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Tome neuvième.
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CON

prias efl este quàm operari ; 2°. qu’il fautexister avant que de pouvoir être l’objet del’action d’un autre ; 3 0 . enfin qu’il faut avoirune existence réelle ou imaginée , avant quede pouvoir être qualifié, c’est-a-dire, avantque de pouvoir être considéré comme ayanttelle ou telle modification propre , ou bientel ou tel de ces accidens qui donnent lieu àce que les logiciens appellent des dénomi-nations externes : il ejl aimé , il ejì haï 3 ilejì loué , il ejl blâmé.

On observe la même pratique par imita-tion , quand on parle de noms abstraits &d’êtres purement métaphysiques : ainsi ondit que la vertu a des charmes , comme l’ondit que le roi a des soldats.

La construction simple , comme nous Pa-vons déja remarqué , énonce d’abord le su-jet dont on juge , après quoi elle dit, ouqu’r'/ ejl , ou qu’ il fait , ou qu ’/7 souffre , ouqu’z/ a y soit dans le sens propre, soit aufiguré.

Pour mieux faire entendre ma pensée,quand je dis que la conjlrucíion fimplesuitVétat des choses , j'observerai que dans laréalité P adjectif n’énonce qu’une qualifica-tion du substantif ; l’adjectif n’est donc quele substantif même considéré avec telle outelle modification ; tel est Pétât des choses :austi la conjlrucíion fimple ne fépare-t-ellejamais l’adjectif du substantif. Ainsi quandVirgile a dit,

Frigidus,agricoIam,Jì quanio continet imber.

Géorg. liv. I. v. 259.

Padjectif frigidus étant séparé par plusieursmots de son substantif imber , cette cons-truction sera , tant qu’il vous plaira , uneconstruch on élégante, mais jamais une phrasede la conjlrucíion Jìmple , parce qu’on n’ysuit pas l’ordre de l’e'tat des choses, ni durapport immédiat qui est entre les mots enconséquence de cet état.

Lorsque les mots essentiels à la proposi-tion ont des modificatifs, qui en étendent ouqui en restreignent la valeur, la conjlrucíionfimple place ces modificatifs à la fuite desmots qu’ils modifient : ainsi tous les mots setrouvent rangés succeffivement selon le rap-port immédiat du mot qui suit avec celuigui le précede : par exemple , Alexandre

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vainquit Darius , voilà une simple proposi-tion ; mais sij’ajoute des modificatifs ou ad-joints à chacun de ces termes, la construc-tion fimple les placera successivement selonl’ordre de leur relation. Alexandre , fils dePhilippe & roi de Macédoine y vainquit 3avec peu de troupes 3 Darius roi des Perses 3qui étoit à la tête d’une armée nombreuse.

Si l’on énonce des circonstances dont lesens tombe fur toute la proposition, on peutles placer ou au commencement ou à la finde la proposition : par exemple , en la troi-jieme année de la cxij olympiade 3 j j o ansavant Jesus-Chrifi 3 on\e jours après uneéclipse de lune 3 Alexandre vainquitDarius ; ou bien Alexandre vainquit Da-rius en la troisième année 3 &c.

Les liaisons des différentes parties dudiscours, telles que cependant 3 sur ces en-trefaites 3 dans ces circonstances , mais ,quoique , après que 3 avant que 3 &c. doi-vent précéder le sujet de la proposition oùelles se trouvent, parce que ces liaisons nefont pas des parties nécessaires de la propo-sition ; elles ne font que des adjoints, oudes transitions, ou des conjonctions parti-culières qui lient les propositions partiellesdont les périodes font composées.

Par la même raison , le relatif qui , quce 3quod 3 & nos qui 3 que , dont , précédenttous les mots de la proposition à laquelle ilsappartiennent ; parce qu’ils fervent à liercette proposition à quelque mot d’une au-tre , & que ce qui lie doit être entre deuxtermes : ainsi dans cet exemple vulgaire ,Deus quem ado^amus efl omnipotent , leDieu que nous adorons est tout-puissant,quem précede adoramus , & que est avantnous adorons , quoique l’un dépende d’a-doramus 3 & l’autre de nous adorons , par-ce que quem détermine Deus. Cette placedu relatif entre les deux propositions cor-relatives , en fait appercevoir la liaison plusaisément que si le quem ou le que étoientplacés après les verbes qu’ils déterminent.

Je dis donc que pour s’exprimer selon laconstruction fimple , on doit i°. énoncertous les mots qui font les signes des diffé-rentes parties que l’on est obligé de donnerà la pensée , par la nécessité de Pélocution ,& selon l’analogie de la langue en laquelleon a à s’énoncer.

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