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nous les font regarder selon l’ordre de leursrapports, & par conséquent selon Tordre dela conflruclion Jìmple , nécessaire & Jìgni-ficative.
Cano arma atque virum , qui vir , pro-fugus à fato , venitprimus ab oris Trojcein Icaliam , atque ai littora Lavina ; tantla suite des mots & leurs desinances ont deforce pour faire entendre le sens.
Tantum fériés iuncluraque pollet.
Hor. Artpoét. v. Zfo.
Quand une fois cette opération m’a con-duit à Tintelligence du sens , je lis & je relisle texte de fauteur ; je me livre au plaisirque me cause le soin de rétablir, fans tropde peine, Tordre que la vivacité & T empres-sement de Timagination, Pélégance & Thar-monie avoient renversé ; & ces fréquenteslectures me font acquérir un goût éclairépour la belle latinité.
La conflruclion Jìmple est aussi appel-Iée conflruclion naturelle , parce que c’estcelle que nous avons apprise sans maî-tre , par la feule constitution méchaniquede nos organes , par notre attention ¬re penchant à Timitation : elle est leseul moyen nécestàire pour énoncer nospensées par la parole , puisque les autressortes de constructions ne forment un sens ,que lorsque par un simple regard de Tespritnous y appercevons aisément Tordre succes-sif de la conflruclion Jìmple.
Cet ordre est le plus propre à faire apper-cevoir les parties que la nécessité de Félocu-tion nous fait donner à la pensée ; il nousindique les rapports que ces parties ont en-tr’elles : rapports dont le concert produitFensemole , & pour ainsi dire le corps dechaque pensée particulière. Telle est la re-lation établie entre la pensée & les mots ,c’est-à-dire, entre la chose & les signes quila font connoître ; connoistance acquise dèsles premieres années de la vie, par des actessi souvent répétés, qu’il en résulte une habi-tude que nous regardons comme un effetnaturel Que celui qui parle employé ce quel’art a de plus séduisant pour nous plaire , &de plus propre à nous toucher, nous applau-dirons à ses talens; mais son premier devoirest de respecter les réglés de la conflruclion
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Jìmple , & d’éviter les obstacles qui pour-roient nous'empécher d’y réduire fans peinece qu’il nous dit.
Comme par-tout les hommes pensent,& qu’ils cherchent à faire connoître lapensée par la parole, Tordre dont nous par-lons est au fond uniforme par-tout ; & c’estencore un autre motif pour l’appellernaturel.
II est vrai qu’il y a des différences dansles langues ; différences dans le vocabu-laire ou la nomenclature qui énonce lesnoms des objets & ceux de leurs qualifica-tifs ; différence dans les terminaisons quifont les signes de Tordre successif des cor-rélatifs ; différence dans l’usage des mé-taphores , dans les idiotismes , & dans lestours de la conflruclion usuelle : mais il ya uniformité en ce que par-tout la penséequi est à énoncer est divisée par les motsqui en représentent les parties , & que cesparties ont des signes de leur relation.
Enfin cette conflruclion est encore ap-pellée naturelle, parce qu’elle fuit la nature;je veux dire parce qu’elle énonce les motsselon l’état où Tesprit conçoit les choses ;le soleil efl lurúineux. On fuit ou Tordre dela relation des causes avec les effets , oucelui des effets avec leur cause ; je veuxdire que la conflruclion Jìmple procède , ouen allant de la cause à T effet, ou de l’agentau patient ; comme quand on dit: Dieu acréé le monde; Julien Leroi a fait cettemontre ; Auguste vainquit Jlntoine ; c’estce que ies grammairiens appellent la voixactive : ou bien la conflruclion énonce lapensée en remontant de T effet à la cause ,& du patient à Tagent, selon le langage desphilosophes ; ce que les grammairiens ap-pellent: la voix pafjive : le monde a été créépar l’Étre tout-puijsant ; cette montre a étéfaite par Julien Leroi , horloger liabile ; An-toine fut vaincu par Auguste. La conjlvuo-tion Jìmple présente d’abordl’objet ou sujet,ensuite elle le qualifie selon les propriétésou les accidens que les sens y découvrent,ou que Timagination y suppose.
Or dans l’un & dans l’autre de ces deuxcas, l’état des choses demande que l’on com-mence par nommer le sujet. En effet, lanature & la raison ne nous apprennent-ellespas, i°. qu’il faut être avant que d’opérer ,