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à lir* & à écrire, Voye\ VArt de parler du JP. Lamy, pag. 199. Et parmi nous M. Pe-reyre , par des recherches & par des prati-ques encore plus exactes que celles d’Am-man , opéré ici [ à Paris, quai des Augus-tins ] les mêmes prodiges que ce médecinopérait en la Hollande.
Mon dessein n’est pas d’entrer ici,comme ces deux philosophes, dans l’exa-men & dans le détail de la formation dechaque lettre particulière, de peur de m’ex-poser aux railleries de madame Jourdain &à celles de Nicole. Voyelle Bourgeois gen-tilhomme de Molière. Mais comme la mé-chanique de la voix est un sujet intérestant;que c’est principalement par la parole quenous vivons en société ; que d’ailleurs undictionnaire est fait pour toutes sortes depersonnes , & qu’il y en a un assez grandnombre qui seront bien aises de trouver icifur ce point des connoistànces qu’ils n’ontpoint acquises dans leur jeunesse , j’ai crudevoir les dédommager de cette négligence,en leur donnant une idée générale de la mé-chanique de la voix ; ce qui d’ailleurs feraentendre plus aisément la différence qu’il yentre la consonne & la voyelle.
D’abord il faut observer que Pair qui sortdes poumons est la matière de la voix, c’est-à-dire du chant & de la parole. Lorsque lapoitrine s’élevepar Pactionde certains mus-cles , Pair extérieur entre dans les vésiculesdes poumons, comme il entre dans unepompe dont on éleve le piston.
Ce mouvement par lequel les poumonsreçoivent Pair , est ce qu’on appelle ins-piration.
Quand la poitrine s’affaiste, Pair fortdes poumons ; c’est ce qu’on nomme espi-ration.
Le mot de respiration comprend l’un& l’autre de ces mouvemens ; ils en fontles deux especes.
Le peuple croît que le gosier sert depassage à Pair & aux alimens ; mais l’anato-mie nous apprend qu’au fond dc la bouchecommencent deux tuyaux ou conduits dif-férons , entourés d’une tunique commune.
L’un est appellé esophage , cireçáyoç ,c’est-à-dire porte-manger ; c’est par où lesalimens passent de la bouche dans P estomac;c’est le gosier.
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L’autre conduit , le seul dont la connois-sance appartienne à notre sujet, est situé àla partie antérieure du cou ; c’est le canalpar où Pair extérieur entre dans les poumons& en fort : on l’appelle trache'e-artere ; tra-chée , c’est-à-dire rude , à cause de sescartilages ; xpaslut féminin de apaysç- ,asper ; artere , d’un mot grec qui signifieréceptacle , parce qu’en effet ce conduit re-çoit & fournit Pair qui fait la voix : àpanp'ut,vctpdrì àípa-riísíiv , garder Vair.
On confond communément l’un & l’autrede ces conduits fous le nom de gosier ,guttur , quoique ce mot ne doive se direque de Pésophage ; les grammairiens mêmedonnent le nom de gutturales aux lettresque certains peuples prononcent avec uneaspiration forte , & par un mouvement par-ticulier de la trachée-artere.
Les cartilages & les muscles de la partiesupérieure de la trachée-artere formentune espece de tête , ou une sorte de cou-ronne oblongue qui donne pastàge à Pairque nous respirons ; c’est ce que le peupleappelle la pomme ou le morceau d’Adam.Les anatomistes la nomment larynx,y dpvy^ yd’où vient , clamo, je crie. L’ou-
verture du larynx est appellé glotte, yhZria. ;& suivant qu’elle est resserrée ou dilatéepar le moyen de certains muscles, elleforme la voix ou plus grêle , ou plus pleine.
II faut observerqu’au-dessus de la glotteil y a une espece de soupape , qui dans letemps du passage des alimens , couvre laglotte ; ce qui les empêche d’entrer dans latrachée-artere : on l’appelle épiglotte ; Lrì,super , sur , & yhÔTÌa, ou ys/vélìr.
M. Ferreín , célébré anatomiste , a ob-servé à chaque levre de la glotte une especede ruban large d’une ligne , tendu horison-talement ; faction de Pair qui paííè par lafente ou glotte , excite dans ces rubans desvibrations qui les font sonner comme lescordes d’un instrument de musique : M.Ferrein appelle ces rubans cordes vocales.Les muscles du larynx tendent ou relâchentplus ou moins ces cordes vocales ; ce quifait la différence des tons dans le chant,dans les plaintes & dans les cris. Voye\ leMémoire de M. Ferrein , Hijloire de l’A-cadémie des Sciences , année 1741 3 pag.409.