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Tome neuvième.
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CON

Nous devrions avoir auíli un caractèreparticulier destiné uniquement à marquer leson de l mouillé. Comme ce caractère nousmanque , notre ortographe n’est pas unifor-me dans la maniéré de désigner ce son ; tan-tôt nous l’indiquons par un seul/, tantôt pardeux ll , quelquefois par Ih. On doit seule-ment observer que / mouillé est presque tou-jours précédé d’un i ; mais cet i n’est paspour cela la marque caractéristique du /mouil-lé , comme on le voit dans civil, Nil ,exil y fil, file y vil, vile , où le / n’estpoint mouillé , non-pîus que dans Achille ,pupille y tranquille , qu’on feroit mieux den’écrire qu’avec un seul l.

II faut observer qu’en plusieurs mots, 17se fait entendre dans la syllabe avant le sonmouillé ; comme dans péril , on entend 17 ,ensuite le son mouillé pé-ri-l.

II y a au contraire plusieurs mots où 17 'est muet, c’est-à-dire qu’il n’y est pas en-tendu séparément du son mouillé ; il est con-fondu avec ce son, ou plutôt il n’y estpoint quoiqu’on Pécrive , ou il y est bienfoible.

Exemples où V i efl entendu.

Péri-l.

Avri-l.

Ba-bil.

Du mi-l.

Un genti-l-homme.Bréfi-l.

Fi-lle.

Babi-lle.

Véti-lle.

Fréti-lle.

Chevi-lle.

Fami-lle.

Cédi-lle.

Sévi-lle.

Exemples où l’i efi muet & confonduavec le son mouillé.

De Pa-il y de Vail.Qu’il s’en ai-lle.Bou-ill-on y bouillir.Boute-ille.

Berca-il.

Ema-il.

Eventa-il.

Qu’ilfou-ille.

Qu’il fa-ille.

Le village de Julli.Merve-ille.Mou-illey mou-ill-er.

Ni fou ni ma-ille.Sans pare-ille.

II ra-ille.

Le duc de Sulli.

Le feu-il de la porte.Lefomme-il, ilfom-me-ille.

Sou-iller.

Trava-ily trava-iller.Qu’il veu-ille.

La ve-ille.

Rien qui va-ille.

Le son mouillé du l est austì marqué dansquelques noms propres par Ih. Milhaud

CON 177

ville de Rouergue , M. Silhon , M. dePardalhac.

On a observé que nous p’avons point demots qui commencent par le son mouillé.

Du yé ou mouillé foible. Le peuple deParis change le mouillé fort en mouillé foi-ble ; il prononce fi-ye au lieu de fille , Ver-fa-yes pour Versailles. Cette prononcia-tion a donné lieu à quelques grammairiensmodernes d’obferver ce mouillé foible. Eneffet il y a bien de la différence dans la pro-nonciation de ien dans mien , tien , Lee. &de celle de mo-yen , pa-yen, a-yeuxy a-yant y Ba-yone , Ma-yence , Bla-ye villede Guyenn e,fa-yance; emplo-yons à l’indi-catif, afin que nous emplo-i-yons y quevous a-i-ye\ , que vous fo~i-ye\ au subjonc-tif. La ville de No-yon , le duc de Ma-yenne, le chevalier Ba-yard, la Ca-yenne-,ca-yer , fo-yer , bo-yaux.

Ces grammairiens disent que ce sonmouillé est une consonne. C’est ce que j’aientendu soutenir il y a long-temps par unhabile grammairien , M. Faiguet qui nous adonné le mot Citation. M. du Mas qui ainventé le bureau typographique, dit que„ dans les mots pa-yer , emplo-yer , &c.

» yé est une espece d 7 mouillé consonne ou», demi-consonne ». Bibliothèque des en—fans , III. vol. page zog , Paris 1 755.

M. de Launay dit que », cette lettre est» amphibie ; qu’elle est voyelle quand elle» a la prononciation de i ; mais qu’elle»> est consonne quand on l’employe avec les», voyelles, comme dans les syllabes ya ,

» yé, &c. & qu’alors il la met au rang des», consonnes ». Méthode de M. de Lau-'"'nay, p. 39 & 40. Paris, 1J41.

Pour moi, je ne dispute point sur le nom.L’essentiel est de bien distinguer & de bienprononcer cette lettre. Je regarde ce sonyedans les exemples ci-destùs , comme un sonmixte , qui me paroît tenir de la voyelle &de la consonne , & faire une claste à part.

Ainsi , en ajoutant le che & les deux sonsmouillés gn , & //, aux quinze premieresconsonnes , cela fait dix-huit consonnes ,fans compter le h aspiré , ni le mouillé foi-ble ou son mixte ye.

Je vais finir par une division remarquableentre les consonnes. Depuis M. l’abbé deDangeau, nos grammairiens les divisent en