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Tome huitième.
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soient peut-être pas des copies fort exac-tes des substances , elles né laissent pour-tant pas <sêcre les sujets de la connaissanceréelle que nous avons des substances ; con-noijfan.ce bornée , à la vérité , mais quin’en est pas moins réelle , tant qu’eile peuts’étendre.

Eníîn , pour terminer ce que nous avionsà dire sur la certitude & la réalité de nosconnoisances ; par - touc où nous apperce-vons la convenance ou la disconvenance dequelqu’une de nos idées, il y a une connais-sance certaine ; & par-tout où nous sommesallures que ces idées conviennent avec laréalité des choses » il y a une connaissancecertaine tk réelle.

Mais, direz-vous , notre cannai fance n’estréelle qu’autant qu’eile est conforme à sonobjet extérieur : or, nous ne pouvons le sa-voir ; car, ou notre idée est conforme à1 objet, ou elle n’y est pas conforme, si ellen’y est pas conforme , nous n’en avons pasl’idée : si nous disons quelle y est conforme,comment le prouverons-nous ? Il faudroitque nous connussions cet objet avant qued’en avoir l’idée, afin que nous puissionsdire & être allures que notre idée y. est con-forme. Mais loin de cela, nous ne saurionspas si cet objet existe, si nous en avions l’i-dée , & nous ne le connoiíîdns que par l’idéeque nous en avons ; au lieu qu’il faudroitque nous connussions cet objet-là avanttoutes choses, pour pouvoir dire que l’idéeque nous avons est l’idée de cet objet. Je nepuis connoître la vérité de mon idée , quepar la connoifance de l’objet dont elle estl’idée ; mais je ne puis connoître cet objet,que par l’assurance que j’aurai de la vérité demon idée. Voilà donc deux choses tellesque je ne íaurois connoître la premiere queparla seconde , ni la seconde que parla pre-miere ; & par conséquent je ne saurois con-noître avec une pleine certitude ni l’une ni1 autre. D’ailleurs, pourquoi voulons-nousque l’idée que nous avons d’un marbre soitplus conforme à ce qui est hors de nous, quel’idée que nous avons de la douceur ou del’amertume , de la chaleur ou du froid, dessons & des couleurs ? Or, on convient qu’iln’y a rien hors de nous & dans les objets quisoit semblable à ces idées que nous avo sen leur présence : doac nous n’avons aucune

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preuve démonstrative qu’il y ait hors denousquelque choie qui soit conforme à l’idée quenous avons, par exemple, d’un arbre oude quelque autre objet ; donc nous ne som-mes assurés d’aucune connaissance réelle.

Rien n’est moins solide que cette objec-tion , quoiqu’elle soit une des plus subtilesqui aient été proposées par Sexcus Empiri-cus. L’objection suppose que nous croyonsavoir l’idée d’un arbre, par exemple, fansque nous soyons furs de lavoir. Voici doncce que je réponds. L’idée est de ía nature Scde son essence une image, une représenta-tion. Or, toute image, toute représentationsuppose un objet quel qu’il soit. Je demandemaintenant si cet objet est possible ou im-possible. Qu’il ne soit pas impossible, un pur.être de raison , cela se conçoit aisément. Ilsulsit que nous ne puissions pas plus nous en~former l’idée, qu’un peintre peut tracer furune toile un cercle quarré, un triangle rond,un quarré fans quatre côtés. L’impoisibilitédu peintre pour peindre de telles figures ,nous garantit l’imposiîbilité où nous som-mes de concevoir un être qui implique con-tradiction. Il reste donc que l’objet repré-senté par l’idée, soit du moins possible. Or,cet objet possible est ou interne ou externe.S’il est interne, il se confond avec notreidée même, & par conséquent nous avonsde lui la même perception intime que celleque nous avons de notre idée. S’il est ex-terne , la connoifance que j’en ai par l’idéequi lé représente est aussi réelle que lui,parce que cette idée lui est nécessairementconforme. Mais pour connoître si l’idée estvraie, il faudroit que je connusse déja l’ob-jet. Point du tout ; car l’idée porte avec ellesa vérité, sa vérité consistant àreprésenter cequ’eile représente , & à ne pouvoir pas nepoint représenter ce qu’eile représente. L’ob-jection suppose faux , en disent qu’une desdeux choses, soit l’idée, soit l’objet, précedela connoifance de l'autre. Ce font deu* Corol-laires qui se connoilsent en même temps.Mais pendant que je m’imagine aV °ir 1 idéed’un arbre, ne peut-il pas se fane que j’,riel’idée de tout autre objet? Cela. n est pas plus, possible qu’il lé íeroit de vondu no r quandon croit voir du bime, de sentir de la dou-leur quand on croit 11 a Y°^ r que des senti-mens de plaisir. La raison de cela est q u ^