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Tome neuvième.
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n6 CON

A la fin des mots , ì'x a en quelques nomspropres le son de c s : Ajax , Pollux ,Styx ; on prononce Ajacs , Pollues ,Stycs. II enestde même de Y ?í.ài)eâà{préfix,on prononce prejies.

Mais dans les autres mots que les maîtresà écrire , pour donner plus de jeu à la plu-me , ont terminé par un x , ce. x tient feu-lement la place du s, comme dans je veux }les cieux , les yeux , la voix , Jìx , dix ,chevaux , &c.

Le x est employé pour deux / dans soi-xante , Bruxelle , Auxone , Auxerre , ondit Ausserre , soijsante , Brusselle , Aufisone y à la maniéré des Italiens qui n’ontpoint de x dans leur alphabet, & qui em-ployeur: les deux ssk\z place de cette let-tre : Alejsandro , Alejsio.

On écrit auífi , par abus , le x au lieu du% , en ces mots ,sixième , deuxieme , quoi-qu’on prononce fifieme , de urgente. Le xtient lieu du c dans excellent , prononcez ec-cellent.

Voilà déjà quinze sons consonnes dési-gnés par quinze caractères propres ; je re-jette ici les caractères auxquels un usageaveugle a donné le son de quelqu’un desquinze que nous venons de compter ; telsfont le k & le q , puisque le c dur marqueexactement le son de ces lettres. Je ne donnepoint ici au c le son du/, ni au / le son du\. C’est ainsi qu’en Grec le cappa est tou-jours cappa, le sigma toujours sigma ; deforte que si en Grec la prononciation d’unmot vient à changer , ou par contraction ,ou par la forme de la conjugaison , ou parla raison de quelque dialecte , Portographede ce mot se conforme au nouveau son qu’onlui donne. On n’a égard en Grec qu’à la ma-niéré de prononcer les mots , & non à lasource d’où ils viennent, quand elle n’infîueen rien fur la prononciation , qui est le seulbut de Portographe. Elle ne doit que pein-dre la parole , qui est son original ; elle nedoit point en doubler les traits ni lui endonner qu’il n’a pas , ni s’obstiner à le pein-dre à présent tel qu’il étoit il y a plusieursannées.

Au reste les réflexions que je fais ici n’ontd’autre but que de tâcher de découvrir les ,sons de notre langue. Je ne cherche que lefait. D’ailleurs je respecte l’usage dans le

C O N

temps même que j’en rcconnois les écarts& la déraison, & je m’y conforme malgréla réflexion sage du célébré prote de Poitiers& de M. restant, qui nous disent qu’// efitoujours louable en fait d’ortographe dequitter une mauvaise habitude pour en con-tracter une meilleure, c’est-à-dire plus con-forme aux lumières naturelles &. au but dede Part. Traite’ de V ortògraphe en forme dedictionnaire y édit. de 1739 , page /jzz.& IV. édition corrigée par M. Restaut,t 75 í >s a S e 6 35-

Que si quelqu’un trouve qu’il y a de lacontrariété dans cette conduite , je lui ré-ponds que tel est le procédé du genre humain.Agiíïons-nous toujours conformément ànos lumières & à nos principes !

Aux quinze sons que nous venons de re-marquer , on doit en ajouter encore quatreautres qui devroient avoir un caractère par-ticulier. Les Grecs n’auroient pas manquéde leur en donner un, comme ils firent à l’elong , à 1 '0 long , & aux lettres aspirées. Lesquatre sons dont je veux parler ici, font lech qu’on nomme che , le gn qu’on nommegne, le ll ou Ile qui est un son mouillé fort,& le y qu’on nomme yé qui est un sonmouillé foible.

Figure.

Ch,ch ,

gn ,

II ne s’agit pasde ces deux lettres,quand elles gardentleur son propre ,comme dans gno-mon 3 magnus ; ils’agit du son mouil-lé qu’on leur donnedans

Les Espagnolsmarquent ce sonpar un n surmontéd’une petite ligne,qu’ils appellent til-de , c’est-à-dire

Nom.

Exemples.

s Chapeau , chérir, chi-

che. <

V cane , chose , chûte ,V. chou, chemin , cheval.

gne.

’ Pays de Coca-gne.Allema-gne.Ma-gnanime.Champa-gne.Re-gne.

Li-gne.

Infi-gne.

Ma-gnifique.

Avi-gnon.

Oi-gnon.

titre . 5 Montana y montagne.

< Efpana , Espagne.

J Ile mouillé fort.