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Tome neuvième.
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de la cupidité, dans le même rapport &dans la même proportion que la grâce Testà la cupidité : donc il peut y avoir unamour de charité , un amour surnaturel ,qui pourtant ne domine pas dans le cœurfur celui des créatures. Òr, demandera-t-onaux Jansénistes , le S. Esprit qui est sauteurde tout ordre , peut-il nous inspirer unamour qui,dans notre ame, balanceroitDieuavec la créature ? Est-ce donc aimer Dieud’un amour surnaturel , d’un amour que leS. Esprit allume lui-même , que d’aimerquelque chose plus que Dieu ? Un amourqui ne peut qu’être injurieux à Dieu , peut-il donc être son ouvrage ? J’aimerois autantqu’on me soutînt qu’on peut avoir une foisurnaturelle , qui ne s’étende pas à tous lesarticles révélés , que de me dire qu’on peutavoir un amour surnaturel, qui ne placepas Dieu dans notre cœur au-deíTus de tou-tes les créatures. C’est le sentiment de tousles théologiens orthodoxes , que tout véri-table amour de Dieu est un amour de pré-férence ; ce que l’école exprime en ces ter-mes , omnis verus Dei amor eft. appretia-tivè fummus : c’est-à-dire que le plus légersouffle de l’amour que le S. Esprit nous ins- ;pire , nous fait aimer Dieu plus que toutesles créatures. Tout autre amour est indigne ;de Dieu,& ne peut être l’ouvrage de la grâce.

Si vous demandez maintenant à un hom-me éclairé , & qui n’est ni entraîné par l’in-térêt d’un corps, ni fasciné par sesprit departi, ce qu’il pense sur l’étendue du grandprécepte de l’amour ; il vous répondra qu’ilen pense ce que vous en pensez vous même,pourvu que vous aimiez Dieu. Donnez-moiun cœur qui aime, vous dira-t-il, un cœurou domine l’amour de Dieu ; ce cœur nepourra contenir au-dedans de lui-même l’a-mour qui le dévorera. Cet amour se diver-sifiera en une infinité de maniérés : il pren-dra la forme des actions les plus indifférentes ;il se peindra dans mille objets qui échap-pent à ceux qui n’aiment pas ; il Réchauf-fera par les obstacles qui l’empêchent de seréunir avec le Dieu qui en allume les flam-mes. Mais, ajouterez-vous , en quel temsle cœur aimera-t-il ? On vous répondra avecla même impartialité : est-ce donc-Ià unlangage qu’on doive tenir à un cœur pleinde son amour ? Etudions ses devoirs, nop

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dans les livres des casuistes qui n’auroientjamais dû assujettir au calcul les actes d’a-mour envers Dieu , mais bien plutôt dansceux que rend à son époux une femme ver-tueuse & fidele , qui brûle pour lui d’un feuchaste & légitime ; cet amour que la nature& le devoir allument dans deux cœurs estune image, quoiqu’imparfaite,de celui quele S. Esprit verse dans ceux qu’il se plaît àenrichir de ses grâces.

Mais enfin, ajouterez-vous, quel est doncle sentiment le plus sûr & le plus suivi sur lacontritionSí sur l’attrition ? Celui du clergéde France exprimé en ces termes : Hase duoimprïmis ex sacrosanclâ synodo tridentinâmonenda & docenda esse duximus : pri-mum ne quis putet in utroque sacramento( baptismi & peenitentiœ J requin utpree-viam contridonem eam , quae fit charitatep erse ci a , & quœ cum voto sacramenei , an -tequam aclio suscipiatur , hominem Deoreconcìliet : alterum y ne quis putet in utro-que sacramento securum se esse , fi preeterfidei ac spei aclus , non incipiat diligereDeum , tanquam omnis juflitiœ fontem ;d’où il s’enfuit quela contrition parfaite n’estpas une disposition nécessaire pour la récep-tion du sacrement de pénitence , & quel’attrition est suffisante , pourvu qu’elle soitaccompagnée d’un commencement d’amour.

Cet amour commencé est—il un amour decharité ou un amour d’espérance ? Le con-cile & l’assemblée de 1700, en se servantdes termes incipiat diligere Deum , n’ontpas déterminé si c’est amour de charité oud’amitié , si c’est amour de concupiscenceou d’espérance. Leur silence doit être laréglé du nôtre. Pourrions-nous , fans la pré-somption la plus criminelle , nous flatterd’expliquer ce que l’église universelle &une portion distinguée de cette mêmeEglise n’ont pas jugé à propos de déclarer ?Nous n’ignorons pas que plusieurs théolo-giens ont prétendu expliquer ces oracles :mais comme le fentinientpourlequelils ontpris parti d’avance, est toujours celui auquelils sont bien résolus d’adapter & de rapporterle sens des termes du concile & de l’assembléedu clergé , nous laissons au lecteur intelli-gent le soin de poser leurs explications pourdécider si elles sont aussi justes qu’ils se l’i-maginent. Jsoyq Tourne!y , traité de la.