io6 CO N
qu’enpinçant la corde qui donne le sonde lanote x , on entend les tons de toutes les au-tres notes marquées ici, 2, 3,4, $ , 6 ,7 ,&c. Une oreille médiocrement exercée dis-tingue allez clairement dans ce ton 1, lestons 2, 3,4, & méme Ç. Mais les tons su-périeurs ne se font sentir qu’aux oreillestrès-fines , & qu’un long exercice a rendusensibles. II faut encore remarquer ici queles chiffres marqués auprès des notes ci-def-sus, indiquent le rapport des vibrations,ou la fréquence des oscillations de chaquecorde , rapportées à celles de la corde pin-cée.
Cela posé, il faut encore admettre ,comme un fait constaté par l’expérience ,que les intervalles 1 : 2,2 : 3, 3 : 4, 4.- 5 ,Ç : 6, cela veut dire que l’octave, la quinte,la quarte, la tierce majeure & la tierce mi-neure , forment des accords qui ne fontpoint désagréables; que ce font des conson-nances ; qu’au contraire , les tons 8 : 9 fontune impression fur I’oreiíle qui lui déplaîtsensiblement ; & qu’ainsi ils forment unediffonance bien décidée.
Ajoutons à cela que le premier , le plusgrand intervalle , 1 : 2 , ou l’octave , a fanscontredit une harmonie plus parfaite que n’ale second intervalle 2 : 3 , ou la quinte ; quecelle-ci est à son tour plus harmonieuse quela quarte , ou l’intervalle 3 : 4. II semblequ’onen pourra conclure quel’harmonie dé-croît à mesure que les intervalles des tonsse raprochent ; ainsi en prenant la fuite na-turelle des intervalles 1:2, 2:3, 3:4,V 5 ' .56:7,7:8, 8:9, 9: 10,Vc. a Pinfini, qui font successivement "oc-tave , la quinte, la quarte, la tierce majeure,la tierce mineure, la tierce diminuée, ( L’in-tervalle 7 : 8 , n’a point de nom déterminé)la seconde , &c. on s’apperçoit que plus lerapport des deux tons approche du rapportd’égalité , plus la diffonance devient sensi-ble. Elle commence à se faire sentir dansl’accord de 8 : 9 , & de là elle continue àdevenir de plus en plus désagréable. Cellede 8 : 9 , l’est moins que celle de 9 : 10 ; &celle-ci est encore plus supportable que l’ac-cord de 15 : 16.
Une autre observation qui confirme lesprécédentes , c’est que dans l’accord de deuxinstrumens semblables, par exemple de deux
c O N
flûtes , la dissonance devient plus désagréa-ble à mesure qu’on approche de l’unistbn oudu rapport 1 : 1. L’intervalle 99 : 100, &plus encore celui de 999 : 1000 , produisentune discordance insupportable , mais qui serésout dans la plus agréable des confonnan -ces aussitôt qu’on parvient à l’unistbn.
D’après toutes ces observations, nouscroyons pouvoir établir les propositions sui-vantes , comme autant de vérités fondéesfur une expérience indubitable.
i°. Que la plus parfaite des confonnan-ces est celle des deux tons également hauts,c’est-à-dire , l’unistbn.
2 0 . Que la dissonance la plus insupportableest celle des deux tons , qui ne différent quetrès-peu de Punisson , qui seroient par ex-emple dans le rapport de 99 à 100.
3 0 . Que le désagrément de cette discor-dance s’a'ffbiblit à mesure que les nombresqui indiquent le rapport des deux tons, s’é-loignent de Légalité ; ensorte qu’enfin cedésagrément ceste absolument d’étre sensi-ble, lorsque l’intervalle des deux tons est par-venu à une certaine grandeur.
4°. Que dès que cet intervalle n’est pasplus petit que dans le rapport de 5 : 6 , iln’y a plus de dissonance.
;o. Que dès ce méme intervalle de 5 : 6 ,l’accord des deux tons plaît déjà à l’oreille ,
6 qu’à mesure que les deux nombres s’éloi-gnent encore davantage du rapport «Légali-té , la consoanance en devient plus agréable.
6 °. Que cet accroissement des dégrés deconsonnance , a néanmoins son maximum ,au-delà duquel l’agrément de la consonnan-ce va en diminuant ; & que ce maximumtombe précisément sur le rapport de 1 : 2.En forte que l’intervalle 1 : 3 ne fait déjàplus une si bonne consonnance que celui de1 : 2 , bien que les nombres qui l’expriments’éloignent davantage de Légalité.
En reprenant donc, munis de ces obser-vations , les intervalles des tons, dans lemême ordre que la nature observe en pro-duisant le son ; savoir :
1:2, 2:3, 3:4, 4-5,;:6,6:7.
7 : 8 , 8 : 9,9 : 10, &c
nous remarquerons que les limites qui iepa-rentles confonnances des dissonances, tom-bent fur les intervalles 6 : 7 & 7 : 8. Carl’accord de 8:9, fait une dissonance bien