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Tome huitième.
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CON

de la voix passive. Ainíì de tous les termesdont on se sert dans la conjugaison, le motvoix est celui qui a le plus d’étendue ; caril se dit de chaque mot, en quelque mode,temps , nombre ou personne que ce puiíleêtre.

Les Grecs ont encore la voix moyenne.I-es grammairiens diíént que le verbe moyena la signification active & passive,& qu iltient une eípece de milieu entre f actif & lepassif: mais comme la langue greque estune langue morte , peut-être ne connoît-onpas aussi-bien que Ton croitla voix moyenne.

Par modes on entend les différentes ma-niérés d’exprimer faction. Il y a quatreprincipaux modes, l'indicatif, le subjonctif,l'impératif, & l'infinitif, auxquels en cer-taines langues en ajoute l’optatif.

L'indicatif énonce faction d'une maniéréabsolue , comme j’aime , j’ai aimé, j’avoisaimé, j’aimerai-, c'est le seul mode qui formedes propositions, c'est-à-dire qui énoncedes jugemens ; les autres modes ne font quedes énonciations. Voyc £ ce que nous disonsà ce sujet au mot Construction , où nousfaisons voir la différence qu'il y a entre uneproposition & une simple énonciation.

. P- e subjonctif exprime faction d'une ma-niéré dépendante, subordonnée, incertaine,conditionnelle, en un mot d'une maniéréqui n est pas absolue , & qui suppose tou-jours un indicatif : quand j’aimerais , ajinque j’aimasse ; ce qui ne dit pas que j 3 aime,ni que s aye aimé,

L’optatif que quelques grammairiensajoutent aux modes que nous avons nom-més , exprime faction avec la forme de de-'sir & de souhait : plût-à-Dieu qu’il vienne.Les Grecs ont des terminaisons particulièrespour l'optatif. Les Latins n'en ont point ;mais quand ils veulent énoncer le sens def optatif, ils empruntent les terminaisons dusubjonctif, auxquelles ils ajoutent la parti-cule de désir utinam , plùt-à-Dieu que.Dans les langues où l'optatif n’a point determinaisons qui lui soient propres, il estinutile d’en faire un mode séparé du sub-jonctif.

L’impératif marque faction avec la for-me de commandement, ou d exhortation,ou de prière ; prens , vl ms , va donc.

L’infinitif énonce faction dans un sens

CON

abstrait, & n’en fait par lui-même aucuneapplication singulière & adaptée à un su-jet ; aimer, donner, venir ; ainsi il a besoin,comme les prépositions, les adjectifs , &c.d'être joint à quelqu’autre mot, afín qu'iipuisse faire un sens singulier & adapté.

A 1 égard des temps, il fout observer quetoute action est relative à un temps, puis-qu’elle se passe dans le temps. Ces rapportsde l'action au temps font marqués en quel-ques langues par des particules ajoutées auverbe. Ces particules sont les signes dutemps ; mais il est plus ordinaire que lestemps soient désignés par des terminaisonsparticulières, au moins dans les temps sim-ples : tel est l'usage en grec , en latin, enFrançois, &c.

Il y a trois temps principaux ; i°. le pré-sent , comme amo , j’aime ; 2 °. le passé ouprétérit, comme amavi, j’ai aimé ; $ °. f ave-nir ou futur , comme amabo, j'aimerai.

Ces trois temps font des temps simples &absolus, auxquels on ajoute les temps rela-tifs & combinés , comme je lisois quandvous étés venu , &c. Voye £ Temps , terme deGrammaire.

Les nombres. Ce mot, en termes de Gram-maire , so dit de la propriété qu'ont les ter-: minassions des noms & celles des verbes, demarquer si le mot doit être entendu d’unefeule personne, ou si l’on doit l'entendre deplusieurs. Amo , amas , amat , j'aime , tuaimes, il aime ; chacun de ces trois mots estau singulier : arnamus, amatis, amant, nousaimons, vous aimez , ils aiment ; ces troisderniers mots sont au pluriel, du-moins se-lon leur premiere destination ; car dansl'usage ordinaire on les employé aussi au sin-gulier : c'est ce qu'un de nos grammairiensappelle le fingulicr de politesse. Il y a aussi unsingulier d’autorité ou d'emphaíe ; nous

voulons , nous ordonnons.

A ces deux nombres les Grecs en ajou-tent encore un troisième , qu’ils appellentduel : les terminaisons du duel font desti-nées à marquer qu’on ne parle que de deux J, Enfin il faut savoir ce qu'on entend parles personnes grammaticales ; & pour cela ilfaut observer que tous les objets qui peuventfaire la matière du discours sont i°. ou lapersonne qui parle d'elle-même ; amo ,j'aime.