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Tome huitième.
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C O K

sance réelle, auíïì-bien que dans les figu-res mathématiques.

Pour parvenir à la connoijsance & à lacertitude, il est nécestàire que nous ayonsdes idées déterminées ; Sc pour faire quenotre connoijsance soit réelle , il faut quenos idées répondent à leurs archétypes : aureste l’on ne doit pas trouver étrange qu’onplace la réalité de notre connoijsance dansla considération de nos idées , lans fe met-tre fort en peine de l’existence réelle deschoses ; puiiqu’après y avoir bien pensé ,l'on trouvera, si je ne me trompe , que laplupart des discours fur lesquels roulentles pensées & les disputes, ne sont effec-tivement que des propositions générales, Scdes notions auxquelles l’exiftence n'a au-cune part. Tous les discours des mathé-maticiens fur la quadrature du cercle, furles sections coniques, ou fur toute autrepartie des mathématiques , ne regardentpoint du tout l’existence d’aucune de cesfigures. Les démonstrations qu’ils font furcela , & qui dépendent des idées qu’ils ontdans 1 esprit , sont les mêmes , soit qu ily ait un quarté ou un cercle actuellementexistant dans le monde, ou qu'il n’y enait point. De même, la vérité des discoursde morale est considérée indépendammentde la vie des hommes & de l’existenceactuelle de ces vertus ; Sc les offices de Ci-céron ne sont pas moins conformes à lavérité , parce qu’il n’y a personne qui enpratique exactement les maximes, &- quiréglé fa vie fur le modele d’un hommede bien, tel que Cicéron nous l’á dépeintdans cet ouvrage, & qui n’existoit qu’enidée lorfqu’îl lecrivoit. S’il est vrai dansla spéculation , c’est-à-dire en idée, que lemeurtre mérite la mort, il le sera aussi àl’égard de toute action réelle qui est con-forme à cette idée de meurtre. Quant aux ,autres actions , la vérité de cette proposi-tion ne les touche en aucune maniéré. IIen est de même de toutes les autres efpe-cej de choses qui n ’°nt point d’autre e/scnccque les idées mêmes qui sont dans l’efprit

de l’homme.

P-fl 1 tr °isieme lieu , il y a une autre forted idees compl exes , q U i fe rapportant à des 1archétypes q u j ex ift en t hors de nous, peu-vent en ctre diflfé rtn - es • Sc ainsi notre con- .

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' noijsance touchant ces idées peut manquerd’être réelle. Telles sont nos idees de fubí-tances , qui consistant dans une collectiond’idées simples, peuvent pourtant etre dif-férentes de ces archétypes , des-la qu ellesrenferment plus d’idées ou d’autres ideesque celles qu’on peut trouver unies dansles choses mêmes ; dans ce cas-là elles nefont pas réelles , n’étant pas exactementconformes aux choses mêmes. Ainsi pouravoir des idées des Insistances, qui étantconformes aux choses puissent nous four-nir une connaissance réelle il ne suffit pasde joindre ensemble , ainsi que dans lesmodes, des idées qui ne soient pas incom-patibles , quoiqu’elles n’ayent jamais existéauparavant de cette maniéré ; comme sont,par exemple , les idées de sacrilège ou deparjure , &c. qui étoient aussi véritablesSc aussi réelles avant qu’après l’existenced’aucune action semblable. Il en est toutautrement à l’égard de nos idées de subs-tances ; car celles-ci étant regardées com-me des copies qui doivent représenter desarchétypes existans hors de nous, elles doi-vent être toujours formées fur quelquechose qui existe ou qui ait existé ; Sc il nefaut pas qu’elles soient composées d’idées,que notre esprit joigne arbitrairement en-semble , sans luivre aucun modele réeld’où elles ayent été déduites, quoique nousne puissions appercevoir aucune incompa-tibilité dans une telle combinaison. Laraison de cela est , que ne lâchant pasquelle est la constitution réelle des subs-tances d’où dépendent nos idées simples,& qui est effectivement la cause de ce quequelques-unes d’elles sont étroitement béesensemble dans un même sujet, & qued’autres en sont exclues, il y en a fort peudont nous puissions asturcr qu elles peu-vent ou ne peuvent pas exister ensembledans la nature , au-delà de ce qui paroîtpar l’expérience Sc par des observations sen-sibles. Par conséquent toute la réalité deî la connoijsance que nous avons des substan-ces , est sondée sur ceci : que toutes nosidées complexes des substances doivent êtretelles , qu’elles soient uniquement compo-■ fées d’idées simples , qu’on ait reconnuesco-exister dans la nature. Jusque-là nosidées sont véritables ; &• quoiqu’elles nc