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Tome neuvième.
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CON

VI. On rapporte à Phellenisme nne figureremarquable, qu’on appelle attraction : eneffet cette figure est fort ordinaire auxGrecs ; mais parce qu’on en trouve aussi desexemples dans les autres langues , j’en faisici une figure particulière.

Pour bien comprendre cette figure , ilfaut observer que souvent le méchanisme desorganes de la parole apporte des changemensdans les lettres des mots qui précédent, ouqui suivent d’autres mots ; ainfi au lieu dedire régulièrement ad-loqui aliquem ; par-ler à quelqu’un , on change le d de la pré-position ad en /, à cause de IV qu’on vaprononcer , & l’on dit al-loqui aliquemplutôt que ad-loqui ; & de même ir-ruereau-lieu de in-ruere } col-loqui au-ìieu de cumou conloqui , &c. Ainsi IV attire un autrel , &c.

Ce que le méchanisme de la parole faitfaire à l’égard des lettres , la vue de l’esprittournée vers un mot principal le fait prati-quer à l’égard de la terminaison des mots.On prend un mot selon fa signification , onn’en change point la valeur : mais à cause ducas, ou du genre, ou du nombre , ou enfinde la terminaison d’un autre mot dont l’ima-gination est occupée , on donne à un motvoisin de celui-là une terminaison différentede celle qu’il auroit eu selon la constructionordinaire ; en sorte que la terminaison dumot dont l’esprit est occupé, attire uneterminaison semblable, mais qui n’est pasla régulière. Urbem quam fiatuo , p est r a estC AEneid. I. I. J quam flatuo a attiré ur-bem au lieu de urbs & de même populo utplacerent quas fecijset fabulas , au- lieu defabulas, f Ter. and.prol. J

Je fais bien qu’on peut expliquer ces exem-ples par l’ellipse ; hcec urbs } quam urbemJtatuo , &cc. illoe fabulas , quas fabulas fe-cijset: mais l’attraction en est peut-être la vé-ritable raison. Du nonconcejfere poetis estemediocribus (*Hor. de arte poedca.J , me-diocribus est attiré par poetis. Animalpro-vidum & fagax quem pocamus hominemC Cic leg. /, 7.J , où vous voyez que ho-mmem a attire quem ; parce qu’en effet ho-mmem étoit dans l’esprit de Cicéron dansle temps qu’il a dit animal propidum. Be-nepolentiaqui est amicidcesons ( Cicéron ),'sons a attiré qm au lieu de qu ot. Bmevolen-

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da est font , qui est sons amitiœ. II y a ungrand nombre d’exemples pareils dans Sanc-tius , &: dans la méthode latine de P. R. ondoit en rendre raison par la direction de lavue de l’esprit qui se porte plus particuliè-rement vers un certain mot, ainsi que nousvenons de I’observer. C’est le ressort desidées accessoires.

De la construction usuelle. La troisièmeforte de construction est composée des deuxprécédentes. Je l’appelle construction usu-elle-, parce que j’entends par cette construc-tion l’arrangement des mots qui est en usagedans les livres, dans les lettres & dans laconversation des honnêtes gens. Cette cons-truction n’est souvent ni toute simple , nitoute figurée. Les mots doivent être sim-ples , clairs, naturels & exciter dans Pesoprit plus de sens que la lettre ne paroît enexprimer ; les mots doivent être énoncésdans un ordre qui n’excite pas un sentimentdésagréable à Poreille ; on doit y observerautant que la convenance des différons stylesle permet, ce qu’on appelle le nombre , lerythme , Y harmonie. Je ne m’arrêteraïpoint à recueillir les différentes remarquesque plusieurs bons auteurs ont faites au sujetde cette construction. Telles font celles deMM. de l’accadémie Françoise , de Vauge-las , de M. î’abbé d’Olivet, du P. Bouhours,de í’abbé de Bellegarde , de M. de Gama-ches, &c. Je remarquerai seulement que lesfigures dont nous avons parlé , se trouventsouvent dans la construction usuelle , maiselles n’y font pas nécessaires ; &même com-munément Pélégance est jointe à la simpli-cité ; & si elle admet des transpositions ,des ellipses , ou quelque autre figure, ellesfont aisées à ramener à l’ordre de l’analyseénonciative. Les endroits qui font les plusbeaux dans les anciens , font aussi les plussimples & les plus faciles.

II y a donc i°. une construction simple ,nécessaire, naturelle, où chaque pensée estanalysée relativement à Pénonciation. Lesmots forment un tout qui a des parties ; orla perception du rapport que ces parties ontP une à I’autre , & qui nous en fait conce-voir l’ensemble , nous vient uniquement dela construction simple , qui énonçant lesmots suivant l’ordre successif de leurs rap-ports , nous Iç présente de la maniéréZ a