Band 
Tome huitième.
Seite
940
JPEG-Download
 

540 CON

2°. Ou la personne à qui l’on adresse laparole ; amas , vous aifnez.

5°. Ou enfin quelqu autre objet quin’estni la personne qui parle, ni celle à qui l’onparle ; re.r amat popu'um , le roi aime lepeuple.

Cette considération des mots selon quel-qu’une de ces trois vues de l’esprit, a donnélieu aux Grammairiens de faire un usageparticulier du mot de perj'onne par rapportau discours.

Ils appellent premiere personne celle quiparle, parce que c est d’elle que vient lediscours.

La personne à qui le disoours s’adresse estappelée la seconde personne.

Enfin la troifieme personne , c’est tout cequi est considéré comme étant l’objet dontla premiere personne parle à la seconde.

V oyez combien de sortes de vues de l’es-prit sont énoncées en même temps par unefeule terminaison ajoutée aux lettres radica-les du verbe : par exemple , dans amare,ces deux lettres a, m , sont les radicales ouimmuables ; si à ces deux lettres j’ajoute o ,je forme amo. Or en disant amo , je fais con-noître que je juge de moi, je m’attribue lesentiment d’aimer ; je marque donc en mê-me temps la voix , le mode , le temps, lenombre, la personne.

Je fais ici en paílànt cette observation,pour faire voir qu’outre la propriété de mar-quer la voix , le mode , la personne, &c. &outre la valeur particulière de chaque ver-be, qui énonce oul’efsonce, ou Pexistence,«u quelqu’action , ou quelque sentiment,&c. le verbe marque encore Faction de Fes-prit qui applique cette valeur à un sujet,soit dans les propositions, soit dans les sim-ples énonciations ; & c’est ce qui distinguele verbe des autres mots , qui ne sont quede íîmples dénominations. Mais revenonsau mot conjugaison.

On peut auííi regarder ce mot commeun terme métaphorique tiré de Factiond’atteler les animaux sous le joug, au mêmechar & à la même charrue ; ce qui emportetoujours l’idée d’aíïèmblage, de liaison, &de jonction. Les anciens Grammairiens sesont servi indifféremment du mot de conju-gaison , & de celui de déclinaison , soit enparlant d un verbe, soit en parlant d’un

CON

nom : mais aujourd’hui on employé décli-na: k> & declìnare , quand il s’agit des noms ;& on so sort de conjugatio & de conjugare »quand il est question des verbes.

Les Grammairiens de chaque langue ontobservé qu’il y avoir des verbes qui énon-çoient les modes, les temps, les nombres >& les personnes, par certaines terminaisons,&c que d’autres verbes de la même langueavoient des terminaisons toutes différentes ,pour marquer les mêmes modes, les mê-mes temps, les mêmes nombres , & lesmêmes personnes : alors les Grammairiensont fait autant de clafles différentes de cesverbes, qu’il y a de variétés entre leurs ter-minaisons , qui malgré leurs différences ,ont cependant une égale destination parrapport au temps , au nombre , Sc à lapersonne. Par exemple , amo , amavi, ama~tum , amare ; j’aime, j’ai aimé, aimé, ai-mer ; moneo , monui , monitum , monere ,avertir ; lego , legi , leclum , legere , lire taudio , audivi , auditum , audire , entendre-Ces quatre sortes de terminaisons différen-tes entr’elles, énoncent également des vuesde Feíprit de même espece : amavi , j’ai ai-mé ; monui, j’ai averti ; legi, j’ai lu ; audivi,j’ai entendu : vous voyez que ces différen-tes terminaisons marquent également lapremiere personne au singulier Sc au tempspaslé de l’indicatif ; il n’y a de différence-que dans Faction que l’on attribue à cha-cune de ces premieres personnes, & cetteaction est marquée par les lettres radicalesdu verbe, am , mon , leg, aud.

Parmi les verbes latins , les uns ont leursterminaisons semblables à celles dé amo , l es 'autres à celles de moneo , d’autres à cellesàéaudio. Ce sont ces clafles différentes qu^les grammairiens ont appelées conjugaisons.Ils ont donné un paradigme, ■axpdhtyt^rexemplar, c’est-à-dire un modèle à chacunede ces différentes clafles ; ainsi amare est leparadigme de vocare, de nunciare , Sc detous les autres verbes terminés en are : c estla premiere conjugaison. _ , .

Monere doit être le naradígme de la se-conde conjugaison, scion les rudimens de laméthode de P. R. à cause de ion íupm mo-

nitum ; parce qu en - - . - ,

conjugaison un plus grand nombre (so veríjui ont leur íupui termine eu itum 9 4

effet, il y a dans cette