Band 
Tome huitième.
Seite
789
JPEG-Download
 

CON

v Ç ct arbrisseau s eléve à la hauteur de cinqa P, il a lez feuilles opposées en-tler 5 s - les têtes ou enveloppes des fleursrj fl emblées aux aisselles des feuilles, Ifen-Ve ’oppe des fleurs simple , compoíée decinq a f e p t feuilles larges, & radiée, cfest-il'dire , contenant au centre plusieurs fleursler nraphrodites blanches, à fleurons de qua-\ re ^ cinq dents 8 c quatre à cinq étamines, &siuts fou contour plusieurs fleurs femellescsi'nsi-fieuronnées v blanches , auílì à troisdents , feus étamines , toutes portées fur11,1 ovaire couronné clfem calice à deux outr °is foies, & séparées les unes des autresj? 11 des écailles larges , qui remplissent lef ond de 1 enveloppe ou du calice commun.

Culture. Le conant croît communémentau bord des rivières à Cayenne, d où fafsiaine est portée dans les jardins qui en fontl’our f ordinaire remplis.

Qualités. Cette plante a une faveur pi-fldante & amere, qui la rend venimeusel )Q Ur ses poissons.

Usages. Les Caraïbes profitent de cettePropriété pour enyvrer les postions ; pour1 effet ils en pilent la feuille fur une pierre, u dans un trou , puis la jettent dans 1 eauArmante ; si seau est courante , ils fontj^ rs ses bords du rivage un trou dans lequel^ a git'nt le marc j u fq ufe ce que seau en^ ev ienne savonneuse. Le poilson qui vient’fege r dans cet eau est enivré ou plutôtv e< seé au point que fa vessie dfeir ne pou-^ us renouvellet lfeir , ni le poulser3 'dehors , il surnage & meurt bientôtfa rCS ’ Ce foison nfe d effet que fur lepoisson,j‘ lls que les hommes en soient absolumentc °mmodés , 8 c ils mangent ces poissons„ Cc autant de délices que ceux qui sontpn s aux filets.

Remarques. Dans le Para on trouve unetr e e fp ece st e cona ;ii , dont f effet est troisp r ^ Psos lent , & qui au rapport de M.du p UCa * ne a d té apporté par les habitansta »s fl a C ^ ez es se ava S es Maillés , habi-L. q- s P a > rs noyés d’Yapoë.toir e ^dtionnaire intitulé dictionnaire d’hif-d e e natu > dle, confond ces diverses sortes£ 0s iani.

aucn!, tonani nfe encore été rapporté parHoi ls a auteur à fe femille naturelle , & ilparu par f examen que nous avons

CON

789

feic de cette plante , quelle estunë efpecedfefe :kou donc le genre vient naturellementprès du bidens dans la dixieme section deia femille des plantes composées , où noussavons placé. K jyeçnos familles des plantes,volume II, page 131. (J,r AsAJiSON.)

CONARDS ou CORNARDS, fub. m.plut. nom dune ancienne société oui sub-it stoit autrefois dans les villes d’Evreux 8cde Rouen, & qui y a fleuri pendant plusd’un siecle. If objet de cette compagnie étoitridicule , & reílernbloit allez à celle desfous 8c de la mere folle de Dijon.

Le premier but cependant étoit de cor-riger les mœurs en riant ; mais cette liberténe demeura pas long-temps dans les bornesqufelle f étoit prescrites ; & les railleries, oupour mieux dire les satyres, devinrent íìj sanglantes, que 1 feu tonte royale, de con-j cert avec la puiílance ecclésiastique, détrui-sit cette compagnie. On appeloit le ciresVabbé des couards ou des cornards. Cetteplace, qu on nsobtenoit qu à la pluralité desvoix , étoit fort enviée, comme on le voitpar deux vers de ce temps-là :

Couards font les Bufots fr non les Rabillis,

O for tu na go tens quàm variabiïïs !

Les Bufots 8c les Rabillis font deux fa-milles qui subsistent encore à Evreux oudans le pays, 8c qui avoient fourni des ab-bés à la compagnie. Les canards avoient droitde jurifdiction pendant leur divertissement,8c ils l’exerçoient à Evreux dans le lieu oùfe tenoit alors !e bailliage , mais qui nfe stplus le même depuis lfetablilfement du pré-lìdial. Tous les ans ils obtenoient un arrêtfur requête du parlement de Paris avantrétablissement de celui de Rouen, tk decelui-ci depuis lexvj. siecle, pour exercerleurs facéties. Taillepied , dans son livredes antiquités & singularités de la ville deRouen , dit que dans cette ville les canardsavoient leur confrairie à Notre - Dame debonnes-nouvelles , où ils avoient un bureaupour consulter de leurs affaires : “ ils ont suc-cédé , dit-il, aux Coque - luchiers, qui fepréfentoient le jour des rogations en diver-sité d'habits ; mais parce qu on sfemufoitplutôt à ses regarder qufe prier Dieu , celafut réservé pour les jours gras à ceux quijouent des faits vicieux qu on appelle vul-gairement couards ou cornards, auxquels