Band 
Tome huitième.
Seite
658
JPEG-Download
 

666 COM

Fidèle , sage , sont des adjectifs du genrecommun; un amant fidele , une femmefidelle.

En latin, civis se dit également d’un ci-toyen Sc d’une citoyenne. Conjux , fe ditdu mari &c aullì de la femme. Parens, se dit.du pere & se dit aussi de la mere. Bos , sedit également du bœuf & de la vache. Canisdu chien ou de la chienne. Feles , se dit d’unchat ou d’une chatte. ;

Ainíi Ion dit de tous ces noms-là, qu’ilssont du genre commun.

Observez que homo est un nom communquant à la signification, c'est-à-dire, qu ilsignifie également l ’homme ou la femme ; maison ne dira pas en latin mala homo , pour direune méchante femmes ainsi homo est du genremasculin par rapport à la construction gram-maticale. C’est ainsi qu en srançois personneest du genre féminin en construction, quoi-que par rapport à la signification ce motdésigne également un homme ou une femme.

A l’égard des verbes, on appelle verbiscommuns ceux qui, fous une même termi-naison , ont la signification active & la pas-sive , ce qui se connoît par les adjoints.Voyc7^ la quatrième lijle de la méthode de P, R.p. 461, des déponens qui se prennent passi-vement. Il y a apparence que ces verbes onteu autrefois la terminaison active Sc passive: ;cn ester oh trouve criminare, crimino , Sc«rimìnari , criminor , blâmer.

En grec ; les verbes qui fous une mêmeterminaison ont la signification active Sc lapalsive , font appelles verbes moyens 'ou ver-bes de la voix moyenne. C F)

Commun (le), Beaux-Arts. C’est cequi ne fe distingue par aucun degré sensiblede beauté ou de perfection des autres objetsdu même genre , ou ce qui 11’a que le degrémédiocre de perfection , qui est commun àla plupart des choses de la même efpece. Lecommun est par conséquent en toutes choses,ce qu’on voit le plus ordinairement ; par-cette raison il nous touche peu , Sc n’a pointd’énergie esthétique. Des pensées communes ,des peintures ordinaires de la nature ou desmœurs , des événemens de tous les jours,ne sont pas des sujets propres aux ouvragesde l’art. Aussi les critiques recommandent- :ils à l’artiste de choisir un sujet noble, grand,à s'il fe peut neuf, Sc d’éviter le trivial &le commun ,

COM

Mais une chose peut êtr tcommune en deuxmaniérés, ou par fa nature , ou par ses de-hors , c'est-à-dire , en fait d'arts, par la façondont elle est représentée. Une pensée relevéepeut être exprimée d'une maniéré commune ;Sc une pensée commune peut être relevée parla noblelle de l'expression.

On ne doit pas exclure des arts tout sujetcommun ; il est souvent nécessaire à complé-ter l'ensemble. Dans un tableau historique,dans une tragédie , dans une épopée , tousles objets ne peuvent pas être également no-bles. Il íuflìt que le commun n'y entre qu'au-tant qu’il est nécessaire, qu’il n'y dominejamais, & qu'on l'évite le plus qu’on pourra,puisqu'il ne contribue point au plaisir.

Il y a des ouvrages qui, par le choix dtisujet sont communs , mais qui deviennentgrands Sc excelleras par la maniéré de le trai-ter. Tels font les tableaux historiques d'unRembrant , d’un Tenieres , d'un GérardDou , Sc de plulreurs peintres Hollandois ,dont on fait néanmoins un grand cas. Telest encore le Thcrsite d’Homtre , sujet bas& commun , mais qu’on toléré entre tant dehéros , parce que le poète a su le peindre demain de maître.

Dans tous ces cas , ce n’est pas l’objet quiplaît, c'est l’habileté de l’artiste qui donnedu plaisir ; mais comme cette habileté n'estpas précisément le but direct des beaux-arts,le plaisir qu’on trouve à de pareils ouvragesn’empêche pas que le commun ne soit blâma-ble. On regrette avec raison, à la vue de cesproductions, que l’artiste n’ait pas consacreíes précieux talens à des objets plus dignesd’être perpétués.

Le défaut opposé , c’est d’être trop scru-puleux à admettre le commun , lorsqu’il serfà la liaison de l’ensemble. S’imaginer qu’iln’est jamais permis de baisser le ton dans c equi n’est qu’accestbire , c’est le moyen d’êtrfsouvent guindé, gêné & enflé. Lorsq u ~faut employer des choses communes , le p^sûr est de les représenter dans leur airrel. Il est plus ridicule d’étaler avec poruP^un objet commun, que d’exprimer bastèrn erlun sujet relevé. La meilleure réglé à su ivrici, c’est de ne .placer l’objet commun 3 **dans un jour médiocre, Sc de ne le P r ^que sous des couleurs peu vives ; qu’il neque foiblement apperçu , Sc qu’il st ïl