z66 CON
souvenir. Nous avons dit qu'il n’en étoitpas de même des mouvemens convulsifs,qui privent ordinairement de tous les sens :les convulsions de l’une & de l’autre especesont souvent annoncées par des éblouiste-mens & le tintement d’oreille ; par desbaillemens, des pandiculations & des trem-blemens ; par des anxiétés , des cardialgies& des nausées ; par des palpitations & ledésordre du pouls ; par un froid ou un four-millement aux pieds ; par l’apparence d’unair froid , qui du coccyx monte le long del’épine ; par la tension des hypocondres ,la constriction violente de P anus, du col dela vessie , Ùc. Après l’accès, les maladesse sentent brisés & moulus : quelques-unsont des défaillances ou tombent dans unprofond sommeil ; d’autres restent avec desengourdissemens : il y en a qui le terminentpar des cris ou des hurlemens j plusieursenfin souffrent, pendant l’accés , un pria-pisme violent , qui ne cesse pas mêmeaprès la mort.
Tout le monde fait que les femmes & lesenfàns , les hystériques & les hypocondria-ques , font les plus sujets aux convulsions :l’amour insensé, tant dans la spéculationque dans la pratique, la peur & les autrespassions de l’ame , y donnent souvent lieu.Elles précédent quelquefois Péruption desréglés , ou font la fuite de leur suppression,des accoucheurens laborieux & des fanílescouches. Les violens efforts du vomissement,& les purgatifs drastiques ; la suppression &la rétention des urines, celle de la se-mence ; les vers sur-tout des enfans ; lapiquure ou la morsure des animaux ; les
Î rossons, les vins frelatés avec la litharge ;a goutte remontée , la rentrée des érup-tions cutanées, la suppression de la sueurpar un très-grand froid, &c. peuvent jetterdans cet état : il est encore la fuite de l'abs-tinence outrée & des grandes pertes ; lescontusions , les plates , les fractures , lesluxations , les douleurs extrêmes, & toutesles causes irritant les parties nerveuses &membraneuses, parmi lesquelles il fautcompter la bile érugineuíe qui croupit dansPestotnac, peuvent exciter des convulsions :on en a vu souvent après l’opíration de laíarcocele & de la castration , qui donnequelquefois lieu à la gangrené interna, fans
CON
parler des convulsions symptomatiques dessievres , dont il a été fait mention ailleurs.
Les convulsions & les mouvemens con-vulsifs font moins à craindre pour les enfansque pour les adultes, pour les femmes quepour les hommes. Ces deux états se termi-nent quelquefois par Phémorrhagie , par laprofusion d’urine , par la sortie des vers ,par le vomissement, Ùc. Tous les auteursdisent après Hippocrate , qu’on est sauvédans le tétanos si Pon passe le quatrièmejour;j’en ai pourtantvu qui font mort le dou-zième ou le quinzième de leur maladie r onaugure bien , fur la parole du même auteur,de la fievre qui survient aux convulsions ;mais Pévénement dément encore cette pré-diction. Tout le monde fait que les convul-sions de Pune & de P autre espece peuventdégénérer en épilepsie ou en apoplexie ; &que cette derniere , ainsi que la paralysie „est sur-tout à craindre dans un âge avancé.Les convulsions qui précédent Péruption de; la petite vérole , & les autres maladies ai-guës , ne font pas si dangereuses que dansles autres temps ; celles qui surviennentj aux grandes pertes de sang , ou à l’inamtionqui vient du défaut des alimens , font sou-vent mortelles : on ne juge pas plus favo-rablement de la convulsion des yeux , sur-tout dans les enfans. Le spasme cynique ,d’aitleurs très-rare , est réputé mortel ; onj craint moins la contorsion de la bouche. Ondoit encore observer les jectigations destendons du poignet, qu’on apperçoit sicommunément dans les sievres en touchantle pouls. Les convulsions ont communémentdes rémissions & des intermissions ; les unessont courtes & pastageres ; les autres durentlong-temps. On en voit qui font terminéesen quelques heures de temps, pendant qued’autres durent des mois & même des an-nées. Nous dirons enfin que les mouvemensconvulsifs font incomparablement moins àcraindre dans les maladies chroniques quedans les aiguës, & qu’on appréhende encoremoins ces légers mouvemens habituels quifont faire au visage certaines grimaces , &qui excitent aux autres parties des jectiga—dons, des frémissemens, qu’on ne re-garde pas comme maladie.
Après ce que nous avons exposé fur lescauses évidentes des convulsions , on juge