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arts pratiques de rectifier & de retranchertout ce que l’expérience nous apprend ,ou ne rien valoir , ou du moins être peucommode , les Chymistes modernes l’ontabsolument rejettée ; & cela avec raison ,ce vaisseau ayant de fi grands défauts qu’ilne peut être employé dans aucune distil-lation qui demande de l’exaólitude.
Pour ce qui est de la maniéré d’em-ployer la cornue de grais, de la luter, dej’appareiller , de réchauffer , &c. & desprécautions qu’il faut prendre pour la con-server & l’empêcher de se casser , lorsquel’opération étant finie on laiííè tomber lefeu ; tout cela , dis-je, est détaillé exacte-ment à l’article dijìillation ( voye\Distillation ), & au mot lut. Voye\Lut.
Les cornues de verre font d’un usagetout auífi étendu que celles de grais oude terre ; elles nous fourniíïènt un mo-yen commode de distiller un nombre in-fini de matières , qui étant ou fort vola-tiles , ou du moins d’une médiocre fixité ,n’ont pas besoin d’un très-grand degré defeu. Ce n’est pas qu’on ne puisse leur enfaire soutenir un plus grand , puisqu’onpeut très-bien les faire rougir ( on faitque le verre rougit long-temps avant quede fondre ), & par conséquent s’en servirpour la diífiîlation de toute substance ani-male & végétale , ces deux regnes s’analy-sant à ce degré de feu. Voye-{ VÉGÉTAUXdr Animaux. Nous avons observé ci-des-sus que les Allemands n’en employoientpresque pas d’autres, même dans la plupartdes opérations qui demandent un feu três-îong-temps continué à un degré beaucoupsupérieur à seau bouillante , puisque M.Margraff s’en est servi pour la distillationdu phosphore. Nous examinerons au motPhosphore , s’il a eu raison , & s’il n’enauroit pas tiré davantage en se servantd’une cornue de terre. Voye^ Phosphore.
Les cornues de verre ont , outre lafragilité ordinaire à tous vai(seaux faitsde cette matière , le défaut de se fêlerfort aisément, soit lorsqu’on commenceà les échauffer , soit lorsqu’étant tropchaudes l’air froid vient à les frapper ;inconvéniens auxquels on ne rémedie qu’enarenant de grandes précautions , dont les
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principales sont 1°. d’avoir des cornuesfort minces , & d’un verre bien égal ,c’est-à-dire, qui ne soit pas plus épais dansun endroit que dans un autre ; 2°. deluter celles qu’on doit placer dans lefourneau de reverbere ; 3 0 . de les chauf-fer peu-à-peu & également ; 4 0 . de faireen sorte que la partie qui n’est point en-fermée dans le fourneau, ou qui est re-couverte de fable , soit à l’abri du con-tact de l’air : 5?. d’administrer à cellesqui sont au bain de fable le feu avecprudence , l’art ne nous soumissent pointd’autre moyen de diminuer la chaleur dece bain une fois trop échauffé, qu’enfaisant prendre l’air à ’la cornue : ce quil’expose à se casser. Voye\ Bain desable & Distillation.
La plupart des chymistes préfèrent dansbien des cas la cornue de verre à l’alem-bic de même matière , & certainementavec raison ; car outre que la cornue sou-tient mieux le feu que l’alembic , elle aencore un avantage considérable , qui estde fournir un appareil qui a le moins dejointures qu’il est possible. Voye\ toutce qu’il y a à observer fur le manuelde la distillation, au mot DISTILLATION.
Nous nous servons à Paris de deuxsortes de cornues de verre , les unesconnues sous le nom de verre de Lor-raine , & les autres sous le nom deverre blanc.
Les cornues de Lorraine sont presquerondes, & d’un verre brun , qui quoiqu’as-sez mauvais , ne laisse pas que de sup-porter le feu nud lorsque la cornue a étébien lufée ; aussi nous en servons - nousavec succès pour la concentration de l’a-cide vitriolique , qui exige un de'gré defeu assez fort. Voyez sìcide vitrioliqueau mot Vitriol. Elles sont excellentespour la rectification des autres acides &des huiles íœtides , pour faire le beurred’antimoine , celui d’arfenic , la liqueurfumante de Libavius : ce sont ces cornuesque nous employons pour unir l’acidevitriolique au ' mercure , dans la prépa-ration du turbith minéral ; enfin ces cor-nues sont sort propres à la distillationd’une petite quantité de matières résineu-ses , ùç. en vue á’analyse. On vourroit