne fera que trop ressemblant danst0Us les pays & dans tous les siécles. L'avo-j ac Patelin semble peint de nos jours. L'avarePlaute a ses originaux à Paris. Le mifan-!s 0 Pe de Molière eût trouvé les siens à Rome.d e ‘ s font malheureusement chez tous lesQ Dimes le contraste & le mélange de l’a-^oiir-propre & de la raison , que la théoriebonnes mœurs 8c la pratique des mau-a s e s, font presque toujours 8c par-tout lesqu' 1 ? e - s ' L'avarice , cette avidité insatiable* a it qsson se prive de tout pour ne man-& cí û en > fenvie , ce mélange déstimeThv 2 . ne P our ^ es avantagesqu'on n'a pas;Verr ' ce risque du vice déguise en

la b fT'7r flatter ^ e ’ ce commerce infâme entre^ ^ la vanité : tous ces vices & unea u Jj e Outres, existeront par-tout où il yoj, r j , hommes, & par - tout ils feront re-ClénrT con ? me ries vices. Chaque hommeP 1 era dans son semblable ceux dont il se

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croira exempt, 8c prendra un plaisir malinà les voir humilier ; ce qui assure à jamais lesuccès du comique qui attaque les mœurs gé-nérales.

Il n'en est pas ainsi du comique local 8cmomentané. Il est borné pour les lieux &pour les temps, au cercle du ridicule qu'ilattaque ; mais il n'en est souvent que pluslouable , attendu que c'est lui qui empêchele ridicule de sc perpétuer & de se répandre,en détruisant ses propres modelés ; & que s’ilne ressemble plus à personne , c'est que per-sonne n’ose plus lui ressembler. Ménage quia dit tant de mots , & qui en a dit si peu debons , avoir pourtant raison de s'écrier à lapremiere représentation des précieuses ridi-cules : courage .\AIoliere , voilà le bon comique .Observons , à propos de cette piece , qu'il ya quelquefois un grand art à charger les por-traits. La méprise des deux provinciales, leurempressement pour deux valets travestis, lescoups de bâton qui font le dénouement,exagèrent fans doute le mépris attaché auxairs & au ton précieux ; mais Molière, pourarrêter la contagion , a usé du plus violentremede. C'est ainsi que dans un dénouementqui a essuyé tant de critiques , & qui mériteles plus grands éloges , il a osé envoyer l'hy-pocrite à la grève. Son exemple doit appren-dre à ses imitateurs à ne pas ménager le vice ,8c à traiter un méchant homme fur le théâ-tre comme il doit l'être dans la société. Parexemple, il n'y a qu'une façon de renvoyerde dessus la scene un scélérat qui fait gloirede séduire une femme pour la déshonorer :ceux qui lui ressemblent trouveront mauvaisle dénouement; tant.mieux pour fauteur 8cpour l'ouvrage.

Le genre comique françois, le seul dontnous traiterons ici, comme étant le plus par-fait de tous (vfcye^CoMÉDiE ), sc divise encomique noble , comique bourgeois , & bas co~mìque. Comme on n'a fait qu’indiquer cettedivision dans article Comédie, on va ladévelopper dans celui-ci. C'est a une con-noissance profonde de leurs objets, que les artstirent leurs réglés, 8c les auteurs leur fécondité.

Le comique noble peint les mœurs desgrands, & celles-ci diffèrent des mœurs dupeuple 8c de la bourgeoisie , moins par lefond que par la forme. Les vices des grandsfont moins grossiers , leurs ridicules moins1 choquans j ils font même , pour la. plupart 3

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